GRAND MAITRE DE L'ARTILLERIE DE FRANCE
(N* 2251.) Alumek , d'après un portrait de famille.
D'Espinay-Saint-Luc, un des mignons de Henri III, effaça cette tache de sa jeunesse parles qualités brillantes de son esprit et de son cœur. Disgracié par le Roi, il se réfugia dans la forteresse de Brouage, dont il était gouverneur (i 5 80 ) , et l'année suivante, partit à la suite du duc d'Anjou pour les Pays-Bas. Lorsque la guerre des trois Henris s'alluma en 1 585, Saint-Luc défendit vaillamment Brouage contre les huguenots , et deux ans après il fut , à Coutras , un des prisonniers qui tombèrent aux mains du roi de Navarre. A la mort de Henri III , on le vit un des premiers à reconnaître les droits de son successeur. Il servit fidèlement Henri IV, et ses liaisons avec Brissac, son l)eau-frère , gouverneur de Paris , facilitèrent la soumission de cette grande capitale (1 596). Le Roi lui donna pour prix de ses services le collier de l'Ordre ( 1 095 ) et la charge de grand maître de l'artillerie ( 1 596). Saint-Luc fut tué, en 1597, au siège d'Amiens. Brantôme le loue
comme un « très-gentil et accompli cavalier en tout
un très-brave, vaillant et bon capitaine, » et le docte Scévole <Je Sainte-Marthe lui a donné place parmi les Français de son temps illustres par leur savoir.