CAPITAINE GÉNÉRAL DES ARMÉES DU ROI D'ESPAGNE
(V 2471.) Tableau du temps, d'aprè» Rubciu.
Né à Gênes, en 1671. — Mort en i63o.
Spinola est un des hommes de guerre les plus éminents de la première moitié du xvn* siècle. Pendant le cours de sa glorieuse carrière , il eut presque toujours pour adversaires les deux stathouders Maurice et Frédéric-Henri de Nassau, et il les combattit avec des fortunes diverses. Si la lutte n'eût été qu'entre son génie et le leur, on peut croire que le succès eût été pour lui ; mais il avait à vaincre un peuple résolu à tout sacrifier pour être libre . et c'est la plus difficile de toutes les victoires. Il ne l'obtint pas plus que le duc d'Albe et Alexandre Farnèse ne l'avaient obtenue avant lui.
Spinola , né à Gênes, dune famille riche et illustre , ne connut d'autre soin, jusqu'à làge de trente ans, que celui d'accroître l'opulence que lui avaient laissée ses aïeux. Tout à coup les succès de son frère, qui servait avec honneur dans la marine espagnole, le piquèrent d'émulation. Il se mit à étudier l'art de la guerre dans les livres, s'éprit d'amour pour la vie des camps, et de cette union heureuse de la réflexion et de l'enthousiasme sortit un grand capitaine. Philippe NI l'eût dédaigné,
sans doute, si le noble Génois ne lui eut oflert que son épée ; du moins ne lui eût-il pas accordé les honneurs du commandement. Mais Spinola lui donna une armée. En effet, par un sacrifice généreux de sa fortune, il avait ramassé dans le Milanais les débris des vieilles bandes qui avaient fait les dernières guerres, et à la tête de ces neuf mille combattants, qu'il devait pendant trois ans solder de son or, il obtint daller servir aux Pays-Bas (i 602 ). Il débuta par un échec , en voulant secourir la ville de Gavre que Maurice assiégeait ; mais il ne tarda guère à se relever dans l'estime de son ennemi, [/habileté de ses manœuv res , la vigueur de son commande ment , qui , au milieu des continuelles révoltes des armées espagnoles, assujettissait- ses troupes à la plus exacte discipline , le firent craindre du stathouder hollandais , et lui attirèrent la confiance de Philippe 111. 11 fut nommé général de farinée des Pays-Bas, avec la mission spéciale d'achever le siège d'Ostende, qui durait depuis plus d'un an (1 6o3 ). L'orgueil castillan murmura de voir ce nou veau venu , cet étranger, monter du premier coup au faite des honneurs militaires ; mais Spinola fit taire les mécontentements par son attitude ferme et imposante , par le payement régulier de la solde et finllexibilité de la discipline , et surtout par ses exploits. Pendant qu'il élevait autour d'Ostende des batteries formidables qui devaient foudroyer cette ville et la réduire, Maiu*ice le fatiguait de ses continuelles attaques pour le forcer à lâcher une proie qui ne pouvait plus lui échapper. Quinze fois dit-on , il assaillit les lignes espagnoles . et quinze fois il
fut repoussé. Ce fut là le vrai triomphe de SpinoJa , et il le prisa bien plus que le triste honneur qu'il eut de livrer à l'archiduc Albert un monceau de cendres payé du sang de soixante mille Espagnols (160/1). Comblé d'honneurs par Philippe III, qu'il était allé visiter à Madrid, et investi d'un commandement plus absolu qu'il ne l'avait eu jusqu'alors, Spinola revint à Bruxelles en i6o5, et avec une armée de quarante mille hommes, aussi forte par l'organisation que par le nombre , il fit lever à Maurice le siège de Gand ; puis, le trompant par ses marches savantes, il passa le Rhin, et porta la guerre au cœur des Provinces-Unies. 11 s'y maintint pendant trois ans toujours victorieux, mais mai secondé par le gouvernement espagnol, qui ne lui permettait point d'achever ses victoires. La trêve de 1 609 fut un bienfait égal pour les deux puissances qui , après trente ans de combats, avaient besoin de respirer l'une et l'autre. Philippe III fit à Spinola le juste honneur de lui en confier la négociation , et les Hollandais virent leur redoutable adversaire entrer à la Haye , à côté de Maurice de Nassau, dans le fastueux appareil d'un plénipotentiaire castillan. Pendant les douze ans que dura cette trêve, l'illustre capitaine, acbniré de toute l'Europe, honoré par sa patrie dont il était l'orgueil , ne fut méconnu que par la cour qu'il avait servie , et qui , refusant de lui rendre plusieurs millions decus qu'il* avait dépensés pour elle, n'acquitta pas plus envers lui la dette de l'honneur que celle de la reconnaissance. Lorsqu'en iGj 1 les hostilités recommencèrent, l'infante Isabelle -Claire -Eugénie se
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ressouvint de Spinola , et le mit à la tète de ses armées. Il faut rendre cette justice à Olivarez qu'il sut l'y maintenir contre la jalousie des courtisans , qui lui faisaient un crime de n'avoir pu sauver Berg-op-Zoom (îfiaa). Quoique entravé dans ses opérations par les prétentions despotiques du ministre de Philippe IV, Spinola n'en continua pas moins la guerre avec gloire. Forcé d'assiéger Breda, il fit échouer tous les efforts de Maurice pour sauver cette place, déconcerta ses tentatives sur Anvers, et vit mourir son rival inconsolable de cette double humiliation (i6q5). Cependant les ennemis que Spinola avait à Madrid, plus à craindre pour lui que ceux qu'il trouvait sur les champs de bataille , finirent par l'arracher au théâtre de sa gloire. Il fut rappelé en 1 627 , et ce fut alors que, traversant la France pour se rendre en Espagne, il donna des conseils au cardinal de Richelieu sur les moyens de réduire la Rochelle assiégée. Philippe IV se délivra du guerrier dont la présence importune lui reprochait son ingratitude en l'envoyant soutenir les prétentions du duc de Savoie à l'héritage de Mantoue contre le duc de Nevers, allié de la France (1628). Avec quelques bataillons pour combattre une armée, Spinola n'hésita pas à prendre l'offensive, et il alla mettre le siège devant Casai. Contraint bientôt de se retirer devant Louis XIII , qui venait de franchir le pas de Suze et qui accourait avec des forces supérieures (1 G29), il opposa aux Français l'habile circonspection de ses manœuvres ; purs, profitant du départ du Roi, se jeta de nouveau sur Casai, rmporta la ville, mais se consuma
en vains eftbrts pour s'emparer de la citadelle. Tout son génie échoua devant l'indomptable résistance du maréchal de Toiras. Menacé du retour de Louis XIII , et incapable de tenir la campagne avec une poignée d'hommes, Spinola ne cessait de demander des secours à Madrid : mais, soit impuissance, soit mauvais vouloir, on ne l'écoutait pas. Il crut alors que les conseillers de Philippe IV l'abandonnaient pour le déshonorer, et le chagrin qu'il en conçut le fit tomber malade. «Ils m'ont ôté l'honneur, » répétait le grand capitaine à ses derniers moments, et ce fut au milieu de cette angoisse douloureuse qu'il expira, le a 5 septembre. i63o, âgé de cinquanteneut ans.
ABISOLAN1 (JEAN-LOUIS ,
COMTK D' ) ,
(1ÉNÉRAL DES CROATES.
(N* Iklî ) Anrion tablr.ni.
On ignore l'époque de sa naissance et celle de sa mort. On sait seulement que dans la longue guerre des Espagnols contre les Provinces-Unies, le comte Abisolani commandait les Croates au service de sa majesté catholique.
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