‹ Galerie d'orinauxChapitre 35 sur 72 · SCÈNE XXWI · texte numérisé non relu

SCÈNE XXWI

LES PRÉCÉDENTS, excepte M. DOUTREMEU.

M. GRisvRD, quillnut son funleiiil. — Monsieur Desroclies, si vous aviez perdu votre place, je mourrais ce soir.

DESR0CIIF.S. — Comment ça?

M. GRisARD. — Oui, ceilainemeni, je n'aurais pas survécu aux reproches que vous étiez en droit de m'adresser.

DKSRocHEs. — Est-ce que vous avez jamais mérité des reproches, vous, monsieur Grisard?

M. GRISARD. — Mais toujouTS csl-cc en prenant mon parti que vous vous êtes compromis.

8i GALEIUE D ORIGINAUX.

liESRocHiis. — Voyez-vous, nionsiinir Grisard, je ne suis jamais allé chez vous...

M. GRisARD. — C'est Ic toi'l que vous avez eu, monsieur Desroclies...

DESRocHEs. — SI fait, une fois, uue seule fois, pendant la maladie d'un de vos enfants. Eli bien, je vous aime, après M. Duniont, comme mon père; vous et M. Riffé, vous êtes mes plus grands amis du bureau.

FRAivcHET. — Moi,je suis uncliien?

DESROCHES. — Toi, jc t'aime bien aussi; j'aime bien aussi Eugène, pauvre petit homme ! Eugène, vousêtesun cliarmantgarçon; je n'oublierai jamais, quand je vivrais cent ans, que vous avez essuyé vos yeux quand je suis rentré au bureau. Je ne l'ouiilieriii jamais : quand vous aurez besoin de moi, je suis là. Vous tenez de famille. Votre père était un de mes grands amis. Quant au reste du bureau, je sais ce que j'en pense.

M. cARuoEiN. — Heureusement que le reste du bureau se soucie fort peu de l'opinion que vous pouvez avoir de lui.

DESRocHEs. — Mousleur Riffé, je veux, dîner aujourd'hui avec vous.

M. RIFFÉ. — J'allais vous le proposer.

DESRocuEs. — Si aussi bien M. de Saint-Maur m'avait dit des choses désagréables, je lui donnais

INTKRIElRs IiK l!l UI:M \. s:.

ma liéini^^sion. J'aime liii'ii trop ma libellé pour rester ilans les bureaux, je nreiigagerais loul de suite dans le 9* chasseurs.

M. cARDoii^.-^ Toujours par amour pour voire liberté?

DESRocnEs. — Monsieur Cariloiiiii, il est deux heures et demie, vous avez une bonne iieiirc à me faire enrager; je vous aeiorde encore le quart après quatre iieiires. Demain, je ne suis plus des vôtres.

M. cvRDOi IN. — Qu'est-ce que cela me fait?

DKSRocHES. — Cela me fait beaucoup, à moi. (M. Cardouin commence sa promenade habituelle de long en large dans le bureau.)

M. GRisARD. — Je crois que je ferai bien, par préraution, de me faire mettre quehiues sangsues en renlrant.

M. Rirrii. — Vous ne feriez pas mal, auparavant, lie passer un peu chez votre médecin.

M. bRisARu. — Croycz-YousV

M. RirrK. — Jl n'y a pas le moindre d(»ute.

M. (;ardoii>. — C'est bien étonnant! j'avais niià ma plume près de mon encrier, il n'y a qu'un instant : je ne peux pas la retrouver. Ce sera la sccoivlc de la semaine que j'aurai égarée.

FRA^ccnET. — Il ne s'est présenté personne à votre i)lace.

8« CALERIE I) ORk;i.\AlX.

M. CARDotiN. — Je n'accuse personne, je dis seulement que cela esl bien étonnant; il n'y a pas à dire, je l'ai posée là ; va le promener,, elle ne s'y trouve plus. Allons, il en sera de celle-ci comme de mon gratloir, je n'en entendrai plus parler.

FRANCHKT. — Mcssicurs, j'ouljliais de vous dire que, demain, je suis de garde.

DESRocuES. — Où ça?

FRANCHET. — A la niairlc.

DESROCHES. — ïu as bien tort de ne pas entrer dans notre compagnie; ce sont tous gens charmants, tous bons enfants.

FRANCHET. — Je suis Irès-bicn dans la mienne.

DESROCHES. — Cet été, nous aurons des agréments au bonnet comme dans la vieille garde. Tu connais notre capitaine?

FRANCHET. — Parbleu! si je le connais! son cousin a servi dans mon régiment.

DESROCHES. — C'cst un cliamiant garçou.

FRANCHET. — Il cst doiic bien Changé ?

DESRocHES. — Je l'ai toujours vu bon enfant.

FRANCHET. — DcsTOclies, sl VOUS voulez, nous mangerons de la choucroute à dîner?

DESROCHES. — Je veux bien, j'aime assez la choucroute. Ah ! mon Dieu, je ne suis pas difficile : quand je dis que j'aime la choucroute, j'aime tout.

iMKiurrnv m: nrfU'Vrx. s:

»R*M.ur.T. — Tu .liiiirs hiiil ce qui est lion: tu ii'cs pas dillicilc.

M. RiJF.'. — Monsieur i;u?èni\ en prévenaiil voire maman, vous pourriez peul-èlre diniravec nous?

EicKNK. — Je vous remercie', monsieur.

DKsRocHts. — Esl-cc merci oui, ou merci non? Expliqutz-vous.

M. noiTREMtR, (/iti vient de roitrcr. — Monsieur Eugène, \ous n'avez pas ouliiié que vous avez ce soir à travailler eiicz M. Clergeol?

tiGf.^E. — Non, monsieur.

TROIS IIEIRES l .\ QUART

Page 1