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FÉVRIER

Gv»n.

Uamiral Missiessy, porteur d'instructions qui lui prescrivaient de ravitailler les colonies françaises des Ân-

^ MoaiUmràu 19 firimaire an xiii (10 décembre i8o4).

tilles et de ravager celles do !a Grande-Bretagne dans ces parages, donna, le ao février, dans le canal qui sépare la Martinicpie de Saint-Louis, et mouSla avant le

soir (luis la rade du fort de France.

L amiral Missicssy et le générai Lagrange descendirent aussitôt à terre, pour conférer avec Tamiral Villaret, capitaine général de la colonie, et il fut décidé, d'après le conseil de ce dernier, qae les opérations comnitiicei-aient par l'attaque de lile de la Dominique, dont la position entre deux colonies fininçaises, la Martinique et la Guadeloupe, gênait les communications.

De retour h bord du vaisseau amiral, les deux généraux dressèrent leur pian d'attaque; d'après ce pian, Tescadre devait se présenter le lendemain a a, au point du jour, devant la Dominique, et opérer aussitôt un débarquement sur trois points différents. Les troupes avaient, en mnséqucnco , été partagées en trois coiouiies ; la première, lorte de neuf cents iiommes, et commandée par le général Lagrange en personne, devait prendre terre entre la pointe sud-est de f ûe et la ville du Roseau, s^emparer d*une batterie située sur ce point, et marcher rapidement sui' le fort qui défend la ville du côté de l'est; la seconde colonne, composée de cinq cents bommes, sous les ordres de Tadjudant commandant Barbot, chef d*état-major du corps expéditionnaire, devait débarquer au pied d'une montagne nommée le Morne-Daniel, à une demi-lieue au nord-ouest du Roseau, tourner un fort qui domine la ville, et cou-

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per la retraite à la ganùsou qui Toccupait ; la tromème colonne, forte d*env]ron neuf cents hommes, et commandée par le général Claparède, devait opérer son débarquement à deux portées de eanon d*nn morne situé h Textrémité

nord-ouest de Tîle, et marcher sur celte position pour i' enlever à la baïonnette. Ces dispositions arrêtées dans le conseil, Tescadre mit à la voile et fit route vers la Dominique, précédée par deux goélettes qui lui ser* vaient d'éclaireurs. A minuit l'cscadi c se trou\ a par le travers de la pointe sud-est de i ile ; le fort établi sur cette pointe tira le canon dalarme ; bientôt après des feux furent allumés sur divers points de la côte. L'amiral Missîessy, continuant sa route & pleines voiles, pamt aveiiiL le jour devaut la ville du Roseau. Il fit idors aiborer ie pavillon anglais à ses bâtiments , et tout préparer pour la descente. Plein de sécurité à la vue de cette escadre, qu^fl croyait ang;laise, le brigadier général Prévost, gouverneur de fâe, envoya le capitaine de port à bord du vaisseau amiral , pour le conduire au mouillage. On peut juger de la surprise et du désappointement de cet officier en se trouvant à bord dun bâtiment français.

Quelques instants après , ie pa\illon national fut substitué aux couleurs aiiglaises, et toutes les embarcations de l'escadre , chargées de troupes, partirent pour se porter sur les divers points où le débarquement devait s'opérer : alors les forts ouvrirent sur f escadre un feu auquel les vaisseaux et les autres bâtiments de guerre français répondirent de la manière la plus vive. Le Majestueux, le

Jemmapesy le Lion, lAciéoti et . une des goélettes « s étant approchés de terre autant que le calme pouvait le permettre, prologèrent la descente. Tandis que le Magnmnime, k Sujfrcn et Ips frégates qui avaient pris position sous la ville la loudioyaicnt de leur artillerie, le Lynx s'occupait À amariner vingt-deux navires an^ais qui se trouvilient au mouillage du Roseau.

La colonne conduite par le général Lagiange en personne débarqua en présence de deux cents hommes qui étaient rangés en bataille sur le rivage, mais qui n*opp08èrent qu*une faible résistance avant de se retirer vers un poste établi au pied d'un morne très-escarpé* ot que relte position rendait formidable. Malgré les obstacles que présentait rescarpement du morne, ce poste fut tourné, et iennemî obligé de iàire sa retraite sur un morne plus doigné. Quoique contrarié par un cdme ]dat , qui ne permit pas aux vaisseaux de s'approcher assez de terre pour protéger son débarquement, la seconde colonne réussit à l'opérer, poursuivit f ennemi, et lui coupa la retraite sur une forte redoute ai^ mée de quatre pièces de canon, et défendue par cent cinquante liommes. L'adjudant commandant Barbot fit harceler par se^ tirailleurs l'ennemi qu il venait, de déposter du rivage, et qui se retirait dans fintérieur de râe; en même temps il se porta vers la redoute, qu'il attaqua sur deux points différents, et l'enleva k ia baïonricttf : il n'y trouva que seize ranoniiiers, l'infanterie qui la défendait ayant réussi à s'échapper et à se jeter dans un défilé où il était difficile de la poursuivre. Après IV. i6

avoir laissé un détacbement dans la redoute, cet officier supérieur se mit en marche pour se rrunii à la colonne du général Lagraiige, contre laquelle le gouverneur de i'ile chercbait à rassembler toutes ses forces. Le général Glaparède avait été contrarié par le calme, au point qu'il n'avait pu se rendre h sa destination. Le générai Lagrange lui donna ordre de réunir sa (colonne à la seconde, et de se porter avec toutes ses troupes vers un morne d*où il pourrait être à mêmç de couper la retraite au général anglais, qui semblait ne pouvoir tenir longtemps contre la pu niière colonne. I.e général Claparède es^écuta ce mouvement avec promptitude, gravit le morne, et s empara du £ort qui le défendait. Trois cents hommes des milices de Tile, qui composaient la garnison de ce fort , mirent bas les armes. Ge^ priidant le brigadier général Trévost avait déjà pris ses précautions *, il n'avait feint de résister {dus vigoureusement au général Lagrange que pour mieux masquer sa retraite, disons mieux, sa fuite. Après avoir exhorté les milices k tenir ferme à leur poste, et donné secrètement ordre qu'on lui amenât toutes les troupes de ligne au fort, du Prince -Rupert, de Vautre côté de file, il 8*enfuit, accompagné seulement de deux officiers, vers ce fort, oh les débris de ses troupes ne le rejoignirent quau bout de quatre jours, et après ;i\oir éprouvé toutes sortes de misères. A quatre heures du soir les trois colonnes françaises entrèrent au Roseau : cette capitale de file était alors la proie des flammes. L'incendie avait été allumé par la bourre d*un canon des bat-

teries anglaises qui dominaient la ville, et ses progrès avaient été extrêmement rapides. Les soldats français employèrent sur-le-champ tous leurs efforts pour éteindre le feu, mais îh ne purent sauver que quelques cases habitées par clos nègres libres.

Le rapport du général Lagiange au ministre de la marine &it monter la perte des Ângiais, dans la journée du 39 février, à deux cents honmies, tant tués que Uessés et prisonniers, et celle des Français à trois officiers et trente-deux soldats tués, six officiers et soixante et dix-sept soldats blessés.

DCCCLXXVIIL

BELLE DÉFENSE DU CAPITAINE BERGERET SUR LA PSYCHÉ, CONTRE LA FRÉGATE LA SAN-FIORENZO. ^ 14 FÉVRIER

GODIB.

« Le capitaine de vaisseau Bergerct se trouvait h l'Ilede-France lorsque la guerre fut déclarée. Le généi-al Decaen, gouverneur de file, acheta pour l'état son bâtiment, et lui en laissa le commandement, en le char> géant d'une mission dans Tlnde. C'était la Ptyché, navire de commerce armé en cor\'ette , et qui portait vingt-six canons de huit. Il fut rencontré dans les eaux du Gange par la finégate an^aise la San-Fiormzo, portant quarante-quatre canotis de douze et dk-huit* Le brave Bergeret soutint pendant sept heures, et à la portée du pistolet , ce combat inégal. Après avoii* tenté plusieurs

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fois raboi dage , et avoir perdu tout son état^major et

plus de cent cinquante hommes, voyant h Psyché près de couler bas, il capitula verbalement avec ie capitaine anglais K »

DGCCLXXIX.

PKi6L A LABORDAGE DE LA FRÉGATE AAGLMSE LA CLEO- PATRE PAR LA FRÉGATE FRANÇAISE LA VILLE-DE-MILAld. — 17 FÉVRIER 180».

Qnm.

La frégate la Ville-<ie-Milan, de concert avec quelques autres frégates, avait rempli heureusement une mission dont l'objet était le ravitailleniont de la Martinique; elle revenait en France porteur de dépêches importantes du gouverneur de cette colonie. Le capitaine de vaisseau Rpynaud, roniiiiaiulaiit la lUlc-de-MUan, avait reçu l'ordre formel d'elTectuer son retoui* avec la plus grande diligence, de ne faire aucune prise, et d'éviter toute espèce d'engagement, afin de n'éprouver aucun retard.

Le 1 6 février 1 8o5 cette frégate fiit aperçue par la frégate anglaise la CUopâtrc. Quoique le capitaine Reynaud, conformément à ses ordres, fît tout ce qui dépendait de lui pour éviter le combat, il fut cependant rejoint ie 1 7 février au matin par la frégate anglaise. L'engagement fut vif, et on se battit pendant plus de deux lieuros avec arliarnrnicnl. Le feu de ht ViUe-de- Miim ayant pris m 10 grande supériorité sur celui de son adversaire, la Qéopâtre voulut alors quitter le tra*

* Btogroftiuc des coutemporwm , t. [1, p.

vers de la frégate française et gagner de Tavant, mais ia Ville - de-M iUin , poursuivant son avantage, ne tarda pas À monter à l'abordage, malgré tous les efforts de f ennemi, et la Qéopâtre tomba au pouvoir des Français. Le capitaine Reynaud, ayant été tué* pendant le combat ftit remplacé par le capitaine pro\isoii*e de fi-égate Guiilet, qui, bien que grièvement blessé, prit encore une part trè^^ctive à cette action glorieuse.

♦ DCCCLXXX.

NAPOLKON REÇOIT AUX Tl ILEHIES LA CONSULTA I)K LA htl^UBLIQUE ITALlE^r^E QLli LE PHOCLAME KOI D'ITALIE. — 17 MARS 1805.

GobKAuu. — 1807.

La députation de la république italienne, qui avait été appelée à Paris pour assister à la cérémonie du sacre, fut reçue aux Tuileries le 19 mars 180 5 pour présenter à l'empereur le statut constitutionnel arrêté par ia consulta.

«Aujourd'bui, à une beui^e après midi', sa majesté étant sur son trône, entourée des grands dignitaires, des ministres et des grands officiers, et les membres du conseil d'état présents, ont clc introduits par le grand maître des cérémonies: M. Meizi, vice -président de la république italienne; MM. Marescalchi, Gaprara, Paradisi, Fonaroli, Gostabile , Luosi et Guicciardi, membres de la consulta d'état ; et MM. GuastavOlani , du conseil

* MoniUttrAa vantAse an xiii.

i^ialatif; Lambertenghi, idem; Cariotti. idem; Dombrowski, général de division; Rangone, orateur du

corps législatif ; Calepio, membre du corps législatif; Litta, du collège électoral des Possidenti; Fé, idem; Âlessandri, idem; Salembeui, générai des brigade» du collège des Dottî; A|^iam, du collège dea Dotti; Busti, du collège des Commercianti ; Giulîm, idem; N^ri, coiiiniissaire près le tribunal de cassation ; Sopranzi, président du tribunal de révision à Milan ; Waldrighi, président du tribunal de révision k Bologne, députés pour les collèges et corps constitués. »

M. Molzi porta la parole, exposa d'abord la situation de la république italienne, les dangers dont elle était environnée , et présenta rétablissement d'un gouvernement monarcbicpie comme f unique moyen de salut

B fit ensuite lecture de f acte fondamental qui conférait à l'empereur Napoléon le titre de roi d'Italie.

Après sa réponse, «l'empereur, étant descendu de son trône, est entré dans son cabinet. Il a fait appder M. le vice-président et les membres de la consulta de la république italienne, et il a tenu un conseil qui a duré une heure et demie. »

Quelques jours après Napoléon annonça son couron* nement pour le a S mai, et il partit de Fontainebleau le a avril avec l'impératrice pour se rendre à Milan.

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