‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 137 sur 299 · CÉSAR ET ALEXANDRE DE VENDÔME · texte numérisé non relu

CÉSAR ET ALEXANDRE DE VENDÔME

( N" 2238. ) Lemmarr , d'après un ancien portrait.

Gabrielle d'Estrées , maîtresse de Henri IV, fut tellement aimée de ce prince, qu'elle fut au moment de s asseoir à côté de lui sur le trône de France. Le roi, après avoir levé le siège de Paris, avait dispersé ses troupes dans leurs quartiers en Picardie, vers la fin dé l'année i 890 , lorsque le hasard le conduisit au château de Cœu-

1 On lit sur le tableau l'inscription suivante :

GaWidk d*E»U* , igrr dr XI BM.

vres : il y vit Gabrielle , fut frappé de sa beauté , l'aima , et , pour l'enlever à la surveillance de son père, la fit épouser au seigneur de Liancourt. Ce mariage , dissous avant d'avoir été consommé, livra Gabrielle à la passion de Henri IV, et cette passion ne connut bientôt plus de bornes. Henri allait se reposer aux pieds de cette maîtresse adorée des fatigues de la guerre, et lui faisait tenir à sa cour le rang de souveraine. Il lui donna d'abord la terre de Monceaux, puis celle de Beaufort, qu'il érigea en duché ( 1 o juillet 1^97), et créa l'aîné des fils qu'il avait eus d'elle duc de Vendôme, faisant ainsi passer sur la tête d'un de ses bâtards le titre qu'avait porté son père. Mais tout cela n'était assez ni pour l'amour du roi , ni pour l'ambition de Gabrielle. Henri IV annonça au cardinal de Médicis, médiateur de la paix de Vervins, l'intention qu'il avait d'épouser la duchesse de Beaufort (î 598), et il demanda à Rosny, sur cette délicate matière, des conseils qu'il était décidé à ne pas suivre. Aucun obstacle n'eût alors empêché ce mariage si Marguerite de Valois n'eût refusé de céder sa place « à une femme de si basse extraction et de si mauvaise conduite. » Il fallut négocier avec Rome pour triompher de cette grave difficulté, et avant qu'elle fût levée , Gabrielle d'Estrées avait cessé de vivre : on attribua, mais sans fondement, sa mort au poison.

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