COMTE DE SOISSONS
M C1IMOIT 1T Ot DtICI,
GRAND MAITHE DE FRANCE
FILS AISÉ DE CHARLES DE BOURDON, COMTE DE SOISSONS ET DE DREUX, GRAND MAITRE DE FRANCE , ET D'ANNE , COMTESSE DE MONTAFlé , DAME DE BONNETABLE ET DE LUCÉ.
(Y 2358.) Champmartih . d'après un portrait de b
collection du château de Beau regard.
Né à Paris, le 1 1 mai 1606. — Mort le 6 juillet 16*1.
Le comte de Soissons hérita de son père, en 161a, la charge de grand maître de France avec le gouvernement du Dauphiné. Il était à peine âgé de seize ans lorsque, jeté par sa mère dans les intrigues de la cour, il alla joindre Marie de Médicis à Angers et prit part à la courte guerre qui fut terminée par le combat du Pontde-Cé. Aspirant à la main d'Henriette de France, qui fut plus tard l'infortunée reine d'Angleterre, et faisant tout pour se rendre digne d'une aussi grande alliance, il vit cet espoir lui échapper (i5a5) et se tourna vers l'héritière de Montpensier, qui lui lut également enlevée par la politique de Richelieu (1626). Mécontent et suspect pour la part qu'il avait eue au complot de Chalais, le comte de Soissons prit le parti d'aller voyager en Italie et n'en revint que pour se ranger sous les ordres
du Roi au siège de la Rochelle (1628). Il accompagna encore Louis XIII en Piémont dans l'année 1 63 o, et peu après obtint pour prix de ses brillants services le gouvernement de la Champagne. C'était trop peu pour son ambition , et la guerre déclarée à l'Espagne parut lui offrir des chances plus belles de succès et de gloire. Il fut chargé en 1 636 de défendre la Picardie, mais avec de si faibles ressources qu'il ne put empêcher l'ennemi de prendre Corbie et de s'avancer jusque sur l'Oise. Ce fut alors que , dans l'emportement de sa haine contre Richelieu, il forma avec Monsieur le projet de le faire assassiner, et, se croyant découvert, se réfugia dans les murs de Sedan. Il resta quatre ans dans cette ville , attendant qu'un choc du dedans ou du dehors renversât le pouvoir du cardinal, et, pour hâter cet événement, il finit par conclure un pacte coupable avec les ennemis de la France. Vainement le jeune abbé de Retz, déjà consommé dans l'art des factions, le détourna-t-il d'un projet qu'il le croyait incapable de conduire : le comte de Soissons, uni aux ducs de Bouillon et de Guise, publia un manifeste contre le premier ministre et passa la Meuse avec la petite armée des mécontents, grossie d'un renfort de troupes impériales. Le maréchal de Châtillon , envoyé à sa rencontre, lui livra par sa négligence et ses mauvaises dispositions une facile victoire; mais, au milieu de cette victoire même, le comte de Soissons reçut, on ne sait de quelle main, une blessure à la tête qui mit fin à ses jours (6 juillet 1661). Il n'était âgé que de trente-sept ans.
HENRI DE BOURBON