LIPSE (JUSTE
»4T*WT IT miLOLOOCB .
FILS DE GILLES LIPSE ET D'ISABELLE PETIRIVE. N* SIM.) Ancienne collection de la Sorbonne.
Né à Isch, en Brabant, le 18 octobre 1 547. — Marié, à Cologne , à Anne Calstrie. — Mort le 2 3 mars â 606.
Juste Lipse dédia son premier ouvrage de philologie au cardinal Granvelle , qui se l'attacha comme secrétaire , et l'emmena à Rome (i566). Les deux années qu'il y
178 (iALERIES HISTORIQUES
passa furent employées dans la société des savants et l'étude de l'antiquité. Il visita ensuite l'Allemagne, qui était dès lors un pays d'érudition, et accepta une chaire d'éloquence et d'histoire, qui lui fut offerte dans l'université d'Iéna. Son séjour n'y fut que de deux ans. Il retourna au lieu de sa naissance; mais, loin d'y trouver le repos nécessaire à ses études , il n'y rencontra que les fureurs de la guerre. Ce fut alors que la ville de Leyde, dont l'université avait le plus grand renom , et se maintenait florissante au milieu du fracas des armes dont elle était entourée, appela Juste Lipse dans son sein (15-79]. Le docte professeur ajouta pendant douze ans par ses leçons à la splendeur littéraire dont cette ville s'enorgueillissait; mais il aspirait à rentrer dans sa patrie et dans la religion catholique qu'il avait abandonnée. Ce fut à grand'peine que les magistrats de Leyde le dégagèrent des liens qu'il avait contractés avec leur université , et qu'il put enfin aller en i5o3 illustrer par son enseignement la ville de Louvain, aux portes de laquelle il était né. Là ses dernières années furent tranquilles et honorées : Philippe II , glorieux de retrouver sous son sceptre un sujet que tous les princes de l'Europe lui disputaient, le nomma son historiographe, et l'archiduc Albert, gouverneur des Pavs-Bas , lui donna une place dans le conseil des affaires d'état. La vaste érudition de Juste Lipse a embrassé les sujets les plus, divers : il approfondit la philosophie des stoïciens, écrivit des traités sur la politique et sur l'art de la guerre, commenta Sénèque .
et Tacite, et se livra même à la controverse religieuse. Il
était âgé de cinquante-neuf ans lorsqu'il mourut à Louvain, le a 3 mars i 606.
SIGOMUS (CHARLES),
UVU1 ITiLlI».
(V 2185.) Ancien ne collection de la Sorbonne.
Né à Modène, en 1 5so. — Mort en 1 584.
Carlo Sigonio professa successivement les belles-lettres et l'éloquence à Modène, sa patrie (i546), à Venise (i55a) et à Padoue (i56o). Son nom remplissait l'Italie 4 et toutes les villes de cette savante contrée eussent voulu le posséder; mais ce fut Bologne qui, par sa généreuse hospitalité, le fixa dans son sein (1 563). Les travaux de Sigonio embrassèrent la philologie, les antiquités romaines et l'histoire du moyen âge; il fut le premier à signaler l'importance qu'il y a pour cette histoire dans la science de la diplomatique, et il répandit sur les faits la lumière de quelques documents originaux inconnus avant lui et déchiffrés par son savoir et sa patience. Il mourut dans sa maison de plaisance, près de Modène, en 1 584.