MARMONTEL
Marmontel , homme qui a plus d'esprit que de talent, est né à Bor, en Limousin ; il débuta par des odes , couronnées par les Jeux Floraux. Il vint à Paris , et fut précepteur chez des gens de finance ; ces messieurs l'admirèrent av*ec étonnement , et le récompensèrent d'avoir soin de leurs enfants. Il commença par donner la tragédie de Denys le tyran, qui eut
autant de succès qu'une bonne pièce. Aristomène parut après avec autant d'applaudissements. Je démêlai, malgré ses triomphes , que l'auteur était absolument incapable de faire une bonne pièce , et qu'il n'avait aucune connaissance de l'art dramatique : l'événement m'a justifié ; il a toujours été de chute en chute. On jugea qu'il avait du talent pour composer des opéras. Il donna la Guirlande , Acanthe et Céphise, et la Mort d'Hercule, qui firent regretter Cahusac. Il s'avisa de faire des contes , où il y avait des femmes faciles et des filles instruites ; il les nomma Contes moraux. Enfin il eut à l'Académie la place qu'il désirait, prononça un mauvais discours de réception. Il faut avouer cependant que c'est un sujet très-académique.