‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 35 sur 155 · BATAILLE SOUS LES MURS D'ANTIOCHE · texte numérisé non relu

BATAILLE SOUS LES MURS D'ANTIOCHE

G ALLAIT. — iSSg.

Cependant les croisés, trois jours après la prise d'Antioche, y furent assiégés à leur tour. L'armée de Kerbdgah était arrivée, et elle couvrait toutes les hauteurs qui dominaient la ville, en même temps que les rives de rOronte. La famine fut afifreuse parmi les chrétiens : la désertion et la mort réduisirent leur puissante armée à nêtre plus qu'une faible image d'elle-même; et Rerbogah se croyait vainqueur, au moment d'achever par le glaive ce reste misérable d'hommes exténués, de fantômes, comme il les appelait dans son orgueilleux langage. Un miracle d'enthousiasme vint tout changer : on publia dans Antioche que la lance dont fut percé le côté du Sauveur sur la croix avait été retrouvée, et, à la vue de ce fer sacré, une ardeur surnaturelle enflamma toutes les âmes. Ces hommes, qui naguère attendaient la mort dans un muet découragement, sortirent de la ville avec la sainte confiance des martyrs, se jetèrent sur le camp de Kerbogah , et en une heure anéantirent sa superbe armée.

COMBAT SINGULIER DE ROBERT, DUC DE NORMANDIE, AVEC UN GUERRIER SARRASIN SOUS LES MURS D'ANTIOCHE. —

Dabbt.— 1839.

Pendant le siège d'Antioche plusieurs chefs de la croisade signalèrent leur bravoure dans des combats particuliers. Les chroniqueurs citent entre autres Godefroy de Bouillon , Tancrède , Hugues de Vermandois , le comte de Flandre et Robert, duc de Normandie, qui frappèrent des coups mémorables à la vue de toute Tarmée.

(( Le duc de Normandie, dit M. Michaud, soutint seul un combat contre un chef des infidèles qui s avançait au milieu des siens : d'un coup de sabre il lui fendit la tête jusqu'à l'épaule, et l'étendit à ses pieds en s écriant : (( Je dévoue ton âme impure aux puissances de l'enfer. »

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