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SUR M. LE COMTE DE SÉGLR. XV

cessaient de conseiller le retour aux anciennes traditions où la France avait puisé si longtemps gloire et influence. Ils n'avaient pour cela qu'à énumérer, comme résultats du système contraire, les pertes de la dernière guerre, le partage honteux de la Pologne, et à constater une sorte d'abaissement manifeste du cabinet de Versailles dans les conseils d'Europe. D'une autre part , il était incontestable que d'habiles ministres tels que M. de Choiseul et M. de Vergennes, avaient su tirer de cette situation nouvelle, l'un par le pacte de famille, l'autre à l'époque de la guerre d'Amérique, des ressources imprévues qui avaient balancé les désavantages et réparé jusqu'à un certain point l'honneur de notre politique. Élevé à l'école de ces deux ministres, M. de Ségur oppose fréquemment ses vues modérées et judicieuses aux raisonnements un peu exclusifs du comte de Broglie et de Favier, et il en résulte d'heureux éclaircissements. 11 nous est toutefois impossible de ne pas admirer la sagacité et presque ' la prophétie de Favier , quand il insiste sur les inconvénients constants de cette alliance autrichienne qu'on a vue depuis encore si fertile en erreurs et en déceptions : i II faut, écrivait-il en faisant al- « lusion au mariage du dauphin (Louis XVI) et de Marie-Antoinette, « il faut avoir peu de connaissance de l'histoire pour croire qu'on « puisse en politique se reposer sur les assurances amicales qu'on « se prodigue, ou au moment de la formation d'une alliance, ou à « celui d'une union faite ou resserrée par des mariages. La pru- « dence exige de n'y compter qu'autant que les intérêts communs « s'y trouvent, et l'expérience de tous les siècles apprend que ces « liaisons de parenté sont souvent plus embarrassantes qu'utiles « quand les intérêts sont naturellement opposés. » — Un des soins de M. de Ségur dans ses notes est de rejoindre, autant que possible, la morale et la politique, et de ne plus les vouloir séparer. Vœu honorable, mais qui est plus de mise dans les livres que dans la pratique, même depuis qu'on croit l'avoir renouvelée ! De telles maximes, d'ailleurs, qui n'ont ^as pour principe unique l'agrandissement, avaient peu le temps de prendre racine au lendemain du grand Frédéric et au début de Napoléon.

Une autre publication de M. de Ségur, qui date de la même année (1801), est sa. Décade historique, ou son tableau des dix années que comprend le règne du roi de Prusse Frédéric-Guillaume II (1786- 1797). Sous ce titre un peu indécis, l'auteur n'avait sans doute cherché qu'un cadre pour retracer l'histoire des préliminaires de notre

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