‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 179 sur 299 · LORRAINE · texte numérisé non relu

LORRAINE

DCC DE )

flLS DE NICOLAS DE LORRAINE, COMTE DB VAUDEMONT ET PREMIER DUC DE MERCOSUR, ET DE JEANNE DE NEMOURS, SA SECONDE FEMME.

V 2200. ) Debacq . d'après un portrait de l'ancienne

collection de M"' de Montpcnsier , an

château d'Eu.

Ne à Nomeny, en Lorraine, le 9 septembre i5/|8.

— Marié à Paris , le 1 a juillet 1 , à Marie de Luxembourg, duchesse de Penthièvre, fille unique et héritière de Sébastien de Luxembourg , duc de Penthièvre , et de Marie de Beaucoire-Puy-Guillon. — Mort le 19 février 1 60a.

Le duc de Mercœur reçut de Henri III le gouvernement de la Bretagne. Il contint son ambition, et garda les apparences de la fidélité envers ce prince jusqu'à l'assassinat du duc de Guise à Blois, en i588. Il déploya alors le drapeau de la Ligue en Bretagne, et, à la faveur de l'anarchie qui régnait par tout le royaume, aspira ouvertement à la souveraineté de cette province. Aidé des secours de Philippe II, il repoussa pendant six ans les chefs de l'armée royale envoyés pour le combattre. Après la soumission du duc de Mayenne et des autres princes lorrains, Mercœur s'obstina encore à rester les armes à la main ; il attendait de l'Espagne le succès de ses ambitieuses prétentions. Il perdit ainsi le moment de traiter avec avantage. Heureusement pour lui, lorsque s'ouvrirent les négociations de Vervins (1 598) , deux femmes le protégèrent contre le juste ressentiment de Henri IV : sa sœur, Louise de Lorraine , veuve de Henri III, et la belle Gabrielle d'Estrées unirent leur puissante intercession en sa faveur. Mercœur avait gagné celle-ci en lui offrant la main de sa fille et l'héritage de son immense fortune pour le jeune duc de Vendôme, bâtard légitimé qu'elle avait eu du Roi. A ce prix , le dernier des chefs de la Ligue fut réconcilié avec Henri IV, et

il en coûta moins à son orgueil de se démettre du gouvernement de la Bretagne en faveur de l'enfant royal qui devait être son gendre. L'empereur Rodolphe II, attaqué par les Turcs, offrit, en 1601, au duc de Mercœur le commandement de ses armées. Le prince lorrain justifia, par quelques succès, la confiance qui lui était accordée; mais les fatigues qu'il essuya furent plus fortes que sa santé, et, comme il retournait en France, il s'arrêta malade à Nuremberg, et y mourut à l'âge de cinquantequatre ans.

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