ENTRÉE DE UARMÉE FRANÇAISE A PARIS. — 15 AVRIL
Berthelsht. — 1787.
Le traité d'Arras, en réconciliant le duc de Bourgogne avec le roi de France , mit fin à la grande fortune des An^ais dans le royaume. Le connétable de Richemont, dont la vaillante épée avait été enfm agréée de Charles VA, leur, faisait chaque jour éprouver de nouveaux échecs. Celui qu*ib essuyèrent dans Saint- Denis fiit décisif. Paris en fut témoin , et ce succè$ des armes royales encouragea le zèle des bons citoyens qui avaient formé le projet de rendre la ville à son légitime, seigneur.
Le chef de cette conspiration patriotique était un. bourgeois nommé Michel LaiUer. Par ses soins la porte Saint-Jacques fut ouverte à l'armée royale, et ce fiitle maréchal de ilsle-Adam , un des principaux seigneurs, de Bourgogne, qui planta le premier, sur. la muraille la bannière de France, que lui-même en avait fait descendre dix-huit ans auparavant. Les Aurais étonnés se. replièrent sur la bastille Saint- Antoine, au milieu d'ime grêle de pierres , de tables et de tréteaux que du haut
des fenêtres on faisait pleuvoir sur leurs têtes. Ils ne tinrent pas longtemps dans cette retraite.
Michel LaiUer s'avança au-devant du connétable sur le pont Notre-Dame. Ce fut lui qui lui offrit la soumission de la bourgeoisie. Richemont lui répondit en remerciant au nom du roi Chailes les bons habitants de Paris , et s engageant à une pleine et entière amnistie. Ses paroles furent accueillies par les acclamations d un peuple las de la domination étrangère. Il se rendit ensuite à Notre-Dame , où ii entendit la messe tout armé , et fit lire en chaii'e les lettres d abolition.