‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 113 sur 299 · DUC DE PARME ET DE PLAISANCE · texte numérisé non relu

DUC DE PARME ET DE PLAISANCE

COUTBRMl'» DM P»Ti-lUS,

FILS D'OCTAVE FARNÈSE, DUC DE PARME ET DE PLAISANCE, ET DE MARGUERITE D'AUTRICHE, FILLE NATURELLE DE CHARLES- QUINT.

(N" 2188.) Ancien tableau.

Né en i5M. — Marié, en i566, à Marie de Portugal, fille d'Édouard, prince de Portugal, duc de Guimaraens, connétable de Portugal, et d'Isabelle de Bragance. — Mort le 1 décembre i5oa.

Alexandre Farnèse fut l'un des plus habiles capitaines du xvi* siècle. On commença à le remarquer à la bataille navale de Lépante , gagnée sur les Turcs en 1 b-] 1 . Envoyé ensuite dans les Pays-Bas par Philippe II, il y trouva don Juan d'Autriche affaibli par la maladie, et

presque incapable de porter le fardeau du commandement. Il lui succéda dès Tannée suivante (1578), et, sous sa main ferme et prudente, les affaires de Philippe II ne tardèrent pas à se relever. Également propre aux négociations et aux combats , Alexandre Farnèse sut enlever les provinces catholiques de la Flandre et du Brabant à l'alliance protestante des Hollandais, et le prince d'Orange , à qui ne suffisaient plus les ressources

de son patriotisme et de son génie, se vit réduit à jeter l'union d'Utrecht, à peine formée, entre les bras de la France. Mais l'arrivée du duc d'Anjou n'apporta guère que des dissensions et des embarras à la nouvelle république des Provinces-Unies (1 58 1-1 583), et les plus fortes places de l'Escaut et de la Meuse , tombées l'une après l'autre au pouvoir de Farnèse, semblaient promettre à Philippe II le retour prochain des Pays-Bas tout entiers sous sa domination. Aussi ne voulut-il pas permettre à son habile lieutenant de quitter le théâtre de ses victoires pour aller prendre possession du duché de Parme que lui laissait la mort de son père ( 1 586). Mais une diversion puissante vint sauver alors la Hollande des périls que courait son indépendance. Le monarque espagnol, occupé de la grande pensée d'envahir l'Angleterre , voidut que le duc de Parme , avec toutes les ressources de son génie et les forces dont il disposait, secondât les opérations de l'invincible A rmada ( 1 588). Vain projet! Farnèse resta attaché aux rivages de la Flandre , et bientôt la puissance ébranlée de son maître ne lui fournit plus que d'insuffisantes ressources pour

tenir tête au jeune Maurice de Nassau, en qui la Hollande avait trouvé un général digne de le combattre. Ce fut cependant au milieu de ces difficiles circonstances que le duc de Parme reçut l'ordre d'entrer en France pour aller au secours de la Ligue et sauver Paris des mains de Henri IV ( i 5go). Il accomplit cette tâche en grand capitaine, et, après une campagne de près de quatre mois , rentra aux Pays-Bas ayant gagné sans combat tous les fruits de la victoire. Deux ans après, la ville de Rouen aux abois invoqua de même ses secours , et il força encore Henri IV de lever ce siège. Mais blessé dans sa belle retraite de Caudebec, et épuisé par la fièvre qui le dévorait depuis plusieurs mois, Alexandre Farnèse , au retour de cette expédition , mourut à Arras , le 2 décembre i5Qa , dans la quarante-huitième année de son âge.

Page 1