LA PLACE DU MARCHÉ
u premier plan, à gauche, une dame en robe bleue et jupe de dessous rougeâtre, un fichu noir sur les épaules et coiffée d'un linge blanc, arrêtée devant une marchande de volaille agenouillée près d'un panier à claire- voie renfermant des pigeons; à côté de la dame, une servante en robe verte et tablier jaune, ayant un panier au bras. Près de la marchande de ^volaille, une paysanne, debout, portant sur la tête une large corbeille pleine de légumes, et une marchande assise. A la gauche de ce groupe, un paysan retirant quelque objet de l'un des paniers dont son âne est porteur; un peu plus loin, des paysans occupés à charger un âne et un mulet. Au fond, du même côté, une espèce de cloître entouré de murs peu élevés, au-dessus desquels apparaissent les sommets d'arbres maigres; près de la porte ouverte de ce cloître, une marchande assise et parlant à deux moines vus de dos. — A la droite du premier plan, un paysan près d'une charrette chargée de tonneaux et dont les chevaux sont dételés.
- 7 ~ Vers le milieu du second plan, deux paysans, dont l'un porte une hotte sur le dos et l'autre un panier au bras, parlant à une marchande assise. — Au centre de la place, une espèce d'obélisque devant lequel est un homme agenouillé. Au fond, un couvent dans un enclos planté d'arbres, une rue fuyant vers la droite et le mur extérieur de l'abside d'une église. Signé, à gauche, sur le mur d'un petit bâtiment en forme de tourelle :
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Toile. Hauteur om70 — Largeur om92.
Vente van Saceghem. Bruxelles, i85i.
Cette vue est vraisemblablement prise dans une des villes des bords du Rhin, où G. Berckheyde a résidé lors du voyage qu'il a fait avec son frère, se rendant à la cour de l'électeur palatin, qui tenait son talent en grande estime, et tenta vainement de le fixer à Heidelberg. L'architecture de l'église qu'on voit dans le fond, à droite, et dont on retrouve tant de spécimens dans l'Allemagne rhénane, indique assez dans quelle contrée le site a été pris. La présence des moines parmi les personnages du tableau est également caractéristique à cet égard. Aussi y a-t-il lieu de s'étonner que M. Ch. Blanc ait intitulé : Vue de Harlem, dans son Histoire des peintres de toutes les écoles, une gravure reproduisant un tableau de Berckheyde où l'on voit la même église romane et les mêmes moines.
Berckheyde a souvent pris ses motifs à Harlem, sa ville natale; mais il a non moins souvent peint des vues d'Allemagne, d'après des études rapportées de son voyage. C'était tout naturel; mais ce qui l'était moins, c'était de représenter, ansi qu'il l'a fait dans ses tableaux qui sont au Louvre, des vues de Rome, où il n'est jamais allé.
On a souvent confondu Gerrit Berckheyde avec son frère Job.
Dans la collection Dupper, de Dordrecht, aujourd'hui au Musée d'Amsterdam, il y a une vue du Poids de la ville de Harlem qui est attribuée à Gerrit, bien qu'elle soit signée J. Berck Heyde. Notre artiste a écrit son nom de différentes manières : une Vue du Dam, au Musée d'Amsterdam, porte la marque : Gerit Berck..., 1677; et une vue du Marché aux fleurs d'Amsterdam, au Musée van der Hoop, est signée : Berck Heyde, comme le tableau de la collection du Bus.