CAMAÏEU
é n pied, vu de face ; la tête ceinte d'une couronne de laurier ; tourné vers la droite ; vêtu d'une espèce de
longue pelisse garnie de fourrure ; ayant au cou une ç^kg^m^JB^ chaîne à laquelle pend un médaillon; tenant des deux mains le globe du monde surmonté d'une croix, et ayant en même temps le sceptre dans la droite.
Bois. Hauteur om34 — Largeur omi7.
Acquis de M. Etienne Le Roy en 1864.
Cette esquisse est le modèle exécuté par Rubens pour une des statues qui devaient orner l'un des arcs de triomphe élevés à Anvers à l'occasion de l'entrée de l'Archiduc infant Ferdinand d'Autriche. La statue faisait partie de la décoration du Porticus Cœsareo Austriaca; elle était placée entre les figures allégoriques de
Junon et de Vulcain. Au sommet de la place qu'elle occupait on lisait l'inscription :
Lustris bis quinis juncta Irieteride sceptntm Gessi pacificus non vano nomme Cœsar
et sur le piédestal :
Imp. Cœs. Fredericus IV Pius. Fel. Aug.
Frédéric, surnommé le Pacifique, est appelé Frédéric III parles historiens, qui ne regardent pas Frédéric le Beau, duc d'Autriche, comme pouvant être mis au rang des empereurs d'Allemagne. Le projet de statue de Rubens est gravé deux fois dans la Pompa introitus honori serenissimi principis Ferdinandi Austriaci : i° en petit dans la vue générale du Porticus Cœsareo Austriaca, pi. 16 ; 2° dans la planche 20, donnant une partie des détails du même monument. Peut-être la statue, modelée d'après l'esquisse de Rubens, se trouvet-elle à Vienne. Les magistrats d'Anvers voulurent offrir à l'archiduc Ferdinand un souvenir de la cérémonie de son entrée triomphale dans leur ville. Il fut question de faire exécuter, à cette fin, une belle pièce d'orfèvrerie ; mais on recula devant la dépense, les grands frais faits pour les fêtes dont le gouverneur général avait été le héros ayant mis la caisse publique à sec. On s'arrêta à l'idée de gratifier l'archiduc des peintures et des statues les plus remarquables qui avaient fait partie de la décoration des arcs de triomphe. L'archiduc accepta ces œuvres d'art et les emporta lorsqu'il quitta les Pays-Bas.
RUBENS
(PIERRE PAUL