Ô GALERIES HISTORIQUES
« Ainsi les trois souverains ont séjourné pendant vingt jours à Tiisitt. Cette petite ville était le point de réunion des deux armées. Ces soldats « qui naguère étaient ennemis, se donnaient des t<^moigiiages réciproques d amitié, qui n'ont pas été troublés par le plus léger désordre.
« Hier l'empereur Alexandre avait &it passer ie Niémen à une disaine de Baskirs, cpii ont donné à Tempereur Napolt^on un concert h la manière de leur pays. L*empereur, en témoignage de son estime pour le générai Platow, hetman des cosaques, lui a fût présent de son portrait*.»
DCCCCLXXXIV.
NAPOLÉON A TILSmr DONNE LA CHOIX DE LA LÉGION D^HONNBUR A UN SOLDAT DE L*ARMÉE RUSSE QUI LUI EST DÉSIGNÉ GOMME LE PLUS BRAVE 9 JUILLET 1807.
Dt»MT. — 1808.
Le 9 juillet le prince de Neufchàtei, major général , mit à l'ordre de l'armée :
« La paix a été condue entre l'empereur des Français et Tempereur de Russie, hier 8 juillet, à Tiisitt, et signée par le prince de Bénévent, ministre des relations extérieures de France , et par les princes Kourakiu et Labaooffde Rostow, pour l'empereur de Russie; chacun de ces plénipotentiaires étant muni de pleins pouvoirs de leurs souverains respectifs. Les ratifications ont été
* QuaUre-vingUixième Bulletin de U grande année.
échangées aujourd'hui g juillet, ces deux souverains se trouvant encore à Tilsitt.
« L'échange des ratifications du traité de paix entre la France et k Russie a eu lieu aujourd*hui k neuf heures du malin. A onze heures l'empereur Napoléon, portant le grand cordon de Tordre de Saint-André , s'est rendu ches l'empereur Alexandre, qui la reçu à la tête de sa garde, et ayant la grande décoration de la Légion d'honneur.
. a L'empereur a demandé à voir le soldat de la garde russe qui s'était le plus distingué : il lui a été présenté. Sa majesté, en témoignage de son estime pour la garde
impériale russe, a donné à ce brave l'aigle d'or de la Légion d'honneur ^ »
DCCCCLXXXY.
ADIEUX DE NAPOLÉON ET D'ALEXANDRE APRtb LA PAIX DE TILSITT. ~ 9 JUILLET 1807.
Stumiu. — tSio.
« Les empereurs sont restés ensemble pendatit trois heures, et sont ensuite montés à cheval. Us se sont rendus au bord du Niémen, où Tempereur Alexandre s*est embarqué, ^empereur Napoléon est demeuré sur
le rivage jusqu'à ce que l'empereur Alexandre fût arrivé à i autre bord ^. n
' Quatre-viogt-ftiiième EuUeUn de la grande armée. » Ibid,
tV. 22
558 GALEIiiES HISTORIQUES
Dans cette vûîte, 1* empereur Alexandre était accom
pagné du grand-dtic Constantin et du prince Kourakin. L'empercui' iSapoiéon avait à sa suite le priiice Murât, M. de Talleyrand, ministre des affaires étrai^gères, etc.
DCCCCLXXXVL
PRIS£ D£ STAÂLSUm — âO AOUT mi.
ALAOt ei Hipp. Lkcomte. —
La rupture de l armiiîLicc conclu à Schulsbow, le 18 avril 1807, entre le mai^échal Mortier et le général suédois Ëssen , avait été dénoncée le 3 juillet au nom du roi de Suède Gustave IV. En conséquence des ordres de Napoléon , le maréchal Brune proclama, de son quartier général de Stettin , la reprise des hostilités pour le 1 3 juillet. Son corps d'armée formait un total de trente* stz bataillons et douxe escadrons , dont la force effective s'élevait à j)ou près à trente mâle hommes. Le roi de Suède avait sous ses ordres quinze mille Suédois , les troupes prussiennes commandées par le général Blûcher ayant dû, par suite des conférences de Tilsitt» quitter le quartier général de Tannée suédoise pour rentrer en Prusse.
Dès le 1 i le corps d'armée du maréchal Brune s était mis en mouvement, en se dirigeant sur Stralsund , où les troupes suédoises , après avoir opposé quelque résistance , avaient été contraintes de se retirer. La place fut aussitôt investie.
« L'empereur Napoléon, qui avait à cœur la prompte
reddition de Stralsund, ordonna au général Ghasseloup, commandant en chef le génie de la grande armée . de se rendre devant cette place, de prendre le commandement du aîége et de le pousser avec la plus grande vigueur : â arriva le 6 août. Ses instructions lui prescrivaient de foi liicr en même temps trois attaques , et de ne rien négliger pour que la place fut promptement enlevée. Le général Songis , commandant en chef i'artiUerie de la grande armée , reçut Tordre de tirer de Magdebourg, de Stettin et d'autres places , tout le pei^nnel et le matériel d'artillerie qui seraient jugés nécessaires. Le major générai pnnce de Neufcbâtei se rendit de Beilin à Stralsund pour passer la revue de Tarmce de siège, et faire la reconnaissance de la place poui' en rendre compte à l'Empereur. L'ouverture de la tranchée âit fixée au 1 5 août.
a Le colonel du génie Montfort dirigeait les travaux à Tattaque de droite , le colonel Lacoste à celle du centre , et le major Rogniat celle de gauche. Le commandement des troupes pour l'importante opération de l'ouverture de la tranchée avait été confié à la droite au général SévéroUi, au centre, au générai Friiion, et A la gauche, au général Lcguav. »
Les travaux, entrepris sous le leu de l'ennemi, furent poussés avec une persévérance extraordinaire, et les ordres de Tempereur fiirent exécutés par le général Ghasseloup avec une si grande activité, que le 2o août le bombardement était déjà tïommencé. u II n'y a pas
540 GALEJKIËS HISTORIQUES
d'exemple , continue Tbistorien , d'approcher sur trois
fronts d'attaque à la fois, poussés en quatre jours avec tant do vigueur,
« La ville était menacée d'une entière destruction; les magistrats se jetèrent aux fMeds du roi, et le supplièrent de ne pas ])rolonger une diTonso inutile. Il so rendit à leurs instances , et passa a\ ec ses troupes sur iiie de Rugen, ne laissant dans Stralsund qu'une faible garnison sous les ordres du général Peyron, Tun de ses aides de camp ^ »
Le générai Peyron se présenta lui-même aux. ayantpostes, accompagné de deux magistrats, et demanda à parlementer. Le ao août les portes de Strdsund fiirent
ouvertes à i armée française.
DGCCCLXXXVIL
MARIAGE DO PRINCE JEROME BONAPARTE ET DE LA PBIK- CESSE FRÉDÉRIQUE-GATHERINE DE WURTEMBERG. — Si AOUT 1807.
RMSAVtT. iSlO.
Le mariage du prince Jérôme Bonaparte et de la pnii cesse Frédérique-Catherine-Sophie-Dorothée de Wurtemberg ûit célébré à Paiis dans le mois d'août 1607, six semaines après la paix de Tibitt.
La cérémonie de la signaUu e du contrat se fit le a 2 k buit beures du soir, dans la galerie dç Diane, aux
* Préâi du MmmÊHlÊ miSUirti . par la géiiM Mtthitiii Dubm , t. tSXt p. 147-157.
Tuileries, où Tempereur et l'impératrice se rendirent, suivis des princes et princesses, des grands de l'empire.
Leurs majestés se placèrent sur leur trône ayant devant elles les deux époux. uM. Regnauld (de Saint- Jean-d'Angeiy), secrétaire d*état delà famille impériale, a iait lecture du contrat de mariage, qui a été signé par leurs mîgestés, par les hautes parties contractantes, par S. M. Joseph Napoléon, roi de Naples, frère de l'empereur ; S. M. la reine de Napies , S. M. Louis Napoléon , * roi de HoUande, frère de Tempereur; S. M. la reine de Hollande, Madame mère, le prince primat, les princes, ies princesses , les grands dignitaii es et les témoins. »
« Les témoins de la cour de France furent : S. A. I. monseigneur le prince Borghèse, S. A. I. etR. monseigneur le grand-duc de Berg , et S. A. S. monseigneur le prince de Neufchâtel, vice -connétable.
« Ceux de la cour de Wurtemberg : S. A. R. monseigneur le prince de Bade, S. A. M. le prince de Nassau, et S. E. M. le comte de Winiingerode, ministre d'état de S. M. le roi de Wurtemberg. »
La cérémonie religieuse fut ensuite célébrée dans la chapelle du pdais des Tuileries par le prince primat, le a 3 août ^
' Extrait du Moniteur du ai août 1807.
DCCCCLXXXVIII.
ENTRÉE DE LA GARDE IMFÉRIAtiE A PARIS APBÈ8 LA CAMPAGNE DE PRUSSE. S5 NOVEMBRE 1807.
La garde impériale, ayant h s:\ tète lo maréchal Resfiières, lit son eatrée solennelle à Paris le 2 5 novembre 1807 1 et fîit reçue par le corps municipal, que présidait M. le conseiller d'état préfet du département de la Seine , sous un are de triomphe élevé par la viiie de Palis au dehors de la hanière de la Villette.
Après que le maréchal Bessières eut répondu au discours du préfet de la Seine , « les couronnes d*or votées par la xilie de Paris furent apposées aux aigles de la garde impériale , au milieu du cercle formé par son état-major.
« Les âuâiers de la garde, les chasseurs à pied, les grenadiers & pied , les chasseurs à cheval , les mameluks , les dragons , les grenadiers à cheval , la gendarmerie d'élite , chaque régiment était pi^écédé des officiers généraux et supérieurs chaigés de son commandement.
M A la suite de la garde impeiialc marchait, accompagné de f état-major de la place » M. le générai Hullin , Gomoiandant d*annes, suivi du corps municipal et de son cortège.
« C'est dans cet ordre, et en traversant les haies for-
mées par uiic innombrable population , que la garde est parvenue au palais des Tuileries , en passant sous le grand arc de k porte triomphale qui sert aujourdhni d'entrée principale au palais, où elle a déposé ses aigles. De là, traversant le jardin des Tuileries, où elle a posé les aimes, elle s est rendue aux Ghamp»-Élysées, où tous les corps qui la composaient et un détachement de la garde de Paris ont pris place au banquet qui lui était préparé. Dix mille couverts étaient servis : ie corps municipal faisait les honneurs ^ »
DCCCGLXXXIX.
NAPOLEON VISITE L'INFÏRMKUIE DES INVAUDES. —