‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 81 sur 299 · AMYOT (JACQUES · texte numérisé non relu

AMYOT (JACQUES

éTÉQCI D'ACXSUI.

GRAND AUMÔNIER DE FRANCE

FILS DE NICOLAS AMYOT, BOURGEOIS DE MELUN , ET DE MARGUERITE DES AMOURS.

(fi* 9141.)

Né à Melun, le 3o octobre 1 5 1 3. — Mort le 6 février 1593.

Jacques Amyot, pauvre écolier de Paris, y prit les ordres et s'y fit recevoir maître ès arts. Etant ensuite allé à Bourges pour y étudier le droit, il ne tarda pas à y être pourvu d'une chaire de grec et de latin qu'il garda pendant six ans. La traduction du roman grec des Amours de Théagène et de Chariclée commença sa réputation , et François I", a qui fut dédié cet ouvrage, en récompensa l'auteur par le don de l'abbaye de Bellozane. Ce fut plus tard, sous le règne de Charles IX, qu'Amyot traduisit un autre livre du même genre, Daphnis et Chloé, avec un charme de langage dont rien n'approchait à cette époque et que rien peut-être n'a depuis surpassé. L'Italie appelait alors tout ce qu'il y avait de savants en Europe, et Amyot, qui avait commencé sa grande version de Plutarque, s'y rendit pour consulter les manuscrits de cet écrivain qu'il pourrait rencontrer. Il vit à Rome le cardinal de Tournon, qui goûta son esprit et son

savoir, et le chargea de porter une lettre du roi Henri 11 aux pères du concile de Trente. Le cardinal fit plus : voyant le Roi occupé de chercher un précepteur pour ses fils, il lui désigna Amyot, qui fut agréé. Charles IX, qui avait pour les lettres un goût très-vif, fit, dès le lendemain de son avènement au trône , un acte de volonté souveraine en donnant à celui qu'il appelait son maître la dignité de grand aumônier de France (6 décembre i56o). Il le fit ensuite conseiller d'état, le pourvut de riches bénéfices, et finit par le créer évèque d'Auxerre (i^'jo). Henri III ne traita pas Amyot avec moins de faveur : il le nomma commandeur de sou ordre du Saint-Esprit, faisant de cette distinction un droit désormais attaché au siège d'Auxerre. Survinrent les troubles de la Ligue, et l'ancien précepteur des fils de Henri II, à son retour des états de Blois ( 1 588), eut à essuyer de dures avanies de la part des fauteurs de la sainte Union. L'absolution qu'il demanda et obtint du légat du pape lui fit encourir le reproche d'ingratitude envers les princes ses bienfaiteurs, mais lui assura le repos jusqu'à la fin de ses jours dans sa ville épiscopale. Il y mourut à l'âge de quatre-vingts ans. La traduction des œuvres de Plutarque est le plus important de ses ouvrages, et c'est avec les Essais de Montaigne le monument le plus remarquable de la langue française au xvi* siècle. Cette langue acquiert, sous la main de l'habile interprète, une souplesse et une variété de tours, une heureuse abondance d'expressions et tout un trésor d'harmonie et de grare, dont il n'y avait point d'exemple

avant lui et que l'on ne retrouve pas toujours dans les meilleurs écrivains du siècle suivant.

CHIVERNY (PHILIPPE HURAUT,

COUTB Dl),

CHANCELIER DE FRANCE

CINQUIEME FILS DE IUOUI. HURAUT. DEUXIÈME DU NOM , SEIGNEUR DE CH1VERNY, GENERAI. DES FINANCES, ET DE MARIE DE REAUNE, FILI.E DE JACQUES DE REAUNE, SEIGNEUR DE SAMRI.ANÇAY.

(N* 2142.) M"' Briîsso*, d'après un portrait de la

collection du château de Beaurefjard.

Né le 2Ô mars i5s8. — Marié, le j i mai i56ri, à Anne de Thou, troisième fille de Christophe deïhou, premier président au parlement de Paris, chancelier des ducs d'Anjou et d'Alençon, et de Jacqueline deTulleu. — Mort le 3o juillet i ^99.

Philippe Huraut de Chivemy succéda à l'Hôpital dans la charge de conseillerai! parlement de Paris. Charles IX, en 1062, le nomma maître des requêtes, et le duc d'Anjou, frère du Roi, le fit peu après son chancelier. Ce prince le conduisit, quoique étranger aux armes, à la bataille de Jamac et à celle de Moncontour, en 1 56g, et le laissa à la cour afin d'y veiller à ses intérêts, lorsqu'il partit pour aller prendre possession du trône de Pologne. Devenu roi de France, Henri III ne tarda pas à donner aux services de Chiverny une récompense éclatante. H lui confia les sceaux, en 1 .r>y8 , le lit , l'année

suivante , commandeur de son nouvel ordre du Saint- Esprit, et, à la mort de Birague, en i583, l'investit des fonctions de chancelier. Chiverny, cependant, après la journée des Barricades, reçut l'ordre inopiné de rendre les sceaux. Henri III , méditant déjà le coup qu'il devait frapper à Blois , ne voulut point avoir autour de lui des conseillers trop accoutumés à lire dans le secret de sa pensée ; et le chancelier disgracié alla attendre dans ses terres que la querelle fût vidée entre la Ligue et la royauté. Henri IV le tira de sa retraite, et lui demanda de le servir comme il avait servi son prédécesseur. Ce fut le chancelier de Chiverny qui fit tous les préparatifs du sacre et du couronnement de ce prince , à Chartres, en 1594. Il mourut cinq ans après, laissant le renom d'un magistrat dont la prohité et les mœurs étaient loin d'être irréprochables.

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