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PORTRAIT D'ADRIEN VAN STALBENT

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mi-corps, tourné vers la droite : tête haute etfière, les sourcils froncés; moustaches et petite barbe; : collerette à gros plis, chiffonnée de main de maître; ; pourpoint boutonné droit sur la poitrine; manteau largement drapé, tenu par la main gauche ramenée à la hauteur de la ceinture. Sur le fond bistré s'enlèvent des rehauts lumineux, ayant pour transitions des demi-teintes d'un gris très-fin.

Bois. Hauteur om25 1/2 — Largeur omi7 1/2. Vient de M. Etienne Le Roy.

C'est d'après cette esquisse que Paul Pontius a exécuté la belle gravure qui reproduit la fière effigie du peintre anversois. Il existe en outre de ce portrait, dans la collection de M. Suermondt, d'Aix-la-Chapelle, un dessin dont W. Burger a parlé en ces termes : « Le plus beau des portraits de la collection est le van Dyck photographié par M. Fierlants, superbe dessin, légèrement lavé de bistre,

représentant Adriaen van Stalbent, le même précisément dont on voit dans la galerie une Kermesse datée de 1 620. Ce portrait est gravé par Pontius dans la série des artistes flamands. On sait que van Dyck faisait souvent, pour les graveurs de cette suite, deux études : la première un dessin d'après nature, l'autre en grisaille à l'huile. La grisaille du portrait de van Stalbent est chez M. Dubus de Gisignies, à Bruxelles. » {Galerie Suermondt, à Aix-la-Chapelle , par W. Burger, p. 11 5.)

On aimerait à faire ample connaissance avec ce peintre, dont la physionomie a tant de caractère dans le beau portrait de van Dyck. C'est une curiosité que les biographes ne fournissent pas les moyens de satisfaire. On sait qu'il avait du talent et de la réputation, que ses œuvres étaient recherchées ; mais des particularités de sa carrière on connaît fort peu de chose. Il est né à Anvers 'en i58o, entra dans la corporation des peintres de cette ville en 160g, en fut le doyen en 1618, et mourut en [662, âgé de quatre-vingt-deux ans. Voici pour les dates. Quant aux faits, son séjour en Angleterre, où il fut protégé par Charles Ier, et où la vente de ses tableaux lui procura, dit-on, en peu d'années, une fortune considérable, voilà tout ce qu'on nous apprend. Sur les longues années qu'il a passées dans son pays, sur les œuvres qu'il a produites, rien. On a orthographié son nom très-diversement : Stalbent, Stalbempt, Stalbemt, Staelbent et même Stalbant. Ses tableaux du musée d'Anvers et de la galerie de Dresde sont signés Stalbemt, et celui que possédait M. Suermondt, dont la collection est aujourd'hui à Berlin, portait cette signature : A. V. Staelbent. Elle a été fidèlement relevée par W. Burger, très-soigneux et très-exact d'habitude.

On cite généralement Stalbent comme paysagiste, en ajoutant qu'il travailla dans la manière de J. Breughel. Or il a traité tous les genres, puisqu'on voit de lui, à Dresde, un Banquet des Dieux et un Jugement de Midas; à Berlin, une Adoration des Bergers; à Madrid, un David vainqueur de Goliath; ailleurs, des kermesses et des paysages. C'est une kermesse que possédait M. Suermondt, et dont Waagen a parlé en ces termes : « Ce petit tableau est extrêmement intéressant comme exemplaire primitif du genre des paysanneries, illustré quelque vingt ans plus tard par des maîtres tels que van Ostade et Téniers. Il y a dans le paysage un très- vrai sentiment de

la nature : les figurines sont très-animées ; la couleur est chaude et puissante. » Van Stalbent fut donc un initiateur, et Waagen, qui lui a reconnu cette qualité dans une note ajoutée au catalogue qu'il a fait de la collection Suermondt, ne le mentionne pas dans son Manuel. Décidément, van Stalbent a du malheur avec les biographes, s'il a eu du bonheur avec van Dyck et avec Pontius, qui l'ont si supérieurement peint et gravé. Sa biographie est à faire, et, rien qu'à voir son portrait, on aurait envie de l'entreprendre.

A l'exposition rétrospective organisée à Bruxelles, en 1873, par la Société néerlandaise de bienfaisance, se trouvait le dessin du portrait d'Adrien van Stalbent mentionné par Burger, provenant des collections Goll van Frankenstein et Cranenburg, et appartenant actuellement à M. Suermondt, d'Aix-la-Chapelle.

DYCK

ANTOINE VAN

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