‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 3)Chapitre 221 sur 224 · DEUXIÈME FILS DE BAJAZET II · texte numérisé non relu

DEUXIÈME FILS DE BAJAZET II

Né en 1 467. — Mort le a a septembre i 5îo.

Sélim I*', monté sur le trône par Tabdication forcée de son père, s y affermit par la mort de ses deux û*ères Ahmed et Korkud. Son règne de huit années fut rempli des guerres quil fit au schah de Perse et au sultan d*£gypte. Il remporta sur le premier quelques avantages, et lui enleva plusieurs de ses places ( 1 5 1 4- 1 5 1 6 ) ; mais ses coups contre TÉgypte furent plus décisifs et plus terribles. Il gagna trois grandes batailles, l'une près d*Alep ( 2 k août 1 5 1 6 ), les deux autres sous les murs du Caire (iSiy); ajouta à la mort des deux princes quil avait dépossédés celle de trente mille mamelouks, quil fil im-

pitoyablement égorger sur les bords du Nil, et réunit ainsi TÉgypte à lempire ottoman. Dans Tessor de ses desseins ambitieux , il voulait conquérir la Perse tout entière, et de là reprendre contre la chrétienté les agressions des sultans ses prédécesseurs; mais la mort le frappa auprès d*Andrinople, dans Tendroit même où il avait livré bataille à son père. Il était âgé de cinquantetrois ans.

SOUMAN I*',

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SULTAN DES TURCS OTTOMANS

FILS UNIQUE DE SBIJM l".

Né en i ^90. — Mort le 1 k septembre 1 566.

Soliman ferme glorieusement la liste de ces premiers sultans qui donnèrent à Tempire turc toute sa grandeur. Elle atteignit avec lui son apogée , et ne fit plus dès lors que décroître. Dès la première année de son règne , Soliman avait enlevé Belgrade et d'autres places aux Hongrois ( 1 52 1 ); en 1 5a!i , plus heureux que Mahomet II, il avait pris Tile de Rhodes sur les chevaliers de Saint- Jean ; en 1 5^6 ^ il avait gagné la célèbre bataille de Mohacz, était entré dans Bude et avait établi sur le trône de Hongrie Jean Zapolski, son vassal et son tributaire;

enfin en iSïig, à la tête de cent vingt mille hommes, il s avança jusque sous les murs de Vienne. Là s'arrêta sa fortune : celle de l'empire ottoman devait s*y arrêter toujours. Pendant qu'il menaçait ainsi par terre les états de Charles-Quint, il ne Tinquiétait pas moins avec sa piiissanté marine, et ce n'était pas trop du génie d'André Doria et de l'assistance de Venise pour tenir tête aux flottes ottomanes commandées par Kheîr-Ed-Din Barberousse. Ce célèbre pirate rangea successivement Alger et Tunis sous la suzeraineté de Soliman, en même temps que les Vénitiens étaient forcés d'abandonner aux Turcs leurs dernières possessions dans la Morée et dans l'Archipel. Cependant l'empire ottoman ne s'agrandissait guère moins sur les musulmans que sur les chrétiens eux-mêmes : de 1 5a3 à 1 55o Soliman dirigea contre la Perse plusieurs expéditions dans lesquelles il lui enleva Van , Tauris , Bagdad , le Chirvan et la Géorgie. La longue suite de ses prospérités ne fut guère interrompue que par l'échec qu'il essuya devant Malte en i565 : tout l'effort de sa puissance vint échouer contre l'héroïque résolution de Jean de la Valette et de ses chevaliers. Soliman commença dans l'année i566 sa treizième campagne contre la Hongrie ; il avait dans les années précédentes incorporé la plus grande partie de ce royaume à son vaste empire : il ne lui fut pas donné d'en achever la conquête. Il mourut sous les murs de la petite ville de Szigeth, à l'âge de soixante et seize ans. Soliman fut le premier des sultans qui introduisit l'empire turc dans la politique européenne. Il conclut des traités d'al-

liance avec François I*', Charies-Quint, la Pologne et la république de Venise. Les historiens turcs admirent enlui le législateur aussi bien que le conquérant, et célèbrent sa justice et son savoir autant que sa bravoure.

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