‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 140 sur 299 · DU PALAIS DE VERSAILLES. 227 BELLIÈVRE (POMPONNE DE · texte numérisé non relu

DU PALAIS DE VERSAILLES. 227 BELLIÈVRE (POMPONNE DE

CHANCELIER DE FRANCE

SECOND niS DE CLAUDE DE BELLIÈVRE, SEIGNEUR DE HAUTEFORT, PREMIER PRÉSIDENT AU PARLEMENT DE GRENOBLE, ET DE LOUISE PAVE.

(V 2246.) M- Desnos, d'après un portrait de la

collection du château de Bcaurcgard.

Ne à Lyon, en 1029, — Marié à Marie Prunier, fille de Jean Prunier, seigneur de Grigny et de Cussieu , et de Jeanne de Renouard, dame de Vernay. — Mort le 9 septembre 1607.

Pomponne de Bellièvre, presque au sortir des écoles, siégea comme juge au sénat de Chambéry, tribunal institué en Savoie par la conquête. Il fut charge ensuite de rendre la justice auprésidial de Lyon (1 56?), et, lorsque le massacre de la Saint-Barthélémy eut rempli tous les huguenots en Europe d'indignation et de stupeur, il reçut la difficile mission de justifier ce grand attentat auprès des Suisses, dont il importait à Charles IX de ne pas perdre l'alliance (1572). Catherine de Médicis le donna, l'année suivante, pour conseiller à son fils le duc d'Anjou, quand il alla prendre possession du tronc de Pologne, et ce prince le goûta tellement qur, devenu roi de Frnnce, il lui confia l'administration des finances du royaume (i5j&). Ce fut Bollièvre que Henri Ï1I choisit

pour l'envoyer à Londres auprès de la reine Elisabeth, afin de plaider la cause de l'infortunée Marie Stuart (1 586); ce fut lui que, deux ans après, il chargea d'arrêter le duc de Guise dans sa marche audacieuse sur Paris , à la veille de la journée des Barricades. Ni l'une ni l'autre de ces négociations ne réussit, et dans la dernière Bellièvre fut soupçonné d'avoir trahi son maître. Henri III le congédia avec ses autres ministres au moment de fou verture des états de Blois, et dix ans se passèrent avant qu'on le vît reparaître sur le théâtre des affaires. Henri IV, lorsqu'il s'agit de faire la paix avec l'Espagne , se ressouvint de Bellièvre et de sa vieille expérience, et l'envoya comme son plénipotentiaire aux conférences de Vervins (i5g8). L'année suivante, il récompensa ses services en l'élevant à la dignité de chancelier de France. Pomponne de Bellièvre, presque au terme de sa vie, eut le déplaisir amer de se voir ôter les sceaux et de n'être plus, comme il le disait, qu'un corps sans àme, avec le vain titre de chancelier (i6o5). Il mourut en 1607, à l'âge de soixante et dix-huit ans.

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