‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 3)Chapitre 141 sur 224 · ANNE DE BRETAGNE · texte numérisé non relu

ANNE DE BRETAGNE

REINE DE FRANCE

(N* 1871.) Répétition du iableu précéaent.

Anne était âgée de quatorze ans lorsque la mort de son père la rendit, en i &90, héritière du duché de Bretagne. C'était le seul des grands fiefs qui n*eût point encore été réuni à la couronne : le peuple, les barons, la souveraine, tout y tenait à conserver cette indépendance, et la main d'Anne de Bretagne- dut être recherchée par les ennemis de la France, jaloux d'avoir une porte dans le royaume, et d'y entretenir l'esprit remuant de l'an-" cienne féodalité. Ce fut un des triomphes de l'habile politique de la dame de Beaujeu, de faire échouer toutes les prétentions opposées à celles de son jeune frère Charles VIII , et de lui donner Anne en mariage (1/191). Cette princesse, toujours Bretonne au fond du cœur, stipula soigneusement l'indépendance de son duché dans les clauses du traité par lequel elle fut unie au roi' de France. Cette union fut de peu de durée, et, à la mort de Charles VIII , Anne laissa les honneurs dus à la reine douairière de France pour aller reprendre le gouvernement de ses fidèles sujets de Bretagne. Mais Loids XII ne voulut point laisser échapper ce grand fief  Aétni incorporé à la monarchie, et un tendre sentiment pour Anne de Bretagne, dont auparavant il avait brigué la main , se joignit aux motifs de la politique pour le déci-

der à rompre son mariage avec la fille de Louis XI. Anne fat ainsi com'onnée nne seconde fois reine de France, le 8 janvier 1&99. Elle porta sur le trône des qualités qui la firent chérir et respecter. Son goût éclairé pour les arts, auquel les historiens contemporains ont rendu hommage, nous est encore attesté aujourd'hui par son livre d'heures, chef-d'œuvre de la miniature au moyen âge, et par le magnifique tombeau quelle fit élever dans la cathédrale de Nantes à son père, François II. Elle mourut le 9 janvier 1 5 1 4 au château de Blois, âgée de trente-huit ans.

LOUISE DE SAVOIE

OnCRKSSR D'AUGOITLàllB ,

FILLE DE PHILIPPE, DUC DE SAVOIE, ET DE MARGUERITE DR ' BOnnBON, SA PREMIÈRE FEMME.

(N* 1873.) Smith, <f après on portrait delà ooUec-

tiofi dn château de Beaoregard.

Née en septembre 1 476. — Mariée à Paris, le 1 6 février 1487, à Charles d'Orléans, comte d'Angoulême, fils de Jean d'Orléans, comte d'Angouléme, et de Mai^ guérite; de Rohan. — Morte le 2 a septembre 1 53 1 .

LOUISE DE SAVOIE

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LOUISE DE SAVOIE

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( N* 1 874. ) MiissomiR , d* «prêt on taUean de Tu-

cienne odlection Montpenner, au cfaAte«id*£a. — i8&o.

Louise de Savoie, veuve à dix-huit ans, se retira au château de Cognac pour y élever son fils, qui devait régner sous le nom de François I", et sa fille Marguerite, plus tard duchesse d'Alençon et reine de Navarre. Louis Xn la fit sortir de sa retraite et t'appela à la cour, où sa beauté jeta un éclat qui excita, dit-on, la jalousie d*Anne de Bretagne. François I", à peine monté sur le trône, donna à sa mère une marque de cette confiance sans réserve qui devait être si fatale à la France et à luimême : il la nomma régente du royaume , à l'exclusion de Claude de France, sa femme, pendant qull allait au delà des monts faire la conquête du Milanais. Louise de Savoie ne se dessaisit plus de f autorité dont elle avait été investie, et elle n*usa de lascendant sans limites quelle exerçait sur son fils que pour satisfaire ses passions égoïstes et violentes. Ce fut elle qui, en i5a2, causa la perte du Milanais en s appropriant les sommes destinées à l'armée chargée de défendre cette province; ce fiit elle qui, par un mélange odieux de jalousie et d'avarice, jura la ruine du connétable de Boiu^bon, et le poussa entre les bras des ennemis de la France ( i52&). La captivité de François I" après la bataille de Pavie donna

lieu à Louise de Savoie de se faire voir sous un jour plus favorable (i5d5): elle prit avec promptitude et énergie toutes les mesures nécessaires au salut du royaume, travailla heureusement à détacher Henri VIII de Talliance de l'empereur , et, pour obtenir la liberté du roi prisonnier, aima mieux envoyer ses deux petits-fils en otages que les habiles capitaines demandés par Charles-Quint afin de trouver la France désarmée contre ses attaques (i 526). Elle fut, trois ans après, la négociatrice du traité de Cambrai, par lequel François l*', en sacrifiant tous ses alliés, rendit la paix à la France. Louise de Savoie mourut en 1 53 1 à Grez, viiiage du Gâtinais, en fuyant la peste, qui ravageait les environs de Fontainebleau. Elle était âgée de cinquante-<;inq,ans.

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