PORT DE BOULOGNE
AqamBe par Gaotiu* IV. l5
226 GAL£KlËb UibTOKiQUES
DCCCLXV.
TRAVAUX DU fORT.
A^uarcilc par Gactim.
DCCCLXVI.
PORT m fiOULCX}fil£.
AqvMtfle par Gautib».
« L*emperettr,rapportele Moniteur du aSjuiOet 1 80 4* est allé hier m lade h sept heures du matin. 11 a monté sur plusieurs hâtiineuts de la flottille. Une division an- ^aise, qui était au large, a paru un moment vouloir attaquer la ligne; mais, avant d*être arrivée à la portée du canon, elle a viré de bord.
« A midi l'empereur a reçu dans sa tente , à la Tourd'Ordre, les corps de l'armée. A quatre heures il a visité dans le plus grand détail les mag^ins de Tarsenal, les établissements de TartOlerie et les différents travaux du port. »
DCCCLXVII.
NAPOLÉON VISITE LES ENVIRONS DU CHATEAU DE BRIEiNNE.— 4 ÂOliT 1804.
TcUctu^dn tempt fwr L««ot w Lia«cos»t. — iSo(î.
« Napoléon , étant à Brienne dans le mois d'août 1 ôoà, prit des informations sur une bonne femme qui occupait une chaumière au milieu du bois, et chez laquelle,
pendant son séjour l'école militaire, il tiUail quelquefois prendre du lait. Assuré qu'elle existait encore, il se présenta seul chez elle, et lui demanda si elle reoonnaitrait Bonaparte : à ce nom, ia bonne femme est tombée aux genoux de f empereur, qui fa rdevée avec ia bonté la plus touchante, en lui demandant si elle n rsait rien à lui offi*ir. «Du lait et des œuis,» répondit-eiie. L'empereur prit deux œufs et ne quitta son hôtesse qu'après ravoir assurée de sa bienveillance ^ »
DCCCLXVIIL
«APOLÉON, AU CAMV DE BOULOGXE, DISTRIBUE LES CROIX Dë LÂ légion DHON^iËUR.— 16 AOUT 1604.
HtMSQOlll. — i8o6.
DGCCLXIX.
NAPOLi:0\, AU CAMP DE BOULOGiNE, DISTRIBUE LES CHOIX DE LA LÉGION DilO.NXEUR. — 16 AOUT 1804.
Aquarelle par i'AKtRT (d'aprèi Baaktti).
Napoléon, parti d'Ûstende le lô août iôo4, arriva dans la nuit à Boulogne.
tfHier i6, à midi, rapporte le Moniteur du 19 août
180/1, sîi jiiajesté s'est rendue au camp de ia TourdOrdie , accompagnée des ministres et des grands olïiders qui se trouvent à Tarmée.
« L*armée de Saint-Omer, celle de Montreuil et la ré-
* Livret du saioa de i8o6>
serve de la cavalerie^^ent réunies en colonne» seirées, et occupaient un espiicc peu étendu autour du trône, placé au milieu d'un ^ allon en amphithéâtre demi-cir< culaire terminé par la mer.
ttL^empereur a &it prêter le serment aux membres de la Légion d'honneur, et il a reçu un instant apràs celui de toute l'armée. Il a ajouté à la formule ordinaire du serment ces mots : «Et vous, soldats, vous jui'ez de «défSendre» au péril de votre vie, l'honneur du nom « français, votre patrie et votre empereur! » Cent mille bouches ont répété avec énergie, Noos Ujarons; et au rnrmc instant, pour manifeslei- d unr manière plus sensible ics sentuneuts dont ils étaient pcnetiés, tous les soldats, par un mouvement spontané, ont élevé et agité leurs bonnets et leurs chapeaux an-dessus de leurs baïonnettes , en poussant le cri cent mille fob répété : Vive femperenr!
uLes décorations de la Légion d'honneur ont été remises par Tempo^ur à chacun des militaires qui les avaient obtenues, et aux fonctionnaires ecdésiastiques et civils qui avaient été admis à les recevoir de ses mains dans cette solennité. •
« L'armée a ensuite défdé devant le trône , au pas accéléré, et cette marche a duré plus de trois heures : l'empereur n*est descendu du trône qu*à sept heures.
«Au moment où l aïuiée défilait, on voyait une flottille de quarante-sept voiles arriver en rade^ elle était commandée par le capitaine Daugier. »
DCCCLXX.
ENTREVUE DE NAPOLÉON ET DU PAPE PIE VII DANS LA FORÊT DE FÛNTA1MERLEAU.--26 NOVEMBRE 1804.
• Dbmarhk et DuMom..— 1808.
DCCCLXXI.
ENTREVUE DE NAPOLÉON ET DU PAPE PIE VII DANS LA FORÊT DE FONTAINEBLEAU. — SO NOVEMBRE 1804.
Alavx et G»s»T. — t836.
{(Aujourd'hui, dimanche 4 frimaire, sa sainteté est arrivée k Fontainebleau à midi et demi.
«cSa majesté Tempereur, qui était sorti à cfaevai pour chasser, a^aiit étr avorti de l'approche du pape, a été au-devant de sa sainteté, et l'a rencontrée à la croix de Saint-Herem. L'empereur et le pape ont mis pied à terre à la fois; ils ont été Tun au-devant de Tautre et se sont embrassés. Six voitures de sa majesté se sont alors approchées : L'empereur est monté le premier en voiture pour i^acer sa sainteté à sa droite , et ib sont arrivés au château au milieu d*une haie de troupes et au bruit des salves de ^artillerie ^ n
*■ Muûkm'èa l^idi 5 frùnaiMaB ut (s6 novembre i8o4).
DGCCLXXIL
SACIŒ DE LEMPEREUR NAPOLÉON ET QODRONNEUENT DE L IMPÉRATRICB JOSÉPHINE DANS L^USE DE NOTRE- DAME DE PARIS. — S DÉCEMBRE 1804.
David. 1808.
DCCCLXXIII.
SACRE DE L*EMPEREUR NAPOLÉON ET COURONNEMENT DE LTMFÉRATRICE JOSÉPHINE DANS L*ÉGUSE DE NOTRE- DAME DE PARIS. S DÉCEMBRE 1804.
AtÊ.vx el GiuaT (d'apvèsDATw).-» i836.
Le 1 1 frimaire an xiii (3 décembre 180^), jour fixé
pour le sacre de Napoléon , le pape partit à neuf heures du palais des ruil^ries pour aller à l'Archevêché, où il se rendit en graml cortège : il précéda ainsi l'empereur, qui ne quitta les Tuileries qu*à dix heures, et se mit en marche suivant Tordre réglé par le cérémonial. Une salve d'artiHerie amuHira le départ.
La voilurn de 1 euipcreui , dans laquelle étaient leurs majestés impériales et les princes Louis et Joseph, était attdée de huit chevaux blancs. Une nouvdle salve d*artillcric annonça l'ai ri\ ic de leui*s majestés au portail de l'église métropolitaine.
u L'eau hénite a été présentée à l'impératrice par le cardinal Gambacérès, et à Tempereur par le cardinal archevêque de Paris. Ces deux prélats ont complimenté leurs majestés, et les ont conduites sous un dais jus-
qu*aux fiiutettfls qui aweot été préparés dans le sane*
tuaire. Les places autour des trônes de leurs majestés ont été occupros ainsi qu'il suit :
«Deriière l'empereur, les princes Joseph et Louis, et les grands dignitaires Gambacérès et Lebrun.
«Derrière les princes, les coloneb généraux de ta garde, Soult , Bessi^rcs, Davoust et Mortier; io grand maréchal du, palais Duroc, le colonel général Beauliarnais poitant i'anneau, le maréchal Bemadotte portant le collier de Tempereur, et le maréchal Berthier portant le g^obe impérid.
«A droite des piinces, en obliquant en a\aiit, M. de Talieyrond, grand chanibelian, et M. ie générai Cau* laincourt, gnmd écuyer.
«Derrière eux, deux chambdlans; derrière rimpératrîce, les princesses Joseph , Louis, Élisa, PSiuline, et Caroline; derrière les pniR esses, M"'*' de Luray. de Uémusat, de Talhouei, de Lauriston , la mai'échale Ney, Daibei^, Duchàtel, de Séran, de Colbert et Savary, dames du pdais.
«A gauche des princesses, et en obliquant en avant, la dame d'honneui . M""" de Larochefoueault ; la dame dateurs, M"" de la Valette; derrière elles, le premiei* écuyer, M. le sénateur dHarville, et le premier cbamb^Um, M. le générd Nansouty. A gauche de la dame d'atoui's, et en olilKfuant en avant, les trois giaiids oiliciers portant ie:> honneurs^ de Tira pératrice , MM. les maréchaux Seirurier, Moncey et Murât. A la droite, près de Tautd, le grand maître des cérémonies, M. de
252 GALERIES HISTOEIQUES
Ségur et un maître des cérémonies, M. de Salmatoris. Un autre maître des cérémonies, M. de Cramayel, à gauche près le trône du pape et lautel. Les aides des cérémonies, Âignan etDargainaratz, à droite et à gauche , à l'entrée du sanctuaire.
u Madame mbrc était placée dans la tribune impériale, à di'oite du trône; le corps diplomatû^ue occupait la tribune à gauche du trône. •
« L'empereur et l'impératrice étant placés, les maréchaux Kellermann, Pérignon et Lefebvre, grands officiers, qiii portaient les honneurs de Charlemagne , sont ailés se ranger de front et en iace de i'autei, au bas de la dernière marche du sanctuaire. »
Le pape est alors descendu de son trône et ^est rendu à l'autel.
Toutes les cérémonies pendant le coiu-onnement, les onctions, la bénédiction de Tépée impériale, celle des manteaux, des anneaux impériaux, des couronnes de l'empereur et de l'impératrice, étant terminées, «leurs majestés se sont n iidurs au pied de l'autel, conduites par son excellence monseigneur le cardinal Fesch, grand aumônier de France; son excellence monseigneur le cardinal de Bdloy, le premier des cardinaux françab archevêques; monseigneur de Rohan , premier aumônier de l'impératrice, le plus ancien archcvcque; monseigneur de Beaumont, évèque de Gand, le plus ancien évêque français, et par M. i'abbé de Pradt, aumônier ordinaire de l'empereur. La tradition des ornements de l'empereur a été laite par le pape à sa majesté dans i'ordie qui suit :
«L'anneau;
«L'épée, que sa majesté a mise dans le fourreau; « Le manteau , qui lui a été attaché par le grand chambdlan et le grand écuyer;
« Le globe , que l'empereur a remis à Tinstant au grand officier chargé de ie recevoir; ttLa main de justice; «Le sceptre.
« L'empereur, portant dans ses mains ces deux der>
niers omenieiits, a fait sa prière.
« Pendant ie temps de la prière , ia tradition des ornements de rimpératrice a été faite à sa majesté par le pape, dans fordre suivant :
ctL*anneau;
«î^e manteau, qui a Hè attaché par la dame dhon:neur et ia dame d atours.
«Ensuite Tempereur a remis la main de justice à Farcliicfaancdier, et le sceptre k Tardiitrésorier, est monté à Vautel , a pris la couronne et l'a placée sur sa tête-, il a pus dans ses mains celle de l impératrice , est revenu se mettre auprès d'elle ^ et l'a couronnée. L'imr pératrice a reçu à genoux la couronne; pendant ce temps le pape a fait les prières du couronnement , etc. ' 9
' Eaitnlt dn pPOcèt-TcriMl de la cérémonie du mcm et du cotironnement de Icnn majeitéa Temperenr Napoléon et I mipéfmtrice Jos^plune.
DCCCLXXIV.
NAPOLÉON DONNE DES AIGLES A L'ARMÉE. — 5 DÉCEMBRE lîSOA
David. — 1810.
DCCCLXXV.
NAPOLÉON DONNE DES AIGLES A L'ARMEE.— 5 l^EMBRE 1804.
AtABz et GiHftt (d*ap(èt Davd)* — t$S3.
(( Lo troisième jour des ItHes tlu couronnement était consacré aux armes, à ia vaieui*, à la fidélité. L'empereur a distribué à l'armée et ata gardes nationales de rempîre les aigles qu*elles doivent toujours trouver sur le chemin de l'honneur.
« Cette imposante et auguste cérémonie a eu lieu au Champ de-Mars; nui autre lieu n'était préférable : ce vaste champ, couvert de députations qui représentaient la France et l'armée, ofirait le spectacle dSme valeureuse famiUe réunie sous les yeux de son chef.
« La laçadc principale de l'Éroîe niiiitaii*e était décorée d une grande tribune représentant plusieurs tentes à la hauteur des appartements du premier étage du palais. Celle du milieu , fixée sur quatre colonnes qui portaient des figures de Victoires, exécutées en relief et dorées, couvrait le ti'dne de l'empereur et celui de Timpératrîce. Les princes, les dignitaires, les ministres, les ma-
réchaux de l'enipiie, les grands officiers de la ronronne, les officiers civils, les princesses, les dames de la coui' et le conseil d'état étaient j^oés à la droite du trône.
« Les galeries qui occupaient la façade principale de l'édifice étaient divisées en huit parties de chaque côté; elles étaient décorées d'enseignes militaires couronnées par des aigles. fUles représentaient fes seize cohortes de la Légion d*honneur.
tt Le sénat , les officiers de la Légion d*honneur, la cour de cassation et les chefs de la comptahilîté nationale étaient à la droite; le corps législatif et le tribuziat étaient à la gauche.
«La tribune împéride destinée aux princes étrangers occupait le pavillon à Textiéniité du coté de la ville.
«Le corps diplomatique et les étrangers étaient placés dans iautre tribune faisant pavillon, k fextrémité opposée.
(( Les présidents de canton, les preiets, les sous-préfets et le conseil municipal se trouvaient au-dessous des tribunes, sur le premier rang des gradins dans toute la laçade.
«On descendait au Cliaiiip-de-Mars par un grand escalier dont les gradins étaient occupés par les colonels des régiments et les présidents des collèges électoraux de département, qui portaient les aigles impériales. On voyait aux deux côtés de cet escalier les figures colossales de la France donnant la paix , et de la France faisant la guerre. Les armes de f empire, répétées partout sous
différentes fonnes, avaient faumi les motifs de tons les
ornements.
« A midi le cortège de leurs majestés impériales , dans Tordre observé pour la cérémonie du couronnement, s*est mis en marche du palais des Tuileries, précédé par les chasseurs de la garde et l'escadron des mameluks, et SUIVI des grenadiers à cheval et de la légion d'éUte; il marchait entre deux haies de grenadiers de la garde et de pelotons de la garde municipale.
« Des décharges d'artillerie ont salué leurs majestés à leur dépait, à leur passage devant les Invalides, à leur arrivée au Champ-de-Mars.
«Des membres du corps dif^omatique, introduits dans les grands appartements de TÉcole militaire, ont été admis à présenter leurs hommages à lem*s majestés.
tt Après cette audience elles ont revêtu les ornements impériaux et ont paru sur leur trône, au bruit des décharges réitérées de TartiUerie, et des acclamations unanimes des spectateurs et de l'armée.
« Les députations de toutes les armes de l'armée , celle de la garde municipale, étaient placées conformément au programme; les aigles , portées par les présidents des collèges électoraux pour les départements et par les colonels poui les corps de l'armée, étaient rangées sur les degrés du trône.
«Au signal donné, toutes les colonnes se sont mises en mouvement, se sont serrées et se sont approchées au pied du trùne.
« Alors, se levant, l'empereur a prononcé, d'une voix
forte, expressive et accentuée, ces paroles qui ont porté dans toutes ies âmes ia plus vive émotion et l'enthousiasme le {dus noble :
«Soldats, voilà vos drapeaux : ces aigles vous serviuront toujoiu's de point de raiiiemenl; elles seront parti tout où votre empereur les jugera nécessaires pour la « défense de son trône et de son pei^e.
. « Vous jures de sacrifier votre vie pour les défendre, « et de ies maintenir constainniciil p.n votre courage sur M le chemin de ia victoire : Vous le jurez 1
« Noos iejarons ! i» ont à la fois répété avec un cri unanime ies présidents des c<^éges et tous les chefs de l'armée, en enlevant dan.s les aiis les aigles q^ui allaient être confiées à leur vaillance.
«iVous le jurons In ont répété Tannée entière par ses envoyés d*éUte, et les départements, par les députés de leurs gardes nationales , en agitant leurs armes , et en confondant ieuis acclamations avec le hruit des mstrumeuts et des fan&res militaires.
«Après ce mouvement, qui s'était rapidement com* muniqué aux spectateurs pressés sur les gradins qui forment l'enceinte du Cbamp-de-Mars, les aigles ont été prendre la place qui leur était assignée i l'armée, formée par division, ies députations , formées par pdotons, ont défilé devant le trône impérîsd.
«Le cortège est rentre au palais à cinq heures '. »
* Moniteur dn iS finmaire an xiit (6 décembre i8o4).