LORRAINE (CHARLES DE
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SECOND FILS DE CLAUDE DE LORRAINE, PREMIER DUC DE CUISE, ET D'ANTOINETTE DE BOURBON.
(N* 20*2*2. ) Couaikas , d'après un portrait de la
collection du château d'Eu.
Né à Joinville, le 17 février i5q5. — Mort le 26 décembre 157 k.
Charles de Lorraine fut créé archevêque de Reims à quinze ans, et, à la mort de son oncle, le cardinal Jean, en i55o, il recueillit l'immense héritage de ce prélat. Revêtu lui-même de la pourpre, en 1 555 , par le pape Paul IV, il entra chaque jour davantage dans la confiance de Henri II et dans le gouvernement des affaires. Ce fut lui qui avec Granvelle, ministre de Philippe II, arrêta les bases du traité de Cateau-Cambrésis , et travailla ainsi , aux dépens de l'honneur et des intérêts de la France, à unir Henri II au roi d'Espagne, dans un
effort commun pour extirper l'hérésie ( i 55q). L avènement de François II i éleva l'année suivante au faite de la puissance. Le maniement des finances du royaume le mit en réalité à la tête du gouvernement : s'il fit, pendant sa courte administration , quelques réformes utiles, il la signala bien davantage par le fastueux appareil d'une autorité toute despotique. La mort prématurée du jeune roi son neveu fut un échec pour son ambition, mais il n'en garda pas moins une haute influence dans les affaires , et ce fut lui qui fit adopter par Catherine de Médicis le projet du célèbre colloque de Poissy, destiné à réconcilier les doctrines de Rome et de Genève ( 1 56 1 ). Le but était impossible à atteindre, et l'on a prétendu que le cardinal de Lorraine ne chercha autre chose, dans cette solennelle conférence, que d'étaler son érudition et son éloquence âux yeux de toute l'Europe. Vers la fin de l'année i56î, il alla siéger au concile de Trente, où il fut le chef et l'organe avoué delepiscopat français. On le vit, dans cette assemblée, tempérer la rigueur des maximes absolues au nom desquelles il avait conseillé, en France, la persécution contre les huguenots, proposer quelques mesures de conciliation pour ramener les luthériens , et soutenir les prérogatives des évéques contre les prétentions souveraines du saint-siége. A son retour en France, il trouva le connétable de Montmorency devenu tout-puissant à la cour par la mort du duc de Guise , et décidé a ne pas y laisser renaître l'ascendant de la maison de Lorraine, qu'il détestait. Chassé de Paris par la force ( i 565),
le cardinal alla deux ans s'enfermer dans sa ville épiscopale, et ce fut dans la chaire, par les armes de son éloquence , qu'il combattit l'hérésie. Dans les années qui suivirent, au milieu des affaires importantes dont le maniement lui était confié, il en fit autant dans la capitale, et, par l'active influence de sa parole, entretint une salutaire horreur des nouveautés religieuses. On lui a attribué la première pensée d'une ligue des catholiques de France pour la défense de la religion. Il était à Avignon vers la fin de l'année 1 876 , lorsque Henri III traversa cette ville, en se rendant à Paris pour y prendre la couronne. Le zèle qu'il mit à assister, tête et pieds nus, à une procession où se trouvait ce monarque, lui coûta la vie. U était âgé de moins de cinquante ans.