BEAUNE (RENAUD DE
FILS DE GUILLAUME DE BEAUNE, BARON DE SAMBLANÇAY, ET DE BONNE COTIIEREAU.
( N* 2*2*23.) Ancienne collection de U Sorbonne
Né à Tours, en 1627. — Mort en 1606.
Renaud de Beaune était petit-fils du malheureux Samhlançay, surintendant des finances sous François Ier, et naquit Tannée même où son aïeul périt sur l'échafaud. Il entra d'abord dans la magistrature, et était président aux enquêtes lorsqu'il quitta le Parlement pour les honneurs de l'Église. Il fut nommé évêque de Mende en
I 568 , archevêque de Bourges en 1 58 1 , et, en 1591, grand aumônier de France. Les ligueurs le croyaient dévoué à leur cause, lorsqu'en i588, aux états de Blois, ils le donnèrent pour substitut au cardinal de Guise, président de l'ordre du clergé. Mais, après l'assassinat des princes lorrains, l'archevêque de Bourges, au lieu de s'associer aux colères de la Ligue, se rattacha plus fortement à l'autorité royale , et fut le premier des évêques de France à proclamer les droits de Henri IV.
II fut aussi le plus actif à travailler à la conversion de ce monarque, et ne craignit pas de lui donner l'abso
lution que le saint-siége lui refusait. Ses ennemis lui attribuèrent, en cette occasion, la pensée coupable de détacher la France de l'obédience de Rome et d ériger en sa faveur une sorte de patriarcat. Si Clément VIII ne crut pas à cet ambitieux projet de l'archevêque de Bourges, du moins ne lui pardonna-t-il pas aisément le droit qu'il s'était arrogé de relever Henri IV des censures pontificales, et il lui fit attendre six ans ses bulles pour le siège de Sens, sur lequel le roi l'avait placé (i6oq). Renaud de Beaune était regardé en son temps comme un des plus éloquents prélats de l'Eglise gallicane. Il mourut en 1606, à l'âge de soixante et dixneuf ans.