RAVESTEYN
(JEAN VAN) Né à La Haye en 1572; mort en 1657.
PORTRAIT DE FEMME
eune Hollandaise assise et tournée vers la gauche ; S pas jolie, mais agréable; plaisant par un air de douceur et de simplicité: peau fine et mate; coiffée d'un bonnet de velours noir, laissant voir au sommet de la tête des cheveux bruns et fins retroussés. Robe noire à corsage droit serrant ; large fraise blanche empesée; les mains, blanches et effilées, croisées sur les genoux; tenant de la droite un livre relié en noir, à tranches rouges, entre les pages duquel elle a mis un doigt pour marquer l'endroit où elle est restée. Fond gris d'où l'on peut dire que le personnage se détache, car il est environné d'air. En haut, à gauche, attaché par de petits rubans rouges à franges d'or, un blason avec l'inscription :
Bois. Hauteur om47 — Largeur om56.
Acquis de M. Le Roy, en 186 5.
Jean van R
EAN VAN RAVESTEYN.
Photntypie.
J. MAES, Anvi rs
ORTRAIT DE FEMME,
En même temps qu'un portrait, c'est un tableau de la vie hollandaise au XVIIe siècle, vie calme, recueillie, dont l'uniformité n'engendrait pas l'ennui, tant était grande la simplicité des goûts. Cette jeune fille de vingt ans a ses habits de jour de fête; sa récréation est de rester au logis en compagnie d'un livre, et ce livre n'est pas un roman, c'est la Bible. En vérité, les peintres hollandais du XVIIe siècle sont les historiens de leur pays.
On s'explique difficilement la rareté des portraits de Jean van Ravesteyn , lorsqu'on songe qu'il parvint jusqu'à l'âge de 85 ans. Il est vrai qu'il fut employé à des travaux considérables pour la décoration de l'hôtel de ville de La Haye, où l'on conserve de lui quatre vastes compositions représentant des compagnies de la garde bourgeoise revenant du tir, et les magistrats de la ville dans la salle de leurs délibérations; mais l'exécution de ces quatre tableaux n'a pas pu remplir, avec le petit nombre de portraits qu'on connaît, une carrière aussi longue que la sienne. On comprend que son nom ne se rencontre pas dans les anciens catalogues de ventes recueillis par Hoet, attendu que des portraits sont nécessairement conservés d'abord dans les familles; mais, quand ces familles s'éteignent, ils entrent dans la circulation. Que sont devenues ces œuvres, qui méritaient bien d'êtres recherchées? Il est peu de galeries publiques qui en possèdent. Chose étrange, le musée de La Haye, la ville où il est né, où il a passé toute sa vie, n'en a pas une seule. L'extrême rareté des productions connues d'un tel maître est une énigme que les nouveaux historiens de l'art hollandais devraient chercher à expliquer. Ravesteyn ne signait pas toujours ses portraits; mais avec qui peut-on le confondre? Il est le premier de son temps et se distingue trop des portraitistes venus après lui, Frans Hais, van der Helst et Rembrandt, pour que la méprise ou la fraude soit possible.
RUBENS
(PIERRE PAUL
Né à Siegen en 1577; mort à Anvers en 1640