‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 188 sur 299 · JEAN RICHARDOT · texte numérisé non relu

JEAN RICHARDOT

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PIL8 AÎNÉ DE JEAN (iHUSSET, DIT RICIIAHDOT.

Né en — Mort le a 8 février 1 6 1 k.

Jean Richardot se destina à l'Église comme son grandoncle le cardinal Granvelle, et, comme lui, fut évêque d'Arras. La confiance de son souverain le promut plus tard à l'archevêché de Cambrai , et lui donna une place au conseil privé des Pays-Bas, que son père avait longtemps présidé. J. Richardot mourut, le q8 février 1 6 1 4, dans un âge peu avancé.

BARNEVELDT (JEAN-OLDEN),

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Né en 1 5^7- — Mort le 1 3 mai 1619.

BARNEVELDT (JEAN-OLDEN),

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[V 231(1.) Tableau de l'école de RuiW

Barneveldt est le plus illustre peut-être de ces patriotes qui, au xvi* siècle, fondèrent l'indépendance des

Provinces-Unies : ii fut magistrat intègre, négociateur habile, vécut et mourut pour la liberté de son pays. Sous le titre de grand -pensionnaire et avec l'autorité restreinte d'une magistrature élective, il gouverna la Hollande par la seule influence de ses vertus et de ses talents, jusqu'au jour où s'éleva contre lui la rivalité ambitieuse et perfide de Maurice de Nassau. On peut dire que la république fondée par Guillaume le Taciturne fut organisée par la sagesse de Barneveldt. Plus qu'un autre, il contribua à donner des finances et une marine à sa patrie. On le vit remplir, auprès d'Élisabeth et de Henri IV, les missions les plus importantes, arracher la liberté hollandaise des mains déloyales de Leicester, et en confier la défense à celles du jeune Maurice, qu'il fit revêtir du stathoudérat (1 587-1 590); on le vit mettre le comble à tant de services en ouvrant , avec les envoyés de France et d'Espagne, cette grande négociation d'où sortit reconnue l'indépendance des Provinces -Unies. Mais la trêve de 1609, (pu ut sa gloire, fit en même temps sa perte. Maurice, à qui la guerre ne fournissait plus les moyens de conquérir le pouvoir absolu, n'eut désormais qu'une pensée , celle de se délivrer du vigilant magistrat qui avait pénétré et qui combattait ses desseins, et, pour y parvenir, il employa ce qu'il y a de plus odieux dans la ruse et dans la violence. Il commença par répandre des milliers de libelles qui noircissaient Barneveldt dans l'opinion de la multitude. Bientôt la querelle théologique des arminiens et des gomaristes, qui divisait l'université de Leyde, mit entre les mains de l'ambitieux stathouder

une arme plus redoutable pour frapper son ennemi. I,es goinaristes, outrant l'inflexible système de Calvin sur la grâce, ne laissaient rien à la liberté humaine; les arminiens, renouvelant les erreurs du pélagianisme , lui donnaient tout. Harneveldt et les esprits les plus éclairés de la république avaient embrassé cette dernière doctrine. Maurice affecta un zèle ardent pour les opinions de Gomar, et soideva partout en leur faveur les passions populaires. Les provinces d'Over-Yssel et d'Utrecht, où prévalaient l'arminianisme et le parti républicain , cédèrent aux menaces ou à l'emploi de la force , et les magistrats de Hollande, par les conseils de Barneveldt même, reculèrent devant l'horrible extrémité de la guerre civile. Maurice, libre d'assouvir ses ressentiments, fit arrêter aussitôt le grand-pensionnaire, et lui porta un premier coup en faisant condamner par le synode de Dordrechl les doctrines arminiennes (1618). Ce n'était pas assez pour sa haine. Il dicta aux États-Généraux le choix d'une commission de vingt -six juges, tous ennemis de Barneveldt, et il l'accusa devant eux d'avojr voulu livrer son pays à l'Espagne. L'illustre vieillard fut déclaré coupable du crime contre lequel protestait sa vie tout entière, et, à soixante et douze ans, il reçut la mort sur Véchafaud.

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