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PHILOLOGUE

FILS D'ARNAUD CASAUBON ET DE JEANNE ROSS EAU . (N* 2*279.) Ancieune collection de b Sorhoune.

Né à Genève, au mois de février i 55q. — Marié, le a 8 avril 1 586, à Florence Estienne, fille de Henri Estienne, philologue et imprimeur. — Mort le iw juillet 1616.

Isaac Casaubon, né d'un père huguenot, qui avait

quitté la France pour se réfugier à Genève, fit ses études dans cette ville , et à vingt-trois ans y enseigna la langue grecque. Marié à la fille du célèbre Henri Estienne, il s'accommoda mal de l'humeur difficile de son beaupère, et transporta son enseignement à Montpellier (1596). Il était décidé à quitter cette ville, où ses rares talents étaient trop pauvrement récompensés, lorsque Henri IV l'appela à Paris ( 1 5g8), et lui donna la chaire de langue grecque au collège Royal. Il le fit en même temps son bibliothécaire, et Casaubon, ainsi soutenu par la faveur du monarque, triompha sans peine des tracasseries que lui suscitaient sa religion et la jalousie de ses rivaux. Il dut compter parmi les plus nobles témoignages qu'il reçut de la confiance royale l'honneur d'être choisi pour un des arbitres de la controverse de Fontainebleau entre Du Plessis-Mornay et Duperron. Cependant, à la mort de Henri IV, Casaubon, soit par l'inquiétude naturelle de son humeur, soit par les craintes (pie lui inspirait la régence de Marie de Mcdicis, quitta la France et passa en Angleterre. Jacques Tr, érudit jusqu'au pédantisme, accueillit l'illustre philologue avec le plus grand empressement, et lui prodigua les caresses et les faveurs. Il importait grandement au parti de la réforme que Casaubon, dont la raison faisait chaque jour un nouveau pas vers la foi catholique, n'abandonnât pas la terre protestante, où il venait de fixer son séjour, pour présenter à la France le spectacle de son abjuration. Le docte théologien, surpris à Londres par la mort, donna cette satisfaction à ses coreligionnaires.

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