‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 3)Chapitre 96 sur 224 · NM · texte numérisé non relu

NM

Né en i4x)3. — Mort le 9 février làSi.

Amurath, dès le début de son r^ne, eut à défendre son pouvoir contre deux compétiteurs qui lui fiirent suscités dans sa famille. Mustapha, son oncle, secondé par les Grecs, lui avait enlevé toutes ses possessions

européennes ; mais ce prince , refusant de rendre à f empereur Démétrius Lascaris les places qu'il iui avait promises, resta abandonné par lui à la vengeance d*Amurath, qui fut prompte et terrible. Un second Mustapha, firère du sultan, se fit un moment proclamer à Nicée; mais son usurpation Ait courte, et Amurath, vainqueiur, le fit égorger sous ses yeux avec ses autres frères. Amunàï put alors tourner ses armes contre les chrétiens : il enlève en 1&39 Thessalonique aux Vénitiens, s empare en 1&35 de Semendria, capitale de la Servie, et va mettre le si^e devant Belgrade, où TefTort de ses armes est arrêté par le héros hongrois Jean Huniade. U accorde une trêve aux chrétiens; maisLadislas, roi de Hongrie, la rompt la même année, et la sanglante bataille de Varna punit sa déloyauté. Amurath fait élever avec les dépouilles de lennemi un fastueux monument de sa victoire , et , par une inconcevable résolution , quitte le trône pour le laisser à son fils Mahomet II , âgé seulement de quinze ans. Ce ne fut alors que désordre et confusion, et Amurath fiit forcé de renoncer à sa retraite voluptueuse et d'arracher à son fils l'autorité dont il l'avait investi. Il trouva chez les peuples de l'Albanie une résbtance à laquelle il n'avait point été jusqu'alors accoutumé. Deux fois (en i Uày et 1 &&8) il vint assiéger Groye , leur capitale , et deux fois le célèbre Georges Ga»triot, plus connu sous le nom de Scanderbeg, fit reculer l'étendard de l'islamisme. Amlutith mourut en i&5i, dans la quarante-neuvième année de son âge.

MAHOMET II, SULTAN DES TURCS OTTOMANS

PILS D*A11URATH II.

Né à Andrinople, en 1 629. — Mort ie 3 juillet 1 &8 1 .

Le nom de Mahomçt II est un de ceux qui retentirent avec ie plus d*ëclat dans le xv* siècle. Ce prince monta en i&5i sur le trône des Osmanlis, et en i&53 il avait établi ce trône dans Byzance, sur les ruines de celui des anciens empereurs d'Orient. Le génie 4e Mahomet II se déploya tout entier au siège de Constantînopie, avec sa persévérance et son audace, avec l'inépuisable fécondité de ses ressources, et sa firoide et impitoyable barbarie. L'Europe s'émut profondément du grand coup qui venait d'être porté au christianisme; mais elle ne fit rien pour le venger, et le conquérant de Stamboul poursuivit librement le cours de ses orgueilleuses prospérités. On a calculé qu'il enleva k la chrétienté plus de deux cents villes. Maître de la Thrace et de la Macédoine (i/i56), il s'abat sur la Morée, qu'il rend tributaire (i/i58), détruit à Trébizonde un autre empire grec qui subsistait sous les Comnènes (t&6i), et se retourne vers l'Albanie et la Servie pour vengeries affronts de son père et les siens contre Jean Huniade et Scanderbeg. Les deux héros de la chrétienté arrêtèrent

un moment sa fortnne; le vieil Huniade défendit Belgrade avec succès (i &56), et Scanderbeg fit sentir aux Tmts le poids de son invincible cimeterre; mais la mort ne tarda pas i délivrer ie sultan de ces deux redoutables adversaires. Mahomet II, qui a juré d'exterminer ie nom chrétien, enlève aux Vénitiens la grande tle de Négrepont, et y souille sa victoire par la perfidie et la cruauté; il attaque ensuite les Génois dans leurs établissements de la Crimée, et leiu* prend l'importante ville de Kuffah, inonde la même année les plaines de la Moldavie de ses hordes victorieuses, et impose en 1&78 à la république de Venise, un traité par lequel Croye et Scodra, les deux boulevards de TAlbanie, sont mis entre ses mains. En même temps qu'il faisait à la chrétienté cette guerre formidable, Mahomet II s'agrandissait aussi sur les musulmans; il s'était emparé de la Garamanie en 1 &6& , et ce fut en vain que le conquérant de la Perse, Uszum Gassan, essaya de lui ravir cette province. La dernière des grandes expéditions de son règne fut celle qu'il dirigea contre l'île de Rhodes, défendue par l'intrépide milice des chevaliers de Saint-Jean. Nous avons dit ailleurs comment une Hotte de cent soixante vaisseaux et une armée de cent mille hommes sous les ordres du renégat Mischa Paléologue vint assiéger la ville de Rhodes en 1 /i 80, et comment ce prodigieux armement échoua devant l'habile et courageuse défense du grand maître, Pierre d'Aubusson. Mahomet II, frémissant de rage, jura de se venger de cet affront sur la capitale même de la catholicité , et de faire manger l'avoine à ses

chevaux sur lautel de saint Pierre. La prise d*Otrante par une armée turque semblait le prélude de cette terrible vengeance (a i août 1 488 ), mais la mort empêcha Mahomet n de f accomplir, et il finit ses jours dans une petite bourgade de la Bithynie, nétant âgé que de cinquante-deux ans.

LOUIS XI, ROI DE FRANCE

(N* 1257, p. SA du tonio VII.) Clauos THi?B(iiii, d*après un portrait

da tempe.

Mort en i/i83.

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