‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 126 sur 299 · OSSAT (ARNAUD D · texte numérisé non relu

OSSAT (ARNAUD D

CARDINAL

(N* 2220.) D'après un portrait de l'ancienne

collection de la Sorbonne.

Arnaud d'Ossat, dune famille obscure et pauvre, dut son éducation à la charité, et sa fortune à son éducation. Il rencontra à Paris Paul de Foix, qui goûta les charmes de son esprit et l'étendue de son savoir, lui fit donner un petit emploi dans la magistrature, et finît par l'emmener à Rome. D'Ossat resta près de trente ans dans cette métropole du monde chrétien, qui était alors le

centre auquel venaient aboutir les plus grands intérêts de la politique européenne. Ce fut là que, simple clerc d'abord et sans caractère public, il s'initia à la pratique des affaires, et il y réussit à tel point que la diplomatie romaine n'eut bientôt plus pour lui de secret. Sa modestie, autant que son habileté, en faisait un instrument précieux entre les mains des ambassadeurs de France auprès du saint-siége. Aussi Paul de Foix, le cardinal Hippolyte d'Esté et le cardinal de Joyeuse le prirent-ils tour à tour pour leur secrétaire. Survinrent les audacieuses entreprises de la Ligue et son triomphe à la journée des Barricades. D'Ossat, resté à Rome malgré les offres brillantes de Henri III qui l'appelait dans ses conseils (1 588), ne cessa pas d'y servir avec une courageuse fermeté les intérêts de son maître. On le vit, sous les coups de la faction espagnole qui dominait à la cour pontificale, écrire contre la Ligue un mémoire dans lequel était dévoilée la politique ambitieuse des Guises. Il fit plus : lorsque la conversion de Henri IV trouvait encore Rome incrédule et défiante, il travailla, sans mission pour le faire, à la réconciliation de ce monarque avec l'Eglise. L'infructueuse ambassade du duc de Nevers auprès de Clément VIII (i 596) ne découragea point ses patients efforts, et il avait tout aplani pour le succès, quand Duperron fut envoyé pour mener à fin avec lui cette grande affaire (1 5 95). Le roi récompensa les services que lui rendit d'Ossat dans cette mémorable circonstance en le créant conseiller d'état et évêque de Rennes. Il continua plusieurs années encore à s'aider en Italie de

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