‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 3)Chapitre 81 sur 224 · ROI DE SICILE · texte numérisé non relu

ROI DE SICILE

•oc D'AWOV,

SECOND FILS DE LOUIS II, ROI DE SICILE, DUC D*ANJ0U, ET DB YOLANDE D*ARAGON, SA PREMIERE FEMME.

(N* 1795.) Gras'. — i84a.

Né au château d'Angers, le 16 janvier 1&08. — Ma-

' L^ori^nal de ce tableau se trouve dans la cathédrale d*Àix, en Provence, et il paase pour être louvrage du roi René lui-même. Ce prince

rié : i"" le ad octobre 1&20, à Isabelle de Lorraine, fille aînée et héritière de Charles, premier du nom, duc de Lorraine, et de Marguerite de Bavière; a"" dans réglise de Saint-Nicolas, près d*Ângers, le 10 septembre 1&5Â , à Jeanne de Laval, fille de Guy, treizième du nom, comte de Laval, et disabelle de Bretagne. — Mort le 1 8 juillet 1 480.

René était petit-fils de Louis, duc d*Anjou, fi^ère du roi Charles V, qui, adopté par }a reine Jeanne, alla dissiper les trésors de la France et perdre la y^e dm^ un inutile essai de conquête sur le royaume de Naples. I^né ne semblait pas appelé à recueillir rbéritage des destinées périlleuses de la maison d* Anjou. Il avait reçu en nabsant le titre de comte de Guise, et son oncle, le cardinal, duc de Bar, qui le chérissait tendrement et voulait le faire son héritier, crut lui assurer la plps haute fortune à laquelle il pût prétendre en lui faisant épouser Isabelle, fille du duc de Lorraine (1/120). Mais les droits que René tenait de sa femme lui fiurent contestés par Antoine, comte de Vaudémoiit, et, vaincu à la bataille de Bulgneville, Je 2 juillet i43i , il tomba prisonnier entre les mains de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, allié de son rival. Sa captivité dura cinq ans : lorsqu*il sortit de prison, la mort de son fi'ère aine Louis avait réuni sur sa tète la couronne des Deux-Siciles , les comtés

y est représenté en habit de chanoine. On sait que c'était alors un usage asset fréquent parmi les princes et les plus grands seigneurs de se faire recevoir chanoines des églises métropolitaines.

de Provence etdTAnjou aux duchëfl de Lorraine et de Bar dont il était déjà possesseur. Il s empressa de se rendre à Napies (i 438), où ses droits furent reconnus. Mais son compétiteur, Alphonse d'Aragon, ne tarda pas à les lui dispu]ter les armes à la main, et, maître de Napies par une trahison, força René à fuir devant lui (i 44a). René, qui joignait aux vertus chevaleresques le goût délicat des plaisirs de Imtelligence , ne songea plus guère dès lors qu'à maintenir la paix autour de lui^ pour en assurer les bienfaits à ses peuples d*Anjou et de Provence. Il maria, en 1 445 , sa seconde fille, Mai^erite, au roi d'Angleterre Henri VI, donna Yolande, f aînée, à Ferry de Vaudémont, pour, terminer sa <{uerelle avec cette famille, et en 1 453, il donna le duché de Lorraine à son fils Jean d*Anjou, duc de Calabre. Ce fut alors qu'ayant épousé Jeanne de Laval, il conduisit cette princesse avec lui dans ses comtés d'Anjou et de Provence , semblant ne vouloir partager désormais sa vie qu'entre la paisible administration de ses domaines et le culte des lettres et des arts qui lui était si cher. Mais le gouvernement dur et inquiet de Louis XI ne le laissa pas jouir tranquillement des loisirs de la paix qu'il croyait s'être assurés , et les dernières années de sa vie furent remplies de trouble et d'amertume. Il vit son 6is le duc de Calabre éthouBT dans ses projets sur Napies, comme il avait fait lui-même, et aller mourir dans la fleur de l'âge à Barcelone (1470). Il vit à la même époque commencer en Angleterre les grandes infortunes de son héroïque fille Marguerite, et ce fut là le temps même que choisit

Louis XI pour lui ravir le comté d'Anjou. D reçut ce dernier coup avec une admirable tranquillité d'âme, et n'interrompit pas le travail commencé d'une belle perdrix grïse qu'il était occupé à peindre ( 1 4 7 1 ) . Le bon roi René alla dès lors établir sa cour à Aix en Provence. Louis XI l'y poursuivit encore de sa haine tracassière, et le cita comme criminel de lèse-majesté devant le parlement de Paris (i^y^). Cette citation toutefois demeura sans effet; le roi de France s'était assuré que l'héritage de la maison d'Anjou ne lui échapperait pas , et il permit à ce prince vénérable d'achever sa vie au milieu des soins bienfaisants et des nobles études qui la remplissaient. René d'Anjou mourut à Aix dans la soixante et douzième année de son âge, laissant en Provence une mémoire chàrie et à jamais populaire.

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