‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 65 sur 155 · MC»T DE SAINT LOUIS. — 25 AOUT · texte numérisé non relu

MC»T DE SAINT LOUIS. — 25 AOUT

Rouget. — iSSg.

« Nous vous annonçons, écrivait Louis IX à Mathieu, abbé de Saint-Denis, l'un des régents du royaume, qu'après avoir pourvu à tout ce qui était nécessaire , nous avons, avec le secours de Dieu, emporté d'assaut Une ville qu'on appelle Carthage , où plusieurs Sarrasins ont été passés au fil de l'épée. » Cette lettre était écrite le 2 5 juillet 1270, et un mois après saint Louis était sur son lit de mort. En effet, à peine les croisés furent sous les murs de Tunis, que la peste commença à exercer parmi eux ses ravages, et le saint roi, dès longtemps affaibli par les fatigues et les austérités de sa vie, ne tarda pas à être atteint du mal qui ravageait son armée.

« Jja maladie faisant des progrès, dit M. de Chateaubriand, Louis démanda i'extrême-onction. Il répondit aux prières des agonisants d'une voix aussi ferme que s'il eût donné des ordres sur un champ de bataille. H se mit à genoux au pied de son lit pour recevoir le saint viatique... Sa charité s'étendit alors à tous les hommes; il pria pour les infidèles, qui firent à la fois la gloire et le malheur de sa vie; il invoqua le saint patron de la France, de cette France si chère à son âme royale. Le lundi matin , 2 5 août , sentant que son heure approchait , il se fit coucher sur un lit de cendres , où il demeura

étendu , les bras croisés sur la poitrine et les yeux levés vers le ciel.

«On na vu qu'une fois, et Ton ne reverra jamais un pareil spectacle : la flotte du roi de SicUe se montrait à rhorizon; la campagne et les coUines étaient couvertes de Tarmée des Maures. Au milieu des débris de Gartbage , le camp des chrétiens of&ait Tirnage de la plus afireuse douleiu*; aucim bruit ne sy iaisait entendre : les soldats moribonds sortaient des hôpitaux et se traînaient à travers les ruines pour s'approcher de leur roi expirant. Louis était entouré de sa famille en larmes , des princes consternés, des princesses défaillantes. Les députés de Tempereur de Constantinople se trouvaient présents à cette scène. . . Enfin , vers les tf ois heures de laprès-midi , le roi , jetant un grand soupir, prononça distinctement ces paroles, «Seigneur, j'entrerai dans votre maison, et je ii VOUS adorerai dans votre saint temple ; » et son âme s'envola dans le saint temple, qu'elle était digne d'habiter ^ »

PRISî; du CHATEAU DE FOIX. — 1272.

Saint-Évre. — 1837.

Philippe III (le Hardi) venait de recueillir, par la mort de son oncle Alphonse, l'héritage du comté de Toulouse. Mais la prépondérance de la couronne était trop récemment établie dans les provinces méridionales

* Itinéraire de Paris à Jérusalem » \\V partie.

du royaume pour n y être pas contestée. Retranchés au pied des Pyrénées , les seigneurs de Foix et d* Armagnac osaient débattre contre ie roi une question de suzeraineté. Philippe ie Hardi comprit qu'il lui importait de frapper un coup rapide et décisif, poiu: mettre son autorité hors de doute dans ces contrées. Il convoque atissitôt à Tours les vassaux de la couronne, niarche sur Toulouse, où il prend solennellement possession du comté qui vient de hii échoir; et , malgré les prières du roi d'Aragon et de tous les seigneurs de la Langue-d'Oc , qui implorent sa démence pour le comté de Foix, il va mettre le siège devant le château où cet audacieux vassal s'est renfermé. Roger Bernard n'osant se fier aux murs épais de sa forteresse la remit au bout de deux jours entre les mains du roi, qui l'envoya garrotté à Carcassonne.

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