‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 3)Chapitre 65 sur 224 · DUC D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

DUC D'ORLÉANS

Louis de France porta d*abord le titre de comte de Valois, et, malgré son jeune âge, il suivit ChariesVIàla bataille de Rosebecque, en 1 38^ . Dix ans après, le ducbé d'Orléans lui fot donné en apanage , et ce fut à cette même époque que la démence de son infortuné firère fit naître en lui Tambition de di^uter à ses oncles le gouvernement du royaume. M^is les folles dissipations de sa vie et le scandale de ses amours avec la reine Isabeau de Bavière ternirent aux yeux de tous Téclat dé ses n(Ales qualités. Il trouva un rival babile et puissant dans le duc de Boui^ogne, Philippe le Hardi , aussi soigneux de ménager dans Paris sa popularité, que le duc d'Oriéans était dédaigneux de Topinion soulevée contre lui. Cependant, aj^uyé du crédit de la reine, ce prince se saisit, en 1 4oa, de la surintendance des finances, la plus importante partie de lautorité publique, parce qu'elle livrait à sa merci le trésor de TEtat. La mort de Philippe ie Hardi mit en présence du duc d'Orléans un

autre duc de Boui^ogne moins prudent et moins modéré que son père , et ne sachant jamais pardonner une injure. Jean-sans-Peur' avait plus d'im grief contre son cousin. Il lui reprochait de n'avoir pas respecté la duchesse de Boui^ogne dans ses présomptueuses galanteries; il était humilié d*un récent échec qu*il avait éprouvé devant Calais ( i âo6), faute de l'argent nécessaire au siège : il jura la perte de son rival. L'inimitié des deux princes menaçait de tels maux la France et la maison royaie , qu'un grand effort fut fait pour les réconcilier. Ils communièrent ensemble, et le duc de Berry, leur oncle, les ayant réunis à sa table, reçut d'eux le serment de s'aimer désormais en frères. Tout porte a croire que le duc d'Orléans fut sincère dans cette réconciliation : au milieu même des plus grands désordres de sa vie, il avait gardé une foi vive, une dévotion tendre, et depuis quelque temps il semblait avoir embrassé la sérieuse résolution de renoncer à ses trop longs égarements. Mais Jean-sans-Peur n'était pas fait pour comprendre cette expansion d'une âme loyale et confiante : il y avait quatre mois qu'il préparait la mort de son ennemi, et il acheva son crime. On sait la tragique histoire de l'assassinat de la rue Barbette (a3 novembre i Â07). Le duc d'Orléans était âgé de trentè-six ans; il avait hérité du roi Charles V, son père, le goût du savoir et la délicate intelligence des arts. La célèbre Christine de Pisan et d'autres doctes personnages de cette époque furent honorés de sa protection et de ses bienfaits.

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