‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 92 sur 299 · LA NOUE (FRANÇOIS DE · texte numérisé non relu

LA NOUE (FRANÇOIS DE

moulins ou non, dit mai m m,

FILS DR FRANÇOIS DE LA NOUE, DEUXlÈMB DU NOM, SEIGNEUR DB LA NOUE, DE CIIAVANNES, LA ROCHE-BERNARD, LE LOROUX ET BOTTEREAUX, ET DE BONAVENTURE L'ESPERVIER, DAME DE BRIOR.

(N* 2157. ) Etienne Gotet, d'après an portrait de la

collection du château de Beauregard.

Né en 1 53 1 . — Marié à Marguerite de Téligny , fille de Louis de Téligny et de Louise de Coligny. — Mort en 1591.

François de la Noue, capitaine huguenot, honora la cause qu'il servait par ses rares talents, et plus encore par l'irréprochable pureté de son caractère. Il fit dès sa

première jeunesse la guerre en Italie , combattit sous Henri II contre les armées impériales, et fut un des prisonniers de la bataille de Saint-Quentin (1 55y). Le malheur qu'il eut dans cette journée devait se renouveler plus d'une fois pour lui dans sa longue carrière de combats. Dès que commencèrent les guerres de religion, il se rangea sous la bannière du prince de Condé , et ce fut lui qui, en 1 56 y, donna aux huguenots 1 importante place d'Orléans. Il commandait une petite armée en Poitou, lorsquen 1 570 il reçut, au siège de Fontenayle-Comte, une blessure qui le força de remplacer son bras coupé par un bras de fer, d'où lui vint le surnom qu'il a gardé dans l'histoire. Revenu des Pajs-Bas, où il était allé servir contre les Espagnols, il s'enferma dans la Rochelle, en i5y3, et, ne pouvant y faire prévaloir les conseils de son expérience contre l'exaltation furieuse de quelques ministres, il fut réduit à chercher un refuge dans l'armée du duc d'Anjou. Mais l'année suivante, n'attendant plus rien de la modération avec une cour haineuse et perfide, il revint à la Rochelle pour la fortifier, et lui donner une marine qui devînt son principal boulevard (1 57^). A la paix, il retourna aux Pays-Bas pour y combattre les ennemis de la France, et, tombé aux mains des Espagnols, resta leur prisonnier pendant cinq ans. Ce fut le roi de Navarre qui paya sa rançon , et rendit aux huguenots cet habile capitaine au moment où , devenus alliés de la cause royale , ils avaient engagé contre la Ligue une guerre à outrance. La victoire gagnée devant Senlis sur le duc d'Aumalc fut due à l'ex-

périence militaire de la Noue et à la noble modestie du jeune duc de Longue ville , qui lui abandonna le commandement (17 mai 1589). Henri IV, monté sur le trône , donna à la Noue le titre de son lieutenant général en Bretagne, avec la mission d'arrêter dans cette province les progrès du duc de Mercœur. La Noue assiégeait contre son gré le château de Lamballe lorsqu'il y reçut un coup de feu, dont les suites le mirent au tombeau dans la soixantième année de son âge. Il a laissé, sous le nom de Discours politiques et militaires, des mémoires pleins d'intérêt, où respirent les plus nobles sentiments, exprimés dans un langage toujours vif et animé, et s élevant quelquefois jusqu'à l'éloquence.

Page 1