BERNARD (SAINT
ràU BT DOCTBVB OB viCLtÊM , PBBHIBB ABBé BB CiaiBTAOX.
(N* 1704. ) Lio« Di UfTAie, d*«près Andréa
Saochi.
Mort en 1 153.
Saint Bernard est un des hommes à qui a appartenu le rôle le plus important dans Thistoire du moyen âge. Il pouvait prétendre , par sa naissance et par son éducation , à tous les honneurs du siècle, mais un penchant irrésistible fentraina dès son jeune ftge vers la vie monastique» et il entra à vingt- trois ans dans la célèbre abbaye de Gtteaux. Son rigoureux ascétisme ne tarda pas à en trouver la discipline trop relâchée, et il alla, dans fâpre solitude de Clairvaux (1 1 15), préluder à la réforme générale des ordres religieux en Occident, qui fut une des ceuvres les plus laborieuses et Tune des plus belles gloires de sa vie. Enseveli dans cette profonde
retraite, son savoir et ses vertus ne s*en répandirent pas moins au dehors et ie rendirent bientôt la lumière de rÉ^e. Â cette époque, où la science théologique tenait une si grande place dans le monde, on s'adressait à lui de tous les points de la chrétienté pour qu*il fût l'arbitre des controverses, et l'on vit plusieurs fois les papes et les rois abaisser devant lui leur majesté pour invoquer l'aide de sa sagesise et de son éloquence surnaturelles. On peut dire que, du fond de sa cellule, il exerçait en Europe le souverain empire de l'opinion. Ce fut à lui que Hugues de Payens demanda, en 1 1 28, la règle de l'ordre du Temple. Ce fut lui qui, en 1 1 3o, décida entre les deux pontifes qui se disputaient la tiare, et fit triompher les droits dlnnocent II. Ce fut lui enfin qui servit d'organe à la catholicité, au concile de Sens, pour faire condamner les erreurs de Pierre Abailard, ce prince de l'école au xn* siècle. Nous avons dit ailleurs comment saint Bernard prêcha à Vezelay, en 1 1 46 , la seconde croisade, à la prière du papie Eugène m, son ancien disciple, et comment il entraîna successivement le roi de France Louis VU et l'empereur Conrad dans cette pieuse entreprise. Il mourut usé d'austérités, et fîit canonisé , vingt ans après sa mort , avec la plus grande pompe, par le pape Alexandre III. Vers la fin du siècle dernier, Pie VI l'a reconnu solennellement père et docteur de l'Église.