ENTRÉE DE L*ARMÉE FRANÇAISE A VIENNE
13 NOViatffiRE 1805.
AtàBS «t Gsuoi». — aS36.
L*année prit ensuite possession de la ville, où Tempereur Napoléon ne s'arrêta que qudques instants : fl se
rendit, presque aussitôt après son arrivée, au cliâteau impérial de Schœnbrium, où ii établit son quartier général.
«Nous avons trouvé dans Vienne plus de deux mâle
pièces de canon , une salle d'armes garnie de cent mille fusils ; des munitions de toutes espèces ; enfin de quoi former l'équipage de campagne de trois ou quatre armées^. 1»'
* VtQ^Mnisiime Balletiii de U fFrode année.
DGGCGXXIV.
COMAAT D£ GUNTËRSDORF. — 16 NOVEMBRE 1805.
PImi. — 1837.
fc Les bruits d'armistice et de paix que le passage réitéré du comte Giulay avait accrédités à Vienne s'étaient promptement répandus dans les années i loin de les démentir, chaque parti en tirait avantage suivant sa position . Si les Français obtinrent celui du passage et de la conservation du beau pont de Vienne, une colonne de quatre mille hommes d'infanterie autrichienne et un régiment de cuirassiers détachés de Tarmée de Kutusow, et coupant la route de Bohème, avaient traversé les postes français, qui les avaient laissés passer sur le faux bi*uit d une suspension d'ai mes. Ce iiit sur la même assurance que le général autrichien de Nosiits atteint le i5 novembre, entre HoUabrûnn et Sdiœngraben, par favant-garde du prince Murât, n'opposa aucune résistance , et fournit à la nombreuse cavalerie française le moyen d'attaquer presque à {'improviste le prince Bagration. Une convention d'armistice avait été signée A la suite de cette journée entre le prince Murtft et le générai Kutusow. Cette convention devait être soumise à l'empereur Napoléon, et, en attendant la notiiication , rarmée russe et le corps dVrmée du prince resteraient dans les mêmes positions qu'ils occupaient : en cas de
non acceptation , on devait se prévenir quatre heures avant de rompre l'armistice^.»
«Mais ie piince Murât, înstniil que les généraux russes, immédiatement après la signature de la convention , s'étaient mis en marche avec une portion de leur armée sui' Znaïm, et que tout indiquait que l'autre partie allait la suivre , leur a fait connaître que Tempereur n'avait pas ratifié la convention, et qu'en conséquence il allait attaquer. En effet le prince Murât a fait ses dispositions, a marché à l'ennemi et l'a attaqué le 2 5 brumaire an XIV (1 6 novemhre i8o5), à quatre iieuies après midi ; ce qui a donné lieu au combat de Guntersdorf , dans iequd'la partie de l'armée russe qui formait l'arrière-garde a été mise en déroute , a perdu douze pièces de canon, cent voitures de bagages, deux mille prisonniers et deux mille honmaes restés sur le champ de bataille. Le maréchal Lannes a fait attaquer fennemi de fi^nt; et tandis qu'il le faisait tourner par ia gauche par la brigade de grenadiers du général Dupas, ie maréchal Soult le faisait tourner par la droite par ia bi i^;ule du général Levasseur, de la division Legrand , composée du troisième et du dix-huitième régiment de ligne. Le général de division Walther a chargé les Russes avec une brigade de dragons, et a fait trois cents prisonniers.
<( La Jjrigade de grenadin 5 du général Laplanche Mortier s'est distinguée. Sans la nuit rien n eut échappé. On s est battu à l'arme blanche plusieurs fois. Des bataillons
' Prtcis des évinemenli miUtairet, par ie générai Mathieu Dumas, l. XIV» p. 47.
de grenadiers nuses ont montré de l'intrépidité ; le général Oudinot a été blessé; ses deux aides de camp, cheis d*escadron, Demangeot et fiamotte, Tont été à
ses cotés', n
DCCCCXXV.
BIVOUAC DE L'ARMÉE FRANÇAISE LA VEILLE AU SOIR DE LA BATAILLE D'AUSTERLIT2. — r DÉCEMBRE 1805.
Baqls» d'Alm. 1S09.
DCGCCXXVL
RiyOUAG DB L*ARMÉB FRANÇAISE LA VEILLE AD SOIR DE LA BATAILLE D*AUSTERLITZ. — 1* DÉCEMBRE 1805.
AiAei et Bmoaj (d*apvèi Emu» ft'Awi). — i8d6.
«Après Tafiaire de Guntersdorf le général Kutusow se retira pour opérer sa jonction avec la seconde armée
russe, et ii < t.iit viaisemblablo qu'elle s'effectuerait sous la place de l^hinn, en Moravie, où Ton savait c[ue i empereur Alexandre, venant de Berlin, devait rencontrer l'empereur d*Âutrîcfae.
« Après avoir veillé è la sûreté de Vienne, ^empereur transpoiia le quartier général h Pohrlitz, oi\ il apprit ^évacuation de la place de Ëninn et du fort de Spielbeig qui ia commande. L*empereur d'Autriche en était parti depuis deux jours avec toute sa cour, pour se retirer à CMmûtz. L'empereur Alexandre avait été l'y joindre, après avoir rencontré , à son passage à Brûnn , le général
' Vîogt-initme Bolletin de U pamle armée.
Kutnsow, prit alors Je commandement générai de l'armée combinée ^»
Le 30 novembre i8o5 Napoléon arriva à Brûnn i dix heures du matin.
Deux pIrnipotentiaiiTs autrichiens ne tartlèroiu pa?. h y arriver pour lui proposer mi armistice. Mais iempereur savait qu'on ne voulait que gagner du temps pour attendre l'arrivée de toutes les troupes russes. D luf fiillait une bataiite et non des négociations.
li se i ciidil le 29 novembre au l)ivouac, que depuis on appela la Batte de l empereur, w détermina sa ligne de bataille, coupant perpendiculairement la grande route d'CHmûtz, la droite au lac de Menitz, la gauche au pied de la masse de montagnes qui séparent le bassin de Scliwartza de celui do la Mardi , ayant devant eiJe et pour appui le Bosenitz-Berg, montagne détachée et escarpée, que Napoléon fit retrancher et armer d'une forte batterie. Cette montagne, qui ku rappelait une position d'ÉgN'pte Xo\\\v i»emblable, et sur la(|ut Ile il avait aussi lait élever des retranchements, s appelait le Santon, à cause d*un tombeau que les Turcs y avaient autrefois construit \ «
Le soir de la veille de la bataille , continue le trentième
r>ullrtin (le la grande armée, i< Napuieon voulut visiter i'i pied et incognito tous les bivouacs; mais à peine eut-il (ait quelques pas, qu'il fut reconnu. Il serait impossible
> Précis drs Mnrmcnit mUilaires . par le général Mathieu Damas , l. XIV, p S 5 ci 60.
' Ibid. p, 1 39.
de peindre l^enthousiasme des soldats en le voyant. Des fanaux de paille furent mis en un instant au haut de
milliers de perches, et quatre-vingt milie hommes se préseiilèrent au-devant de rciuix rcur en le saluant par des acclamations, les uns pour fêter ianniversaire de son couronnement, les autres disant que Tannée donnerait le lendemain son bouquet à Tempereur. Un des. plus \ ioux grenadiers s'approrlm do lui et lui dit : a Sire, tu « n'auras pas besoin de t exposer. Je te promets, au nom «des grenadiers de Tannée , que tu n*auras à combattre « que des yeux, et que nous t'amènerons demain les dra- « peaux et Tartillerîe de Tarmée russe pour célébrer Tanu niversaire de ton couronnement. »
DCCCCXXVIL
NAPOLÉON DONNANT LX>RDBE AYANT hh BATAILLE D'AUSTERLITZ. ^ i DÉCEMBRE 1805.
CàMIM VlUBT. — iSoS.
Le jour de la bataille, Tempereur était è chevid avant
le jour, entoure de tous ses généraux, Mumt, Bernadette, Souit, Lanncs, Davoust, Duroc et Bessières. Napoléon attendait, pour donner ses derniers ordres, que Thoriion fàt bien édairci. Aux premiers rayons dii jour, s*apercevant que Tarmée combinée quittait les hauteurs de Pratzen, il donna ordre au maréchal Soult de s'en emparer.