BATAILLE D'AUSTERLITZ. ~ 2 DECEMBRE
«tL*empereur Napoléon « qui était à peu de distance
sous Blasowitz, en a\aiit de sa réserve, impatiente de combattre, fut bientôt informé de cet événement. Il ordonna sur-le^amp au générai Rapp de se mettre à la tète de ses mameluks, de deux escadrons de chasseurs et d*un escadron de grenadiers de sa garde.
« Je fis mon mouvement dans un clin d'œil , dit le général Rapp dans ses Mémoires; je partis au galop , et à deux
' Trentième Bulletin de la grande «rmée.
2tt(> GALElilES HiSTOlilQUES
portées de canon j'aperçus le désordre de dos troupes; quelffues fuyards me confii uièieiU ce qui s'était passé, c'est-à-dire que ia cavalerie msse était au milieu de nos cansb, sabrant nos soldats. Nous aperçûmes derrière ce champ de carnage la réserve ennemie , composée de fortes masses dWanterie et de cavalerie , qui arrivait. Je mis mes troupes eu balaillo h mi portée de fiisil de l'ennemi . qui, de son coté, qnitta noire infanterie sabrée pour se ranger en bataille. Quatre pièces d'artillerie arrivèrent au galop et furent mises en batterie devant moi je chargeai de suite l'artillerie russe, qui fut eulevéc. La cavalerie de ia garde russe nous attendait de pied ferme : nous renfonçâmes , elle fut mise en déroute et se sauva en désordre, repassant, ainsi que nous , sur le corps de nos carrés enfoncés. Tous ceux qui n*étaient pas blessés se relevèrent et se rallièrent. Un escadron de grenadiers à cheval vint me renforcer pendant que les réiierves arrivaient au secours de la garde russe; je ralliai mes troupes au moment où les troupes se formaient de nouveau en bataille : j*exécutai une nouvelle charge , et nous enfonçâmes tout ce qui se tron\ a sur notre pass;>gp. Les Russes se battirent avec une valeur digne d admiration , mais ne purent résister au sang-froid et à l'intrépidité de nos soldats. Nous nous battîmes constamment corps à corps, rinfanterie russe n'osant tirer dans la mêlée: tout à coup la garde russe plia et alla cliercher un relnge dans son infanterie, qui avait déposé ses havresacs poui- mieux se battre. Nous enfonçâmes tout : le carnage devint terrible ; le brave colonel M oriand fut tué; le général Dallemagne ,
DU PALAIS DE YEKSAILLES. m
les officiers et les soldats se battirent avec une rare intrépidité'' ; je reçus un coup de pointe de sahie dans la tête , qui Ht tomber mon chapeau sui' le champ de bataille; mon cheval reçut cinq blessures. La délaite de la gai*de impériale foase eut lieu en présence de Tempereur Alexaadic ci de reniperonr d'Autriche, qui étaient sur une élévation à peu de distance du champ de cainage. Le prince Repnin, commandant les chevaliersgardes, fut fait prisonnier ^ n
« Le corps de Tennemi qui avait été cerné et déposté de toutes ses hauteurs se lionvait dans un basfond et acculé à un lac. L'empereui- s'y porta avec vingt pièces de canon. Ce corps fut chassé de position en position, et Ton vit un spectacle horrible, tel quon f avait vu à Aboukîr, vingt mi!le hommes se jetant dans l'eau et se noyant dans les lâcs.
(c Deux colonnes, chacune de quatre mille Husses, mettent bas les armes et se rendent prisonnières; tout le parc de Tennemi est pris. Les résultats de cet t < j u urnée sont quarante di apeaux russes , parmi lesquels sont les étendards de la garde impériale ; un nombre considérable de prisonniers ; Tétat-major ne les cornet pas encore tous; on avait déjîli la note de vingt mille; douze ou quinze généraux, au moins quinze mille Russes tués, restés sur le champ de bataille. Quoiqu'on n'ait pas encore les rapports, on peut, au premier coup d'œil, évaluer notre perte à huit cents hommes tués et quinze k seize cents blessés. Gela n*étonnera pas les militaires qui
* Mèmoirts du tjéneral Happ , t. IV, ji. 193-1^5.
savent que ce n'est que dans la déroute qu'on perd des hommes, et nul autre corps que le bataillon du quatrième ii*a été lompu. Parmi les blessés sont les généraux de division Kellermann et Walther; les généraux de brigade Valbubcrt, Thiébaut, Sébastian!, Compans et Happ, aide de camp de l'empereur; lê général Saint- Hilaire, qui, blessé au commencement de l'action, est resté toute la journée sur le champ de bataille : il s'est couvert de gloire ^ »
DCCCCXXXI.
MOAT DU GÉNÉRAL VALUUBERT. — 2 DÉCEMBRE 1805.
i. p. p. PiiM«. — iSos.
DCCCCXXXII.
MOBT DU GÉNÉRAL VALHUBERT.— S DÉOBMBRE 1805.
AiAv» d Bnsm (d'aprètPiTMa)» — i8S6.
DCCCCXXXIII.