DU PALAIS DE VERSAILLES. 341 LA VALETTE (LOUIS DE NOGARET DE
CARDINAL
AlCHIVtQCI DB TOCLOUtB,
TROISIÈME FILS DE JEAN-LOUIS DE NOGARET DE LA VALETTE, DUC D'EPERNON, AMIRAL DE FRANCE, ET DE MARGUERITE DE FOIX, COMTESSE DE CANDALB ET D'ASTARAC.
(2366.) Ancicu [jortrait.
Né le 8 février i5o,3. — Mort à Rivoli, le a8 septembre 1639.
Le cardinal de la Valette en entrant dans l'Église ne renonça pas aux vices de sa famille : il fut dissolu dans ses mœurs, hautain jusqu'à l'insolence, et n'humilia son orgueil que devant la fortune et le génie de Richelieu , dont il se lit le serviteur. Abbé de Saint- Victor de Marseille dès sa première jeunesse, et bientôt après nommé archevêque de Toulouse, il assista le duc d'Epernon , son père, dans le coup de main par lequel Marie de Médicis, prisonnière à Blois, fut rendue à la liberté (1619). Le chapeau de cardinal lui fut donné en 1 61 1 , et quand Richelieu eut pris les rênes du gouvernement, il lui fut facile de se rendre agréable à ce ministre, qui aimait à confier à des gens d'église les plus grandes affaires et le commandement même des armées. Il se trouvait près de lui lors de la journée des Dupes et , au plus fort de la crise , le soutint par ses encouragements , et lui donna le conseil de se rendre auprès du Roi à Versailles
(10 novembre i63o). Le cardinal de la Valette, peutêtre pour mieux flatter son illustre patron, avait la prétention de savoir faire la guerre , et comme son dévouement au moins était assuré , Richelieu , qui n'avait pas à choisir entre beaucoup d'habiles capitaines, le mit en i 635 à la tête de l'armée qui devait combiner ses opérations avec celles de Bernard de Saxe-Weimar. Les débuts du prince de l'Église dans la carrière des armes furent assez heureux : il attaqua avec succès le camp de Galas, près de la ville de Deux-Ponts, et bloqua Mayence; mais cette pointe aventureuse éloignait trop les Français de leur frontière, et ce fut à grand'peine que la Valette ramena dans Metz les débris de son armée poursuivie j >;i r l'ennemi et épuisée par les fatigues d'une retraite périlleuse. Deux ans après, il fut opposé au cardinal-infant dans les Pays-Bas et enleva aux Espagnols les petites places de Landrecies, du Cateau et de la Capelle. Le pape Urbain VIII se plaignit en vain du scandale prolongé que donnait à la chrétienté ce général qui portait la cuirasse sur la pourpre romaine; Richelieu lui répondit par l'exemple du cardinal-infant, et n'en chargea pas moins la Valette de remplacer en Piémont le maréchal de Créquy ( 1 638). Le traité d'alliance renouvelé avec la régente de Savoie ne put empêcher les revers de cette campagne : Verceil fut pris par les Espagnols (5 juillet i 638) , et, l'année suivante, Turin, mal protégé par la petite armée de la Valette , finit par tomber aux mains du prince Thomas de Savoie (27 juillet 1639). Le cardinal ressentit vivement ces revers, qui venaient l'acca-
bler au temps même où il était contristé par les disgrâces de sa famille : il prit une de ces maladies épidémiques qui s'engendraient alors si aisément dans les armées, et mourut au château de Rivoli, le 28 septembre i63g, dans la quarante-septième année de son âge.
GUISE (CHARLES DE LORRAINE
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