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GRAND MAITRE ET GRAND VENEUR DE FRANCE

FILS UNIQUE ET POSTHUME DE I1ENRI DE BOURBON , PREMIER DU NOM, PRINCE DE CONDE, ET DE CHARLOTTE -CATHERINE DE LA TREMOILLE, SA DEUXIEME FEMME.

V 235 i. Tableau du temps.

Né à Saint-Jean-d'Angély, le i* septembre i588. — Marié, le 3 mars 1609, à Charlotte-Marguerite de Montmorency, fille puînée de Henri, premier du nom, duc de Montmorency, pair et connétable de France, et de Louise de Budos, sa seconde femme. — Mort le a 6 décembre i6!i6.

HENRI DE BOURBON

DEUXIÈME DU NOM. PRINCE DE CONDÉ

| V M*.) Tableau du temp».

HENRI DE BOURBON

DEUXIÈME DU NOM, PRINCE DE CONDÉ

( V 2350. } P. Fh%!»qie, d'après un ancien portrait.

Le troisième prince de Condé n'a attaché aucune gloire au nom qu'il portait. Llevé pendant ses premières années dans la religion protestante, il en fut retiré par

Henri IV, et forcé de rentrer avec sa mère au sein de 1 église catholique (i5g5). Lorsqu'on 1609 Charlotte de Montmorency parut à la cour dans tout 1 éclat de sa beauté, Henri, vivement épris d'elle, la fit épouser à son jeune cousin, espérant faciliter par là ses criminelles amours. Il fut trompé dans son attente. Le prince de Condé, pour dérober sa femme aux obsessions menaçantes du Roi , la conduisit à Bruxelles. Il faut croire , pour la gloire de Henri IV, que ce n'était pas dans le dessein d'enlever cette princesse fugitive qu'il demanda passage à l'archiduc Albert au travers des Pays-Bas. Le poignard de Ravaillac ayant tranché les jours du Roi et anéanti ses grands projets, Condé rentra en France, et s'agenouilla d'abord en sujet fidèle devant Marie de Médicis, qui lui paya richement son obéissance (1610). Mais pour avoir beaucoup reçu, il n'en prétendait que davantage, et on le vit tourmenter la régente de ses exigences chaque jour plus hautaines, jusqu'à ce qu'enfin il déployât contre elle le drapeau de la guerre civile (1611). Le prince de Condé ne trouva ni profit, ni gloire dans ces tentatives inconsidérées d'une ambition que ne soutenait aucun talent, et le jour où Marie de Médicis, poussée à bout , résolut de le faire arrêter, sa faible main frappa ce coup d'état sans rencontrer aucun obstacle (1616). Rendu à la liberté par Luynes en 1619, Monsieur le Prince, pour se purger de tout soupçon d'intelligence avec les huguenots, brigua l'honneur de les combattre, et il le fit avec un si cruel acharnement, que Louis Xm eut à se cacher de lui pour accorder aux reli-

gionnaires la paix de Montpellier (1622). Après l'avénement au pouvoir du cardinal de Richelieu, la cour setonna de voir Condé sortir de sa longue disgrâce (1629). Le grand ministre avait pénétré lame vulgaire du premier prince du sang; il avait reconnu qu'avec de l'or il en ferait un instrument docile de sa politique. Depuis lors en elfet , jusqu'à la fin de sa vie , Richelieu eut le constant avantage d'opposer la fidélité vénale du prince de Condé aux menées hostiles du duc d'Orléans. S'inquiétant assez peu de ne pas trouver en lui les qualités d'un habile général, il le mit sans cesse à la tête des armées contre l'Espagne, en Franche-Comté et en Picardie dans l'année i636, en 1 638 au siège de Fontarabie, en 1 63g à celui de Salces et d'Elne en Roussi lion. Enfin, le mariage du duc d'Enghien avec la nièce du cardinal, Claire- Clémence de Maillé-Brézé , vint unir plus étroitement encore la maison de Condé à celle de Richelieu (1 1 ). Mazarin , devenu maître du royaume sous le nom d'Anne d'Autriche, trouva dans Monsieur le Prince le même appui qu'y avait trouvé son prédécesseur. L'adroit Italien jouit trois ans du bonheur de voir le premier prince du sang donner à la cour l'exemple d'une docile obéissance, pendant que le jeune duc d'Enghien, fidèle comme son père, remportait au profit de la régence ses immortelles victoires. Mais, vers la fin de l'année 1 6 46, ce soutien lui fut enlevé : le prince de Condé venait de mourir dans la cinquante-septième année de son âge.

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