‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 128 sur 299 · DUPERRON (JACQUES DAVY · texte numérisé non relu

DUPERRON (JACQUES DAVY

CAMtUUL,

FUS DE JULIEN DAVY, MEDECIN. (N* 2521.) Ancienne collection de la Sorbonne.

Né dans le canton de Berne , le a 5 novembre 1 556. — Mort le 5 septembre 1618.

Duperron était issu d'une famille française réfugiée dans le canton de Berne , pour échapper aux peines portées contre les huguenots. Il vint à Paris, sans autres ressources que celles de son esprit, et reconnut bientôt qu'il n'y avait point pour lui d'espérance de fortune hors de la religion catholique. Il s'y fit instruire , entra dans les ordres, et obtint bientôt la charge de lecteur de

Henri III. L'étendue prodigieuse de sa mémoire et la facilité de son élocution lui procurèrent de b ri I la n ts succès , en même temps que ses vers lui donnaient un rang élevé parmi les beaux esprits du temps. Après la mort de Henri III , Duperron ne se donna ni à Henri IV ni à la Ligue ; il mit ses talents au service de l'ambition médiocre et vaniteuse du cardinal de Vendôme, cadet de la maison de Bourbon, et essaya de former en faveur de ce prince un tiers-parti. Cette tentative avortée, loin de le perdre, le fit connaître de Henri IV, qui se l'attacha en lui donnant l'évêché d'Évreux (i5qi). Duperron eut avec Renaud de Beaune , «archevêque deBourges , la plus grande part à la conversion du monarque. Il eut moins de succès , plus tard , auprès de quelques-uns des seigneurs huguenots, qu'il voulut convaincre par ses arguments et par l'exemple de leur maître. Une nouvelle occasion de fortune s'offrit à l'ambitieux prélat : Henri IV l'envoya à Rome joindre ses efforts à ceux d'Arnaud d'Ossat, pour le réconcilier avec l'Église (1 595). Cette mission heureusement accomplie accrut sa faveur auprès du roi, mais ne lui donna pas encore le chapeau de cardinal, objet de ses vœux. Il ne l'obtint qu'en 1606, et fut nommé, la même année, protecteur des affaires de France à Rome. La médiation habile de Duperron , pendant son séjour en Italie , rétablit la paix entre la république de Venise et le saint-siége, et, à son retour en France, Henri IV lui donna l'archevêché de Sens , un des plus riches du royaume. Le cardinal Duperron se montra le défenseur le plus zélé des prérogatives de la cour de Rome contre

les doctrines gallicanes et les arrêts des parlements. On le vit, aux états généraux de 161 4, combattre énergi quement les articles dans lesquels le tiers état voulait établir l'indépendance absolue du pouvoir temporel , et la harangue qu'il prononça dans cette occasion fut un des plus remarquables monuments de son éloquence. Duperron , qui était alors un des organes les plus éminents de la controverse catholique, travaillait à une réfutation des arguments théologiques de Jacques 1", roi d'Angleterre, lorsque la mort vint le suq)rendre dans la soixante -deuxième année de son âge (5 septembre 1618).

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