PIERRE -LE -GRAND
En 1716, le Tzar commanda à Jean Kupetzky, vivant alors à Nuremberg, son portrait en profil. Ce tableau fut envoyé à la Chancellerie des Monnaies (Монетная Канцелярія) à Saint-Pétersbourg, pour servir de prototype aux monnaies. On le voit spécialement utilisé sur des ducats, mais le graveur de l’Hôtel monétaire y ajoutait, d’après l’usage général, la couronne de laurier qu’on ne voit pas sur l’original.
Sur ce portrait, Pierre -le -Grand est peint tourné à droite ; il porte une armure d’acier et le cordon de l’ordre de Saint André.
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Pierre-le-Grand.
LA TSARINE EUDOXIA FÉODOROWNA.
Eudoxie était fille du boyard Hilarion Abramowitch Lapoukhine qui d’après l’ancien usage, reçut le nom de Féodor lorsq’uil fut élevé à la dignité de boyard. Sa fille Parascovie, née en 1669, dût échanger son premier nom contre celui d’Eudoxie lorsqu’elle fut fiancée au Tsar Peter Alexéewitch. La noce eut lieu le 27 janvier 1689. Les premières années Pierre aimait beaucoup sa Dounka (Дунька), comme il appelait son épouse, mais bientôt des malentendus entre les époux
rendirent malheureux ce mariage, dissout par le divorce, en 1696.
Depuis, Eudoxie Féodorowna, forcée de prendre le voile sous le nom d’Hélène , fut envoyée d’un couvent à l’autre et en 1718, à l’époque du procès de son fils, le Tsaréwitch Alexéi Pétrowitch, elle fut incarcérée au couvent Ouspensky de Ladoga, où elle fut gardée comme prisonnière d’état, sous le nom de „la personne connue. “ Une somme de 465 roubles était assignée pour son entretion et il lui était défendu de sortir de l’enceinte du couvent. La mort de Pierre-le-Grand ne changea en rien un traitement aussi dur, mais l’avénement au trône de son petit-fils l’Empereur Pierre II, rendit la liberté à la malheureuse Tsarine. Elle quitta le couvent de Ladoga le 10 août 1727 et se rendit à Moscou, où elle échangea le costume de religieuse contre celui d’une souveraine. On l’entoura d’une petite cour et elle vécut encore jusqu’au 28 août 173L Morte à Moscou, elle
est enterrée dans la cathédrale du Couvent Wosnesensky, au Kremlin.
Le portrait du temps, représente la Tsarine à peu près à l’âge de quarante ans, avant son exil au couvent Ouspensky, Elle est vêtue d’une espèce de kaftan en velours noir, orné de zibeline et agraffé au-moyen d’un grand fermoir. Sa tête est couverte d’un bonnet de zibeline.
H. 19 w. L. 13 Ve-
L’IMPERATRICE CATHERINE I
Catherine, fille de Samuel Skawronsky, naquit le 5 avril 1689, probablement à Marienbourg (Alyst, Allohksne en letton) petite ville du district de Wenden, en Livonie, mais qui n’existe plus de nos jours. Pierre -le -Grand l’épousa, d’abord sécrétement, en novembre 1707, à Saint-Pétersbourg, dans la cathédrale à l’invocation de la Trinité. Elle fut proclâmée épouse du Tsar sous le nom de Catherine Alexéewna, le 6 mars 1711, et accompagna Pierrele- Grand dans la campagne contre les Turcs. Chacun sait comment cette femme magnanime sauva le Tsar et l’armée russe, entourés sur le Prouth, par les Turcs et prêts à succomber au
grand nombre des infidèles. Après son retour à Saint Pétersbourg, Pierre -le -Grand fit bénir son mariage une seconde fois, dans la Cathédrale de Saint - Isaac ; en même temps, Catherine reçut officiellement le titre de Tsarine. Elle fut couronnée comme Impératrice, à Moscou, le 7 mai 1724.
Pierre-le-Grand créa en l’honneur de Catherine et en souvenir de sa magnifique conduite au camp sur le Prouth, l’ordre de Sainte Catherine ou de la Délivrance. La Tsarine était la Grande Maîtresse de cet ordre qui fut confirmé le 24 novembre 1713.
Le portrait représente Catherine Alexéewna à mi-corps et assise dans un fauteuil doré. Sa robe est de damas blanc, garnie de dentelles et ornée d’une grande perle, de fermoirs en diamants et de houppes attachées au-moyen de petits diamants. Elle est décorée des insignes de l’ordre de Sainte Catherine et porte sur l’épaule gauche, le manteau Impérial de velours
rouge doublé d’hermine. Dans les cheveux de la Tsarine brille un superbe diadème rayé, composé de perles et de diamants. Le bras gauche de Catherine repose sur le bras du fauteuil, la main droite, sur sa robe. Près d’elle, on voit sur une table, la couronne et le sceptre. Au fond, une draperie jaune et une salle de marbre.
D’après le tableau d’J. M. Nattier *).
*) Jean -Marc Nattier le-jeune, élève de son père Jean -Marc Nattier, naquit à Paris en 1685 ; il obtint jeune encore, une grande réputation et fut invité en 1717, en Hollande pour faire les portraits de Pierre -le -Grand et de l'Impératrice Catherine. Ces deux tableaux originaux, dont on connaît plusieurs bonnes copies, se trouvent aujourd’hui dans la galerie de M. l’écuyer de la Cour E. Narychkino. Nattier mourut à Paris en 1766.
g/ Императрица Екатерина I. -о$о- L'Impératrice Catherine I.
L’IMPÉRATRICE CATHERINE I
Catherine I succéda à Pierre-le-Grand, le 28 janvier 1725. Elle fit des alliances avec l’Autriche et l’Espagne, régla les frontières avec la Chine, créa un Conseil suprême, auquel elle soumettait toutes les questions politiques et administratives et donna à son empire beaucoup d’institutions utiles. Bonne, pieuse, bienfaisante, Catherine I fit beaucoup de bien, spécialement à ceux qu’il l’avaient connue, lorsqu’avant son mariage avec Pierre-le-Grand, elle vivait encore dans une position très-modeste.
Elle mourut après un règne de deux ans, à Saint-Pétersbourg, le 6 mai 1727 et est inhumée à côté de Pierre-le-Grand, dans la cathédrale
des Saints Pierre et Paul, de la forteresse de Saint-Pétersbourg.
Le portrait, appartenant à la Galerie de Pierrele-Grand, représente l’Impératrice, vêtue d’une robe de drap d’argent, ornée de dentelles et de houppes attachées au moyen de fermoirs en diamants. Elle porte le cordon de l’ordre de Saint André et le manteau Impérial doublé d’hcrmine. Sur sa tête brille la petite couronne Impériale. Ses cheveux noirs sont entremêlés de fils de perles et une longue mèche descend sur l’épaule droite.
L7Impératrice Catherine I.
LE TSARÉWITCH ALEXÉI PÉTROWITCÏÏ.
Le Tsaréwitch Alexéi, fils de Pierre-le-Grand et de sa première épouse la Tsarine Eudoxia Féodorowna, vit le jour à Moscou, le 18 février 1690. La première éducation du jeune prince, appelé ordinairement „ Oleclienka“ (О лешенька), fut confiée à la Tsarine; ce n’était qu’en 1703, que le célèbre baron de Huyssen fut nommé gouverneur d’Alexéi Pétrowitch. Quelques années après, le Tsar commençait déjà de charger son fils de diverses commissions administratives et militaires. Il l’envoya en 1709, en Pologne et en Allemagne où le Tsaréwitch épousa à Torgau, en
1711, et en présence de son père et delà reine de Pologne, la princesse Charlotte (Christine) Sophie de Brunswick -Wolffenbuttel. Ce mariage n’était pas heureux ; le Tsaréwitch rentra en Bussie en
1712, en accompagnant Catherine la seconde épouse de son père et laKronprinzessin (Princesse héritière) car tel était le titre, accordé à Charlotte- Sophie, par Pierre-le-Grand, ne suivit son mari qu’en 1713. Le jeune couple habitait ordinairement un palais sur la Newa, près de l’église de notre Dame de tous affligés, palais qui n’existe plus depuis longtemps. Mais déjà en 1714, le Tsaréwitch quitta de nouveau son épouse, pour se rendre à Carlsbad.
Alexéi Pétrowitch d’une faible santé et d’un caractère désagréable, ne vivait pas en bonne intelligence avec son père, dont il ne favorisait pas les grandes entreprises auxquelles la Russie doit sa gloire et sa puissance. La Princesse héritière savait habilement empêcher une rupture ouverte entre le père et le fils, mais bientôt
après sa mort, survenue le 22 octobre 1715, la mésintelligence entre le Tsar et le Tsaréwitch éclata de nouveau et Alexéi Pétrowitch persuadé qu’il ne pouvait pas entreprendre une lutte contre son père, le pria de lui permettre de se faire moine, en renonçant solennellement à la succession au trône.
Cependant bientôt après, le Tsaréwitch écoutant des mauvais conseils, prit la fuite et se retira à Erenberg (comté de Tyrol) et plus tard à Naples, où il vécut en cachette, secrètement protégé par son beau-frère l’empereur Charles VI qui était mal informé sur la cause de la discorde entre Alexéi et son père. Cédant aux exhortations de Pierre -le -Grand, le Tsaréwitch retourna à Moscou, où le 3 février 1718, il renonça encore une fois à la couronne. Le même jour, Pierre -le -Grand proclama dans un manifeste, son second fils Pierre successeur du trône.
Alexéi Pétrowitch n’aimait pas son père et était adversaire de toutes ses innovations, mais
il n’avait ni assez de haine ni assez d’énergie pour se mettre à la tête d’une conspiration. Pourtant les mécontents ne manquaient pas, les mésures énergiques du Tsar froissaient beaucoup de personnes qui espéraient en un meilleur avenir sous le Tsaréwitch. Un véritable complot n’était pas formé, mais Pierre I connaissait trèsbien ses ennemis ; il les fit arrêter et mettre à mort sous les yeux de son fils. Après ces exécutions, le Tsar et sa cour se rendirent à Saint- Pétersbourg, où le Tsaréwitch vécut d’abord, dans une maison attenante au Palais de son père. Mais bientôt le Tsar soupçonna une nouvelle conspiration en vue d’offrir la couronne à son fils. Au lieu de lui permettre d’entrer dans un monastère d’où il n’aurait jamais pu sortir pour monter sur le trône, il le fit enfermer dans la forteresse où Alexéi fut mis à la question de manière qu’il y succomba le 26 juin, à 7 heures du soir. Peu de temps avant sa mort, Pierre -le -Grand en se répentissant trop tard de
sa dureté, prit en pleurant congé de son tils dont il accompagna les cendres, déposées dans les caveaux de la Cathédrale des apôtres Saints Pierre et Paul, dans la forteresse de Saint Pétersbourg.
Le portrait du Tsaréwitch, peint par Danhauer*), le représente à mi -corps et en armure d’acier orné de gravures dorées, avec le haussecol et vêtu d’un uniforme rouge doublé de bleu. Les traits d’Alexéi Pétrowitch ressemblent beaucoup à ceux de sa mère Eudoxia Féodorowna.
*) Danhauer [ou Tanhauer] natif de Souabe, fut recommandé par Koupetzky à Pierre-le-Orand, lors de son séjour à Carlsbad et vint en Russie, avec le Tsar en 1711. Il e'tait peintre de la cour et fit plusieurs portraits de Pierre-le-Grand, des Impératrices Catherine et Anne et d’autres personnages. Danhauer mourut à Saint Pétersbourg en 1737.