‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 37 sur 155 · TANCRÈDE AU MONT DES OUVIERS · texte numérisé non relu

TANCRÈDE AU MONT DES OUVIERS

SiGROL. — 1889.

Le jour niême où farmée chrétienne arrivait devant Jérusalem , Tancrède se distingua par un des faits d armes les plus prodigieux de la croisade. Nous laissons parier ici le poëte historien de sa vie , Raoul de Caen :

« Après avoir planté sa bannière dans le voisinage de la tour de David, et donné Tordre de dresser ses tentes, Tancrède , s*éloignant seul , sans compagnon , sans écuyer, monte sur la montagne des Oliviers, d*où il avait appris

* Histoire des Croisades, par Guillaume, archevêque de Tyr, liv. XII.

que le fils de Dieu était retourné vçrs son père... Du haut de la montagne il porte ses regards sur la ville, dont il n est séparé que par la vallée de Josaphat... C'est siui;out sur le Calvaire et le temple du saint sépulcre que ses yeux s'arrêtent, et en les contemplant il pousse de profonds soupirs; il^se prosterne à terre; il voudrait donner sa vie au même moment, s'il lui était permis à ce prix d'imprimer ses lèvres sur ce Calvaire dont le sommet se présente à sa vue. » C'est au milieu de cette pieuse contemplation que Tancrède est attaqué par cinq musulmans. (( Ils s'avançaient , continue Raoïd de Caen , avec toute la confiance que peuvent avoir cinq hommes en allant attaquer un seul... Mais le fils de Guiscard prépare au combat son visage, son cœur, son coursier, sa lance de fi:êne, et le premier de ses ennemis qu'il voit arrivé au sommet de la montagne, il le force à rendre son âme aux profondeurs de l'enfer, son corps aux abîmes de la vallée. » Des quatre autres Sarrasins , deux sont couchés par terre , deux prennent la fuite , et Tancrède victorieux retourne sous les murs de la ville , à l'endroit du camp ofi flotte sa bannière.

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