SCENE XI
Les précédents, LA REINE, LE COMTE D'ARTOIS.
la reine , une trompe à la main , au comte d'Artois. Berger , il n'est pas encore temps de conter fleurette ; voici votre trompe que vous avez perdue , je ne dirai pas où.
le comte d'artois. Dans le boudoir de la belle duchesse.
la reine. Appelez les vaches, il est temps de les traire ; voyez , j'attends : Jeanneton me suit avec les jattes.
le comte de Provence. Venez, filles d'Io, les plus blanches mains du monde (4 la duchesse de Polignac et à la princesse de Lambqlk) , je parle aussi des vôtres, vont se suspendre à vos flancs noirs.
la reine. Soyez donc tout simplement berger, et non poëte. Est-ce que les vaches entendent cette langue-là ? Appelez la Rousse , appelez la Brune , appelez Jeanne , appelez Margot. Les voyez-vous qui viennent déjà ? Meunier, votre farine est-elle faite ? Allons, allons, il y aura goûter sur l'herbe et bal dans la prairie. L'abbé , iv k
allez chercher le violon et la cornemuse ; envoyez-nous le comte de Vaudreuil et la duchesse de Coigny. Pour danser une pastourelle un peu gaie , il faut plus de figurants. (Voyant venir le roi.) Mon Dieu! le roi qui vient! (Elle pâlit et laisse tomber ses bras.)
le comte d'artois. C'est Fennui qui vient : je cours au moulin.
la princesse de lamballe. Je vais lâcher mon troupeau.
madame de POLiGNAC Je cours chercher un bailli pour me couronner rosière.
la reine , à la princesse de Lamballe. Dépêchons-nous, Madelon, nous n'avons pas de temps à perdre. (Au comte de Provence.) Berger, laissons passer le roi; dans une demi-heure nous reviendrons goûter sur l'herbe. Allez préparer des couplets.
(Tous s'enfuient.)