‹ Galeries historiques de VersaillesChapitre 19 sur 31 · DIRCÉ · texte numérisé non relu

DIRCÉ

Je sais bien que son cœur , noblement généreux , Ecoute avec plaisir la voix des malheureux ;

Mais on ne voit jamais éclater sa puissance Qu’à repousser le tort qu'on fait à l’innocence.

Je sais qu’elle peut tout , mais je n’ose penser Que jusqu'à nous défendre on la vît s’abaisser.

De nos douces erreurs elle peut être instruite ,

Et rien n’est plus contraire à sa rare conduite.

Son zèle si connu pour le culte des dieux Doit rendre à la vertu nos respects odieux ;

Et loin qu’à son abord mon effroi diminue ,

Malgré moi je le sens qui redouble à sa vue.

ALGlJVIi.

Ah! ma propre frayeur suffit pour m’affliger : Loin d’aigrir mon ennui , cherche à le soulager , Et tâche de fournir à mon âme oppressée De quoi parer aux maux dont elle est menacée. Redoublons cependant les gardes du palais;

Et s’il n’est point pour nous d’asile désormais ,

Dans notre désespoir cherchons notre défense ,

Et ne nous rendons pas au moins sans résistance.

ALCINE, mademoiselle du Parc.

CÉLIE, mademoiselle de Brie.

DIRCÉ, mademoiselle Mol:ère.

Lorsqu’elles eurent achevé, et qu’Alcine se fut retirée pour aller redoubler les gardes du palais , le concert des violons se fit entendre, pendant que le frontispice du palais venant à s’ouvrir avec un merveilleux artifice , et des tours à s’élever à vue d’œil , quatre géants d’une grandeur démesurée vinrent à paraître avec quatre nains, qui, par l’opposition de leur petite taille, faisaient paraître celle des géants encore plus excessive. Ces colosses étaient commis à la garde du palais , et ce fut par eux que commença la première entrée du ballet.

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