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ASSIS

DYCK

(ANTOINE VAN) Né à Anvers en 1599; mort en Angleterre en 1641

PORTRAIT DE FEMME

\fBk eune femme aux cheveux d'un blond cendré formant b|deux touffes bouclées, à la fois légères et profondes,

ÉÉJqui encadrent le visage. Elle est presque de face, un g^sPS^Olpeu tournée vers la droite : de beaux yeux bruns très-doux, des sourcils minces bien arqués, un nez qui respire, une bouche fine dont les coins se relèvent légèrement, des joues roses, fraîches, veloutées ; une beauté aristocratique, suivant le goût et Fhabitude de van Dyck. Le cou est entouré d'un collier de perles ; la poitrine est découverte assez bas, mais les côtés sont chastement voilés par une guimpe blanche à laquelle est attachée une collerette bordée de dentelles à pointes relevées. Une dentelle semblable est posée à plat au sommet du corsage. Robe grise à larges bandes noires sur les côtés de la taille, qu'elles dessinent; manches formées de bandes noires espacées, laissant voir l'étoffe blanche du dessous ; ceinture blanche, avec un nœud sur le côté ; une croix d'or attachée par un ruban noir en haut du corsage de la robe. La main gauche, pendante, se perd dans le cadre; la main droite, recouverte

d'un gant jaunâtre en étoffe, levée à la hauteur de la ceinture, tient un éventail en plumes noires frisées à manche d'argent, qui est rejeté en arrière et cache l'épaule droite. Fond rouge uni.

Toile. Hauteur om75 1/2 — Largeur om6i. Collection van Saceghem. Gand, i852.

L'auteur d'une notice qui accompagne une reproduction de ce portrait en gravure sur bois, publiée dans le Magasin pittoresque de 1839, débute ainsi : « Nous ignorons le nom de cette belle personne. Ce nom, du reste, nous dirait peu de chose, bien moins assurément que le portrait doué d'immortalité par van Dyck. » Le nom du gracieux modèle qui posa pour ce portrait n'est pas aussi difficile à découvrir que paraît l'avoir supposé l'auteur en question : c'est Marie-Louise de La Tour et Taxis, que van Dyck a peinte à deux reprises. L'un des deux portraits, le premier en date et en qualité, se trouve à Vienne, dans la collection Lichtenstein, dont il est un des plus précieux joyaux.

Il y a entre les deux peintures des points non-seulement de ressemblance, mais d'identité, qui ne permettent pas de douter que ce soit bien le même personnage, et des différences qui montrent que le maître ne s'est pas répété. C'est le même visage, à cela près que, dans le portrait de Vienne, l'expression est plus souriante; c'est la même coiffure bouclée, la même guimpe, la même collerette, les mêmes manches à larges bandes espacées, la même croix attachée au corsage par le même ruban, la même ceinture nouée à la taille, le même collier de perles, avec une petite croix en plus dans le portrait de Vienne.

Les différences sont celles-ci : le portrait de la galerie Lichtenstein représente le personnage presque jusqu'à mi -jambes, tandis que dans celui de la collection Du Bus il n'est vu que jusqu'aux hanches. L'éventail est porté en avant, au lieu d'être, comme ici, rejeté en arrière et couvrant le bras; la main qui tient l'éventail est nue, tandis qu'ici elle est gantée. Les variantes qu'on remarque

dans la mise du personnage nous expliquent en quelque sorte pourquoi van Dyck exécuta les deux portraits. Celui de la galerie Lichtenstein est le portrait d'apparat : le corsage de satin est orné de perles et d'autres riches ornements; le collier s'est compliqué d'une belle croix émaillée. La charmante femme étale avec une coquetterie bien légitime ses belles mains, des mains de princesse, peintes par van Dyck ! Ce portrait est, dans son ensemble, rayonnant de beauté, de santé, de richesse et d'art. Il est permis de supposer que Marie-Louise de Taxis aura voulu avoir d'elle-même une effigie plus intime, et que c'est pour répondre à son désir que celui-ci fut exécuté. Les ajustements sont semblables quant à la forme, mais beaucoup plus simples : tous les ornements qui caractérisent l'habit de fête ont disparu. Dans le portrait de Vienne, la jeune femme est au bal; dans celui de la collection Du Bus, elle est chez elle.

Smith décrit, sous le n° 480 de son Catalogue raisonné de l'œuvre de van Dyck, ce portrait, qu'il a vu à Gand dans la collection van Saceghem, et dans lequel il n'a pas reconnu (chose singulière), la gracieuse Maria Louisa de Taxis, dont le grand et magnifique portrait de la galerie Lichtenstein est mentionné par lui sous le n° 1 13. Quoi qu'il en soit, Smith déclare ce portrait de jeune femme (ayoung Lady) un admirabe spécimen du maître.

Le portrait de la galerie Lichtenstein a été gravé par C. Vermculen; au bas se trouve l'inscription : Maria Laissa de Tassis.

DYCK

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