‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 32 sur 299 · ALBE (FERDINAND ALVAREZ DE TOLÈDE · texte numérisé non relu

ALBE (FERDINAND ALVAREZ DE TOLÈDE

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;N* 2001.) Cabutx, d'après Antonio Moro.

Le duc d'Albe, dans sa jeunesse, annonça plus d'aptitude aux affaires d'état qu'au métier des armes. Il ne

dut qu à sa haute naissance de monter rapidement aux premiers grades de l'armée espagnole, et, depuis la bataille de Pavie jusqu'au siège de Perpignan ( 1 5a5- ! 54a ) , rien ne le signala parmi les généraux de Charles- Quint. Ce fut, dit-on, l'orgueil blessé qui poussa vers la guerre les facultés puissantes de son esprit, et en fit un grand capitaine. Ce qu'il y a de certain , c'est que Charles-Quint lui dut son éclatante victoire de Mûhlberg sur les protestants d'Allemagne. Le duc d'Albe fut moins heureux au siège de Metz, où tous les efforts de son génie et la puissance militaire de l'Empire échouèrent contre l'intrépidité du duc de Guise et de la noblesse française. Philippe II lui accorda la même confiance que son père, et le chargea de combattre en Italie le pape Paul IV et les Français ( 1 55y). Deux ans après, lorsque le traité de Cateau-Cambrésis eut donné Elisabeth de France pour épouse au roi d'Espagne , le duc d'Albe représenta son maître à Paris avec tout le faste castillan (155g). Nul général, nul homme d'état ne convenait mieux que lui à la politique impitoyable de Philippe II, et quand ce monarque résolut de renoncer à tout ménagement envers les insurgés des Pays-Bas, ce fut lui qu'il choisit pour commander en son nom dans ces malheureuses contrées ( 1 567). Au lendemain même de son arrivée, le duc d'Albe institua le conseil des troubles, que les habitants ne tardèrent pas à appeler le conseil de sang , et il fit monter les comtes d'Egmont et de Horn sur l'échafaud (1 568). A ces rigueurs il ajouta des victoires. Mais ni \p sang des dix-huit millr victimes qu'il se van-

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tait d'avoir immolées, ni ses savantes campagnes, ni sa supériorité dans l'art des sièges, ni tout l'appareil de sa fastueuse et terrible domination, n'abattirent le courage des Hollandais, et il fut fatigué de sa tâche de bourreau avant qu'ils le fussent de leur patriotique résistance. Il demanda lui-même son rappel (iS^S), et, peu après, une désobéissance audacieuse aux volontés du roi le jeta dans la disgrâce et l'exil. Le jour vint, cependant, où Philippe II eut encore besoin de lui : sans lui rendre sa faveur, sans le rappeler même en sa présence, il l'envoya conquérir pour lui la couronne de Portugal ( 1 5 80). Le duc d'Albe obéit en sujet fidèle et en grand capitaine : trois semaines lui suffirent pour donner ce royaume à son maître, et, après avoir soutenu fièrement les droits de son armée victorieuse, il rentra dans son exil pour y mourir (i58î). On raconte que Philippe II, reconnaissant ses torts envers le duc d'Albe, le visita dans sa dernière maladie, et que celui-ci, dès qu'il l'aperçut, se retourna vers la muraille en disant : «Il est trop tard. »

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