‹ Galerie du Vte du Bus de GisigniesChapitre 46 sur 88 · A. VAN DE VELDE · texte numérisé non relu

A. VAN DE VELDE

PA YSA GE

ne rivière bordée, à gauche, de terrains garnis d'une riche végétation; à l'extrémité, du même côté, un rocher placé là, suivant l'usage, pour produire une masse d'ombre sur les premiers plans. A droite, sur le bord opposé de la rivière, des rochers et des terrains escarpés, terminés par trois plans étages de constructions en briques entremêlées d'arbres. A la suite de ces terrains mouvementés, une prairie en pente aboutissant à un taillis où paissent des bœufs, des moutons et un cheval, sous la garde d'un paysan. Plus haut, à l'entrée du taillis, un autre paysan s'éloignant, portant un paquet sur le dos. Au fond, un pont en briques à trois arches, sur lequel passent des bestiaux et un âne chargé, que mènent deux conducteurs dont l'un esta cheval. Contre l'arche, du côté droit, une barque sur la rivière,

à moitié cachée. A travers les arches du pont on voit une route longeant le cours d'eau ; des collines boisées et des montagnes nues dans le lointain.

A la gauche du premier plan, un chasseur en habit brun et coiffé d'un feutre noir, armé d'un long fusil et suivi d'un chien : il s'avance avec précaution, en se baissant, pour surprendre des canards qui s'ébattent sur la rivière et dont quelques-uns prennent déjà leur vol.

Signé au milieu, au bas :

Toile. Hauteur om44 — Largeur om55.

Collection van den Schrieck. Louvain, 1861.

Une des pages les plus distinguées de l'œuvre d'un peintre dont la destinée fut singulière, puisqu'il ne réussit à bien reproduire que ce qu'il n'avait jamais vu. Comme beaucoup d'artistes de son temps, comme Asselyn, son maître, il fut atteint d'italianomanie, partit pour Rome et s'arrêta à Paris, qu'il ne quitta que pourretourner en Hollande. On croirait qu'il a eu un remords de conscience et qu'il a compris combien les sites de son pays sont plus favorables à la peinture que ceux qu'il avait voulu aller chercher au delà des Alpes. Il n'en est rien. Établi à Amsterdam, il n'a rien de plus pressé que de se mette à exécuter des vues d'Italie d'après les dessins et les gravures qu'il peut se procurer. La tonalité, il l'invente, et l'on ne peut pas nier qu'il ne réussisse parfois dans cette entreprise étrange. Il y a plus : lorsqu'il veut, par hasard, représenter une vue des environs d'Amsterdam, il échoue absolument. Il semble que la nature se venge des infidélités qu'il lui a faites : elle ne lui dévoile pas ses beautés; son œil ne les pénètre point, sa main ne

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parvient pas à les exprimer. Il ne saurait sortir, sans s'égarer, de cette Italie imaginaire dont il a retracé des portraits sinon vrais, du moins attrayants. Ce qui fait le prix de certains tableaux de Moucheron, ce n'est pas son propre travail, c'est celui d'un collaborateur excellent, d'Adrien Van de Velde, qui a souvent étoffé. ses paysages de charmantes figures. Le tableau de la galerie Du Bus réunit les conditions les plus favorables : c'est un des meilleurs Moucheron qu'on connaisse, et les figures sont de Van de Velde.

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