‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 225 sur 299 · ÉPERNON (BERNARD DE NOGARET DE LA · texte numérisé non relu

ÉPERNON (BERNARD DE NOGARET DE LA

VALETTE

SECOND P1LS DE JEAN -LOUIS DE NOGARET DE LA VALETTE, DUC D'EPERNON , AMIRAL DE FRANCE , ET DE MARGUERITE DE POIX, COMTESSE DE CANDALE ET D'ASTARAC.

(W 2386.) Ancien tableau.

Né à Angoulême, en i5o2. — Marié : i° à Lyon, à Gabrieile-Angélique , fille légitimée de Henri IV, roi de France , et d'Henriette de Balzac d'Entraigues, marquise de Verneuil; 2° à Paris, le 28 novembre 1 63 A, à Marie du Cambout, fille aînée de Charles du Cambout, baron de Pontchâteau, et de Philippe de Beurges, dame de Seury. — Mort le 2 5 juillet 1661.

Ce second fils de l'orgueilleux duc d'Épernon vit sa terre de Villebon érigée en duché-pairie dans l'année 1 63 1 . La querelle de son père avec l'archevêque de Bordeaux, Sourdis ( 1 633), les propos mordants que chaque jour il laissait échapper lui-même contre le cardinal de Richelieu, enfin le projet d'enlèvement contre le Roi et son ministre qu'il forma avec Monsieur et le comte de Soissons lors du siège de Corbie ( 1 636), lui faisaient à la cour et dans sa province même de Guyenne une situation difficile et périlleuse. La Valette essaya de regagner les bonnes grâces du cardinal en épousant sa nièce ; il se fit en même temps honneur de son zèle à

repousser les Espagnols, qui avaient envahi la frontière, et à châtier en Guyenne la révolte des croquants. La conduite qu'il tint alors lui valut la charge de colonel général de l'infanterie et le commandement d'une partie de l'armée avec laquelle le prince de Condé passa la Bidassoa et alla mettre le siège devant Fontarabie (i 638). Condé était un général sans décision et sans vigueur, et la V alette un lieutenant insubordonné. L'ordre de livrer l'assaut à la place fut donné et ne fut pas exécuté. L'amiral de Castille profita de cette mésintelligence, força les lignes françaises et chassa l'ennemi au delà des Pyrénées. La Valette , averti par sa conscience du danger qu'il courait, se réfugia alors en Angleterre. 11 ne s'était point trompé sur le sort qui l'attendait : Richelieu, qui lur gardait rancune de l'affaire de Corbie, affecta de voir dans la désobéissance une trahison, et institua pour juger la Valette une commission présidée par le Roi lui-même (r()3g). L'arrêt était dicté d'avance à ce tribunal, dont tous les membres, et Louis XIII le premier, n'étaient que des instruments de la politique inexorable du cardinal. Le duc de la Valette fut condamné à mort, et exécuté en effigie sur la place de Grève (8 juin). Il avait trouvé en Angleterre Marie de Médicis et la duchesse de Chevreuse, et avait inutilement mêlé ses intrigues aux leurs pour rentrer en France. 11 n'y revint qu'aux premiers jours de la régence d'Anne d'Autriche, en 1 6^3 , et l'arrêt qui le condamnait fut alors cassé par le Parlement (16 juillet). Son père, en mourant l'année précédente, lui avait laissé le titre de duc d'Kpernon. Il obtint

en 1 655 le gouvernement de Bourgogne ôté au Grand Condé, qui portait les amies contre la France, et mourut six ans après, à Paris, aussi peu soucieux de sa bonne renommée dans les dernières années de sa vie qu'il lavait été dans sa jeunesse.

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