CINQ-MARS (HENRI RUZÉ COIFFIER
■*Rgvu M),
GRAND ÉCUYER DE FRANCE
SECOND PILS D'ANTOINE COIFFIER, DIT RDZE , MARQUIS HEFFIAT, MARÉCHAL DE FRANCE, ET DE MARIE DE FOURCY.
( N# 2394. ) De Lestarg , d'après on portrait de
1» galerie du Palais-Royal, peint par Lenain.
Né en 1620. — Mort le 12 septembre 16/12.
Henri d'Effiat était fils du maréchal de ce nom, en qui Richelieu avait trouvé un ami si fidèle et si utile. Le cardinal, voyant Louis XIII sans favori et livré à tous les ennuis de son existence morne et désœuvrée , introduisit auprès de lui Cinq-Mars , qui n'avait que dixhuit ans, et à qui son âge et la reconnaissance semblaient interdire toute rivalité avec l'auteur de sa fortune ( 1 638). En effet Cinq-Mars, beau, voluptueux, magnifique, sembla d'abord ne jouir de sa faveur qu'en l'étalant aux yeux de la cour et ne prendre sur le Roi qu'une influence sans but, qui s'exerçait par le caprice et l'enfantillage. Il fut créé grand écuyer en 1 63 9, et ce premier pas dans la route des honneurs éveilla son ambition : il prétendit au commandement des armées, et, rappelé au sentiment de sa présomptueuse incapacité par les refus de Richelieu, il ne songea plus qu'à le perdre (16/10). Tous les ennemis du cardinal trouvèrent* un allié dans l'ingrat favori ; il s'unit secrètement aux
projets criminels du comte de Soissons, qui trouvèrent leur terme à la bataille de la Marfée ( 1 6ti i ) , et peu après , furieux de s'être vu fermer l'entrée du conseil par la voix impérieuse du premier ministre, il alla jusqu'à méditer contre lui des pensées d'assassinat. Richelieu prévit une lutte domestique plus périlleuse pour lui qu'aucune de celles qu'il avait eues à soutenir, et, afin de la détourner, il fit offrir à Cinq-Mars le gouvernement de la Touraine. Cinq-Mars refusa : c'était le signal d'une guerre à mort entre M. le Grand et M. le Cardinal. La cour et l'armée, qui assiégeait Perpignan, se partagèrent entre les deux rivaux , et Louis XIII , complice des mauvais desseins de son favori , fut à la veille de lui donner la victoire. Mais le jeune insensé, non content d'aiguiser des poignards , avait mis sa haine en commun avec celle des ennemis de la France , et son agent Fontrailles avait signé un traité à Madrid avec le comte-duc d'Olivarez (i3 mars 16 As). Richelieu, qui avait déjà vu revenir à lui Louis XIII effrayé du poids des affaires, se fit de ce traité une arme meurtrière pour frapper ceux qui avaient voulu sa perte. Le frère du Roi , pour éviter lâ mort, souscrivit à son déshonneur; le duc de Bouillon racheta sa tête au prix de sa ville de Sedan , et l'échafaud fut dressé à Lyon pour Cinq-Mars et son imprudent ami, Augustin de Thou. Ces deux jeunes hommes reçurent la mort avec le calme que donne la foi aux âmes chrétiennes. En les voyant finir ainsi, les contemporains oublièrent la cause de leur supplice et ne surent que s'attendrir sur leur tragique destinée.
CHIVERNY (HENRI I1URAUT,
COMTE DE), LIECTENAMT GRJRRVI. AC GOCTRR«EHR«T Hïmmx>.
DEUXIÈME FILS DE PHILIPPE HURAUT, COMTE DE CHIVERNY ET DE LIMOURS, CHANCELIER DE FRANCE , ET D'ANNE DE THOC.
(N* '2305.) Tableau du leraps.
Né le 1 3 août î 5y5. — Marié, i° à Pagny, le if février î 588 , à Françoise de Chabot-Charny, dame de Neufchâtel, fille de Léonor de Chabot, comte deCharny, grand écuyer de France ; a0 à Marie Gaillard, fille de Galerand Gaillard , seigneur de la Morinière-en-Blaisois. — Mort ie Ier mars 1 668.
Il fut gouverneur des pays Chartrain et Blaisois , lieutenant général au gouvernement d'Orléans, et mourut en 1 6 k 8, dans la soixante et treizième année de son âge, après avoir rendu , dit le père Anselme , de grands services aux rois Henri IV et Louis XIII dans leurs guerres.