LA TRÉMOILLE (LOUIS
DBVxtàm Dit Bov, ttas db).
(N* 1884.) Ancien tableau.
Le sire de la Trémoille reçut de ses contemporains le nom de chevalier sans reproche; il réunit, en effet, aux vertus guerrières le caractère le plus noble et le plus désintéressé. Il avait été page de Louis XI, et reconnut
les bienfaits de ce prince par la fidélité inaltérable avec laquelle il servit la régente Anne de Beaujeu. Il cornmandait les troupes royales à la bataille de Saint-Aubin du Cormier (1&88), et ce fut lui qui fit prisonnier le duc d*Orléans. Ce fot lui aussi qui, en mettant le siège devant Rennes, fit tomber tous les obstacles qui empê* chaient le mariage d*Anne de Bretagne avec Charles VIII (1&91). Dans cette longue suite de gueires dontTItalie fut le théâtre pendant plus de trente années consécutives (i&94-i5a5), le sire de laTrémoille, parmi les^ fortunes les plus diverses, ne cessa d ajouter à sa gloire. Il accompagna Charles VIII à Naples, et lorsqu'au retour il fallut que les Suisses traînassent la pesante artillerie de Tannée à travers les goi^es de TApennin , il eut Thonneur de diriger cette difficile opération. La victoire de Fomoue fut en grande partie son ouvrage. A f avènement de Louis XII, la Trémoille eût pu craindre une disgrâce, mais ce fut à lui que furent adressées ces nobles paroles, u Le roi de France ne venge pas les injures du duc d'Orléans; )) et il fut confirmé dans toutes ses chargés et tous ses honneurs. On le voit, en 1 5oo, mis à la tête de l'armée qui reconquit le Milanais, et, pour récompense de sa belle conduite, investi du gouvernement de la Bourgogne et de l'office d'amiral de Bretagne et de Guyenne. Choisi en i5o3 pour aller réparer dans le royaume de Naples les revers essuyés par les Français, il fut retenu inutilement à Rome pour y soutenir par sa présence les prétentions du cardinal d'Amboise à la tiare, et lorsqu'il voulut agir, en fut empêché par la maladie. Il fut un des
capitaines qui donnèrent à Louis XII le succès de la bataille d*Agnadel ( i Spg) , et qui le servirent ensuite dans la guerre malheureuse que la politique ennemie de Jules II lui suscita contre presque toute fEurope. Les Suisses surprirent laTrëmoille à Novare et le vainquirent ( 1 5 1 3 ), mais cette année même il lui fut donné de réparer glorieusement ce revers en délivrant la fix>ntière orientale duroyaume delaredoutable invasion de ces montagnards. L'ascendant de son nom et ses habiles négociations firent alors pour la France ce que peut-être une armée n*eùt pu faire. Deux ans après, la Trémoille, qui n avait guère vu moins de batailles que le vieux maréchal de Trivulce» se trouvait conune lui à la journée de Marignan , et dans ce combat de géants, son fils tombait mort à ses côtés. Ce vaillant homme acheva de payer sa dette envers la France dans la guerre qui éclata entre François I*' et Charies- Quint devenu empereur. Il fut chargé, en i Sa a , de défendre la Picardie, et sa ferme attitude ne permit point aux impériaux d'entamer cette province. Le* roi Tappela ensuite près de lui au delà des Alpes, et ce fut malgré ses conseils qu'il livra la funeste bataille de Pavie {^k février 1 52 5). Dès le commencement de faction , le sire de la Trémoille fut atteint d'une balle au cœur, et il ne vit pas le roi de France rendre son épée à l'ennemi. Digne fin d'une si noble vie ! Il avait vécu soixante-cinq ans.