ASSEUBLJ^E DO PARLEMENT DE BOURGOGNE PRESIDEE PAR CE PRINCE
Le duc de Bourgogne est au centre de la salle des séances, assis sur un trône qui est surmonté d'un dais. Son nom est écrit au-dessus de sa tête , Carolas, dax Bargundiœ. Gharies est en habit de guerre, il a par-dessus sa cuirasse un long manteau garni d'hermine, et porte une couronne fermée par le haut; il tient un rouleau dans sa main gauche. On monte au trône par trois marches; sur la seconde de ces marches est assis un seigneur, la tête découverte, ayant une épée dans la main droite. Ce personnage, dont le nom n'est pas indiqué , est dans la position où se tenaient ordinairement les connétables devant les rois de France assis sur leur trône.
Mont£aiucon observe à ce sujet que les ducs de Bourgogne de la dernière race , quoique plus puissants que
' Montfiiucon , dans ses Monuments de la monarchie française , parle de ce tableau : ■ La planche suivante, dit>il , est fort curieuse; elle montre un parlement tenu par Charles, duc de Bourgogne, tiré d*un tableau original et fait dans le temps même, qui appartenait autrefois à M. de Gagniëres, et qui est présentement au cabinet de M. le maréchal duc d*Estrées, de la même grandeur quon le voit ici. t (Tome III, p. 348.)
ceux de la première, navaient point de connétable; mais il regarde comme probable que ce personnage était le maréchal de Bom^ogne ou le grand écuyer. Aji bas des degrés se trouvent les massiers debout, portant leiurs masses sur Tépaule. Les procureiu^s généraux sont assis sur une banquette à dossier. Les secrétaires sont découverts et debout; leur banc n a pas de dossier.
« Le côté qui parait le plus honorable , dit Mohtfaucon , se trouve à la gauche du duc : peut-être a-t-on voidu le mettre à la droite des spectateurs, ce qui nest pas sans exemple. A côté du trône du duc on voit d'abord cette inscription : Chancelier chef da conseil. Ce chancelier est nommé là même G. Hugonet, qui fut fait chancelier lan 1&71, et fut décapité par les Gantois l'an 1/176 selon le vieux style, et 1&77 selon le nouveau , peu de temps après la mort du duc Charles.
tt Sur la tête des trois suivants on lit ce mot : Présh dents. Ces présidents, au nombre de trois, sont F. D. Clunigny, I. Carondelet : il se trouve un Jean Carondelet, conseiller de Philippe le Bon, duc de Boui^ogne. Le troisième est J. Bouverie : ce dernier était avocat fiscal, comme marque l'inscription mise sur son habit à la flamande, advocaet viscaeL Ces quatre premiers et tous les suivants sont en longue robe avec un bonnet de même forme.
«L'inscription porte ensuite quatre ch'nsaliers. Ces quatre chevaliers ont tous la Toison d'Or. Le premier est le sieur d'Aucy; le second, le sieur d'Hubercourt : ce poiu*rait bien être ce seigneur d'Hymbercourt que les
Gantois firent décapiter en même temps que le chancelier Hugonet; il est toujours appelé Hambercourt dans le recueil des officiers des ducs de Bourgogne , imprimé depuis peu; le troisième est le sieur de Lalaing : plusieurs de la maison de Lalaing ont été au service des ducs de Bourgogne; le quatrième est M. A. de Meotte.
(( L'inscription des suivants est, huit conseillers d'église. Leurs noms sont, i . A. de Poitiers : plusieurs de ce nom ont été conseillers des ducs de Bourgogne; a. E. de Brimeu : ceux de Brimeu se trouvent aussi quelquefois parmi leurs officiers; 3. J. Vincent rentre les officiers de Philippe le Bon il y a un Jean Vincent, conseiller et maître des requêtes; k. A. Geraret; 5. P. de Lalaing; 6. J. RoUin : on en trouve plusieiu^ de ce nom parmi ces mêmes officiers; 7. Jean Vuri; S. R. de la Chapelle.
« De fautre côté du trône et à la droite sont placés les maîtres des requêtes au nombre de six, et les conseillers laïques au nombre de douze. Leurs noms sont écrits dans le tableau au-dessus de leur tête, savoir : les six maîtres des requêtes : 1 . G. de Glimigny; a. Ar. de Bourbon*; 3. J. Jacquelin;.&. G. Rochefort; 5. L. de Potos;
6. T. de Pleine. Viennent après les douze conseillers, qui sont : 1 . Jean de Jali; a. G. D. Clunigny ; 3. H. d*Ameronge; &. R. de Bera; 5. L. de Bois; 6. H. de Lignara;
7. P. Wiriant; 8. H. de La Ferté; 9. P. D. Clervaux; 10. F. Reucens; 1 1. J. Lion; 12. P. D. Georges.
* « Il D^est pas, observe Monifaucon , de la maison royale de Bourbon , ni même bàtardt, mais un autre Bourbon. »
(( Dans le parquet, ajoute Montfaucon , il y a, sous le chancelier, trois greffiers qui écrivent sur une table. Leur emploi est marqué sur le devant de la table , greffiers. L*un est nommé N. D. Ruter; celui du milieu, N. D. Habout; le troisième, J. D. Longeville.
uDans le même parquet, sous les conseillers ecclésiastiques, sont les procureurs généraux^ au nomJbre de quatre : i. J. Caudet; a. J. Dauffray; 3. Thomas de ia Pappoire ; 4. R. Duret
((De l'autre côté, sous les maîtres des requêtes, sont quatre secrétaires debout : ils ne sont debout que parce qu^ils parlent, ce quon connaît à leurs gestes. Il y a auprès d*eux un banc couvert de quatre carreaux, pour s y asseoir quand ils auront fini, ou quand on le leur ordonnera» Leurs noms sont : i. G. Batault; a. D. Poulaert; 3. P. D. Poulin; 4. L. Coulin.
((Au banc le plus reculé sont assis les bas officiers, Tun desquels est nommé dans Tinscription J. Lemeat, receveur des exploits. De ces bas officiers quelques-uns sont assis et ont la face tournée vers le duc et les autres juges; d autres leur tournent le dos, et parlent à des gens qui sont hors du parquet, et qui viennent pour faire juger leurs causes. Deux de ceux-ci consultent ensemble, et Tun tient un papier où est contenue laSaire en question. Un autre parle à un de ceux de dedans au sujet de sa cause, 'qui doit être rapportée. Une fenuue couverte d'un voile noir, qui se termine en une longue pointe , parle à un de ces officiers qui tient une vei^e. Un autre officier, qui est dans le parquet, écrit actuelle*
ment ce que lui dit un homme qui vient faire juger sa cause. Â f extrémité on voit un huissier à verge assis, qui tient un papier. L*inscription nous apprend son nom et son office : Huissier, Robert de Hesdin. n
L auteur termine la description du tableau en disant : c( Il parait certain que ce parlement est assemblé pour juger les affaires de particuliers. On ne sait en quelle ville. L*année n*y est pas marquée ; mais, comme ce parlement s est tenu depuis que Hugonet eut été élevé à la charge de chancelier, ce qui arriva Tan 1 67 1 , il se sera assemblé depuis ce temps-là jusque vers le milieu de 1 ÂyS, où Charles s engagea dans des guerres qui f occupèrent toujours depuis, et où il périt si malheureusement, au conunencement de Tan 1À77. »